Résolution sur les obstacles qui entravent les libertés de circuler et de travailler des citoyens de l’Union européenne au sein du marché intérieur
Le Parlement européen a adopté une résolution déposée par la commission des pétitions sur les obstacles qui entravent les libertés de circuler et de travailler des citoyens de lUnion européenne au sein du marché intérieur.
Plusieurs pétitions ont été adressées à la commission des pétitions pour signaler que le droit à la liberté de circulation des travailleurs avait été violé par plusieurs États membres.
Les députés ont exprimé leur inquiétude face à la pratique consistant à expulser des citoyens européens ayant exercé une activité salariée sur le territoire de certains États membres peu de temps après lexpiration de leur contrat de travail. Certains États membres ont également refusé daccorder une protection sociale aux travailleurs étrangers.
Rappelant que la liberté de circulation constitue un droit fondamental des citoyens de lUnion, le Parlement a demandé aux États membres de supprimer de leurs réglementations toutes les pratiques discriminatoires et tous les obstacles inutiles afin de permettre aux citoyens de lUnion et aux membres de leur famille, y compris ceux qui sont ressortissants dun pays tiers, de jouir du droit de circuler et de travailler au sein du marché intérieur.
Les États membres ont été invités à :
- respecter la législation en vigueur de lUnion et les principes fondamentaux du droit du travail afin de protéger tous les travailleurs de lUnion. Les conditions pour permettre aux citoyens de lUnion et aux membres de leur famille qui sont des ressortissants de pays tiers de jouir de leurs droits sociaux devraient être mieux définies ;
- mettre en place un site internet national officiel unique afin daméliorer lorientation et le conseil et de renforcer droit des citoyens de circuler, de travailler et détudier librement dans dautres États membres;
- fournir des orientations claires aux fonctionnaires et aux employés administratifs impliqués dans la mise en uvre des droits sociaux des travailleurs ;
- réduire les obstacles au cumul des droits aux prestations de sécurité sociale grâce à la création dun système coordonné au niveau de lUnion tel quune carte de sécurité sociale visant à faciliter la traçabilité des cotisations et des droits ;
- mettre en uvre durgence la carte européenne dinvalidité ;
- renforcer leur coopération consulaire et judiciaire dans le cadre des dossiers ayant trait au droit de garde ;
- procéder à une normalisation plus poussée des titres universitaires et des diplômes de formation continue, et mettre en place des procédures plus simples et plus rapides de reconnaissance des qualifications professionnelles ;
- adopter une législation interdisant lutilisation de billets à ordre en blanc dans les relations de travail dans lensemble de lUnion ;
- garantir le remboursement efficace et dans des délais acceptables des soins de santé transfrontaliers, y compris le remboursement des médicaments.
La Commission devrait pour sa part :
- clarifier ses lignes directrices destinées à améliorer la transposition et lapplication de la directive 2004/38/CE de manière à inclure notamment les récents arrêts de la Cour de justice de lUnion européenne (CJUE) ;
- améliorer lefficacité des outils mis en place pour fournir des informations sur les possibilités demploi et de formation au sein de lUnion, tels quEURES et PLOTEUS, et les promouvoir davantage auprès du public ;
- développer le service SOLVIT, notamment avec la création dun service dassistance téléphonique auquel les citoyens de lUnion pourraient adresser des questions concrètes concernant le marché intérieur.
Le Parlement a également demandé i) de mieux coordonner le cadre de lUnion afin de supprimer les cas de double imposition ; ii) dharmoniser davantage linterprétation de la notion de «résidence habituelle» et iii) de remédier à labsence de connectivité à haut débit, en particulier dans les régions reculées, rurales ou montagneuses.