Initiative phare de l'Union pour le secteur de la confection
La commission du développement a adopté un rapport dinitiative de Lola SÁNCHEZ CALDENTEY (GUE/NGL, ES) sur linitiative phare de lUnion pour le secteur de la confection.
Les députés ont rappelé que 60 millions de personnes dans le monde travaillaient dans le secteur du textile et de lhabillement. Ce secteur crée de nombreux emplois, notamment dans les pays en développement. Toutefois, les fabricants de textiles dans les pays en développement sont toujours exposés aux pratiques dachat agressives des grossistes et des distributeurs internationaux, notamment en raison de la concurrence mondiale féroce. Cette situation a entraîné des violations généralisées des droits du travail et des droits de lhomme: salaires de misère, travail forcé et travail des enfants, licenciements arbitraires, conditions de travail dangereuses ou insalubres, violence à légard des femmes etc..
La plupart des violations des droits de lhomme commises dans le secteur de la confection portent sur divers aspects des droits des travailleurs, comme le déni des droits fondamentaux des travailleurs de fonder des syndicats, de saffilier au syndicat de leur choix et de mener des négociations collectives sans crainte.
Les députés notent que les mesures prises volontairement par le secteur privé au cours des vingt dernières années, nont pas vraiment permis daméliorer concrètement les droits des travailleurs. De même, les initiatives plurilatérales comme le partenariat allemand pour des textiles durables ou la convention néerlandaise pour une confection et des textiles durables nont pas encore produit deffets concrets. Enfin, les efforts consentis par les entreprises pour favoriser la mise en conformité des lieux de travail peuvent appuyer lefficacité des systèmes de gouvernance publique mais pas la remplacer.
Le rapport se félicite de lattention accrue accordée à linstauration de conditions de travail décentes le long des chaînes dapprovisionnement mondiales depuis leffondrement de lusine Rana Plaza, et salue lengagement de la Commission envers une gestion responsable des chaînes dapprovisionnement, y compris dans le secteur de la confection, exprimé dans la communication intitulée «Le commerce pour tous».
Les députés constatent toutefois que les initiatives volontaires tendent à se chevaucher et peinent à combler toutes les failles de la chaîne dapprovisionnement. Par conséquent, un cadre institutionnel juridiquement contraignant simpose de toute urgence à léchelon européen.
La Commission européenne devrait donc, en accord avec le principe de cohérence des politiques au service du développement énoncé à larticle 208 du traité FUE, élaborer une proposition législative fixant des obligations de diligence relatives aux chaînes dapprovisionnement dans le secteur de la confection, conforme aux principes directeurs de lOCDE et aux normes internationalement reconnues en matière de droits de lhomme, de droit social et denvironnement.
Cette proposition devrait se concentrer sur les droits de lhomme et mettre laccent sur les principaux problèmes auxquels sont confrontés les travailleurs dans le secteur de la confection (santé et sécurité au travail, salaire décent, liberté dassociation, harcèlement et violence sexuels, travail forcé des enfants).
Elle devrait entre autres porter sur les aspects suivants: i) les principaux critères applicables à la production durable, ii) la transparence, iii) la traçabilité et les mécanismes visant à garantir un contrôle à la fois public et indépendant des pratiques de lindustrie, notamment la collecte de données et les outils dinformation des consommateurs, iv) la vérification et le contrôle de la diligence, v) laccès aux voies de recours, vi) légalité entre les hommes et les femmes, vii) la déclaration de diligence pour la chaîne dapprovisionnement et viii) la sensibilisation et la responsabilité des entreprises en cas de catastrophe dorigine humaine.
Les députés demandent également que les consommateurs disposent dinformations claires et fiables sur la durabilité dans le secteur de la confection, lorigine des produits et le niveau de respect des droits des travailleurs. Ils proposent, à cette fin, la création dun label de lUnion pour les «vêtements équitables», accessible tant aux multinationales quaux PME pour permettre aux clients dêtre mieux informés dans leurs achats.
Le rapport plaide pour linstauration dun système efficace et contraignant de notification et dun devoir de diligence pour les produits textiles qui entrent sur le marché de lUnion en vue de garantir un accès accru aux informations sur la conduite des entreprises. Il invite lUnion à collaborer avec lensemble des parties prenantes pour soutenir les acteurs dans le développement et la mise en uvre de mécanismes de fixation des salaires conformément aux conventions pertinentes de lOrganisation internationale du travail (OIT), en particulier dans les pays où la législation adéquate fait défaut.
Les députés recommandent dentreprendre de nouvelles actions pour améliorer les inspections et les audits sociaux dans la chaîne dapprovisionnement du secteur de la confection et de la chaussure. Ils insistent à cet égard sur limportance dinspections du travail indépendantes pour lalerte précoce et la prévention ainsi que pour lapplication des règles et réglementations nationales relatives à la sécurité et à la santé sur le lieu de travail.
La Commission est invitée à i) intégrer la ratification des normes fondamentales de lOIT, les inspections de santé et de sécurité, et la liberté dassociation dans les discussions sur la poursuite des échanges préférentiels avec les pays liés à la chaîne dapprovisionnement mondiale du secteur de la confection, et ii) renforcer les droits de lhomme et les conventions relatives au travail et à lenvironnement au titre du système de préférences généralisées.