Perspectives d’avenir pour l’assistance technique dans le cadre de la politique de cohésion
La commission du développement régional a adopté un rapport dinitiative de Rua TOMAIĆ (ECR, HR) sur les perspectives davenir de lassistance technique dans le cadre de la politique de cohésion.
Assistance technique à linitiative de la Commission: les députés se sont félicités des activités de la Commission financées par l'assistance technique, en particulier de son action menée autour de linstrument «Taiex Regio Peer 2 Peer», du référentiel de compétences, de loutil dautoévaluation et des pactes dintégrité et du «Guide dorientation à destination des praticiens sur la manière déviter les erreurs les plus fréquentes commises dans le cadre des marchés publics de projets financés par les Fonds structurels et dinvestissement européens (Fonds ESI)».
Ils ont souligné que de tels dispositifs devraient occuper une place plus importante dans la politique de cohésion après 2020 et invité la Commission à sensibiliser les acteurs locaux à leur utilisation.
Le rapport a recommandé détendre la portée des instruments «Taiex Regio Peer 2 Peer» à tous les partenaires afin de permettre un vaste échange dexpérience et de bonnes pratiques et de poursuivre laction du groupe de travail sur lamélioration de la mise en uvre des Fonds ESI en vue de soutenir les autres États membres qui rencontrent des difficultés dans la mise en uvre de la politique de cohésion.
De plus, l'extension du programme dappui à la réforme structurelle (PARS) ne devrait pas déroger aux objectifs thématiques de la politique de cohésion et les moyens nécessaires à sa prolongation ne devraient pas être retranchés à lassistance technique au titre des Fonds ESI.
Les députés ont préconisé lélaboration dune stratégie plus large en matière dassistance technique qui engloberait toutes les directions générales intervenant dans les Fonds ESI ainsi que les activités du service dappui à la réforme structurelle relatives à la politique de cohésion, afin de rationaliser lassistance fournie, déviter tout double emploi et dexploiter au maximum les synergies et les complémentarités. Ils ont également insisté sur la nécessité d'une complémentarité avec les actions d'assistance technique menées en aval au niveau national et régional.
Les députés ont préconisé danalyser dans quelle mesure le dispositif JASPERS a permis, grâce à un mécanisme indépendant dexamen de la qualité au cours de la période 2007-2014, daméliorer la qualité des projets et de réduire les délais dapprobation des grands projets par la Commission.
Constatant que, depuis que lassistance technique est utilisée dans le cadre de la politique de cohésion, aucune analyse globale de sa contribution effective na jamais été réalisée, les députés ont jugé difficile dévaluer précisément son importance et sa contribution au renforcement des capacités administratives et institutionnelles en vue dune gestion efficace des Fonds ESI.
La Commission été invitée à:
· investir dans lamélioration du système dinformation et dévaluation en développant des indicateurs prêts à lemploi dès la prochaine période de programmation;
· préparer des mesures visant à instaurer lassistance technique pour lexécution des stratégies macrorégionales de lUnion en tenant compte des différentes expériences et bonnes pratiques dans les domaines de la mise en uvre de ces stratégies et de la participation de pays tiers ou dÉtats qui disposent de moyens ou deffectifs limités.
Par ailleurs, le rapport a souligné l'importance de mettre en uvre des mesures spécifiques d'assistance technique pour promouvoir la réindustrialisation dans les zones déprimées afin d'attirer des investissements dans des secteurs de haute technologie et innovants à faible impact environnemental.
Assistance technique à l'initiative des États membres: les députés ont rappelé que lassistance technique était différente des autres activités financées par les Fonds ESI et quil était particulièrement difficile den mesurer les résultats. Ils ont suggéré dadopter une démarche coordonnée, stratégique et transparente aux différents niveaux de gouvernance, et de prévoir une certaine marge de manuvre afin de pouvoir répondre aux besoins recensés par les autorités de gestion des programmes dinvestissement dans les États membres.
Les députés ont fait part des inquiétudes suivantes:
· dans certains États membres, l'assistance technique ne parvient pas de manière suffisante et efficace aux autorités locales et régionales, qui ont généralement la plus faible capacité administrative. De bons circuits de communication transparents entre les différents niveaux de gouvernance sont nécessaires afin de réussir la mise en uvre des Fonds ESI;
· lors de lexécution des actions intégrées en faveur du développement urbain durable, bien que des tâches soient déléguées aux autorités urbaines jouant le rôle dorganismes intermédiaires, il arrive souvent que celles-ci ne reçoivent pas lassistance technique nécessaire pour renforcer leurs capacités;
· de nombreux États membres n'appliquent pas le code de conduite européen sur le partenariat, qui affirme la nécessité daider les partenaires concernés à renforcer leurs capacités institutionnelles pour la préparation et lexécution des programmes.
Le rapport a souligné quune communication et une visibilité accrues des résultats et des succès obtenus avec laide des fonds ESI pouvaient contribuer à redonner confiance aux citoyens dans le projet européen. Il a proposé la création dune enveloppe séparée pour la communication au titre de lassistance technique, à linitiative des États membres.
Pour réduire les complications de procédure excessives, les députés ont suggéré que l'assistance technique soit de plus en plus axée sur léchelon bénéficiaire/projet. Cela garantirait la soumission de projets innovants et bien conçus compatibles avec les stratégies existantes tout en évitant une approche reposant sur un modèle unique. L'assistance technique devrait être considérée comme un instrument simple et flexible en mesure de sadapter aux évolutions.
Les députés ont demandé:
· une meilleure remontée dinformations de la part des États membres au cours de la période de programmation au-delà de 2020 concernant le type dactivités financées par lassistance technique, ainsi que sur les résultats obtenus;
· une utilisation renforcée de lassistance technique dans les programmes de coopération territoriale européenne (CTE) et le domaine de la coopération transfrontalière, car ces domaines ont leurs propres spécificités et nécessitent un soutien à toutes les phases de la mise en uvre;
· la mise en place par la Commission dune évaluation ex post sur la gestion centralisée de lassistance technique ainsi que dans le cadre de la gestion partagée.