Plan d'action sur les services financiers au détail
OBJECTIF: présenter un plan d'action relatif aux services financiers pour les consommateurs en vue doffrir aux Européens de meilleurs produits et un plus grand choix.
CONTEXTE: les services financiers de détail - comptes bancaires, cartes de paiement, crédits à la consommation, crédits immobiliers, assurances et produits dépargne à long terme - font partie de la vie quotidienne des ménages.
L'Union a déjà pris un certain nombre de mesures pour réaliser un marché unique des services financiers aux consommateurs. Celles-ci ont notamment consisté à garantir un droit d'accès à un compte bancaire de base dans toute lUE, à faciliter la distribution transfrontière des produits dassurance et des crédits hypothécaires, à protéger les droits des consommateurs dans le cadre des contrats de crédit à la consommation.
Or, malgré le degré élevé dharmonisation atteint ces dernières années, les marchés pour ces services restent fragmentés. Seuls 7% des consommateurs ont déjà acheté un service financier dans un autre État membre de lUE.
Les services en ligne innovants transforment la manière dont les services financiers sont utilisés. Toutefois, pour que le potentiel des technologies financières soit véritablement mis à profit, il faut un cadre et des méthodes de travail adaptés à lévolution rapide du secteur des services financiers.
Le présent plan daction sappuie sur les conclusions que la Commission a tirées de la consultation lancée en décembre 2015 avec son livre vert sur les services financiers de détail. Il correspond à lun des engagements pris dans le cadre du plan daction pour la mise en place dune union des marchés des capitaux et il traite un grand nombre des problèmes soulevés par le Parlement européen.
CONTENU: le plan daction proposé définit les prochaines étapes de la création dun véritable marché unique des services financiers de détail axé sur les technologies, dans lequel les consommateurs pourront obtenir le meilleur rapport qualité-prix tout en étant efficacement protégés.
La Commission a défini trois principaux axes pour se rapprocher d'un véritable marché unique des services financiers:
1) Renforcer la confiance des consommateurs et leur permettre de faire valoir leurs droits lorsquils achètent des services chez eux ou dans dautres États membres.
Plusieurs raisons expliquent le faible niveau des achats transfrontières de services financiers: i) la possibilité de frais excessifs; ii) la nature des produits disponibles dans les autres pays; ii) les procédures de recours à létranger; iii) lopacité des conditions (notamment lorsquelles sont rédigées dans une langue étrangère); iv) limpossibilité dacheter des services financiers à létranger en raison de restrictions territoriales (géoblocage, exigences de résidence).
La Commission entend:
- modifier le règlement concernant les paiements transfrontières afin de réduire les frais facturés sur les transactions transfrontières dans tous les États membres;
- réduire les frais des transactions transfrontières impliquant d'autres devises que l'euro pour permettre aux consommateurs de choisir le meilleur tarif;
- examiner les nouvelles mesures à prendre afin que les consommateurs puissent plus facilement changer de services financiers de détail pour en choisir de plus avantageux en sappuyant sur ce que la directive sur les comptes de paiement a déjà permis de réaliser;
- renforcer la protection des victimes daccidents de la circulation et améliorer la reconnaissance transfrontière des relevés de sinistres (utilisés pour calculer les bonus) en modifiant éventuellement la directive sur lassurance automobile;
- examiner si de nouvelles mesures législatives et non législatives sont nécessaires pour introduire plus de transparence dans la tarification des assurances des locations de voitures;
- examiner les moyens de faciliter laccès au crédit sur une base transfrontière et étudier comment sattaquer de manière plus efficace au problème du surendettement des consommateurs lié à des opérations de crédit.
2) Réduire les obstacles légaux et réglementaires auxquels se heurtent les entreprises lorsquelles fournissent des services financiers à létranger.
Les entreprises ont souligné leur difficulté à justifier commercialement la fourniture de services à létranger en raison de lincertitude réglementaire liée au risque de devoir se conformer à la législation nationale dun autre État membre allant au-delà des exigences du droit de lUE. Les différences entre les systèmes juridiques nationaux peuvent fausser la concurrence au détriment des nouveaux arrivants, qui doivent supporter des coûts élevés de mise en conformité.
Il est également nécessaire de faciliter le crédit transfrontière. Or, les prestataires de crédit ont des difficultés à évaluer la solvabilité des emprunteurs dautres États membres, en raison du manque de données pertinentes et comparables dans dautres pays.
La Commission entend:
- examiner les règles nationales de conduite et de protection des consommateurs pour déterminer si elles opposent des obstacles injustifiés aux activités transfrontières;
- travailler à définir des critères communs pour l'évaluation de la solvabilité et faciliter l'échange de données entre les registres de crédit.
3) Soutenir lessor dun monde numérique innovant capable de surmonter certains des obstacles actuels au marché unique.
Les entreprises innovantes déplorent souvent que les législations et les pratiques de surveillance de lUE et des États membres limitent leur capacité à innover et à proposer des services transfrontières. Par ailleurs, les citoyens sont nombreux à sinquiéter pour la sécurité des paiements et à craindre les fraudes en ligne.
Le rôle de la Commission est de créer à l'échelle de toute lUE un environnement réglementaire et de surveillance qui favorise linnovation numérique. Une étape importante a été l'adoption récente du règlement sur lidentification électronique (eIDAS), qui permet la reconnaissance transfrontière des systèmes didentification électronique pour les services publics et les services de confiance dans le marché unique de lUE.
La Commission entend notamment:
- définir, sur la base des travaux de la task-force interne FinTech, les actions nécessaires pour soutenir le développement des technologies financières;
- promouvoir lutilisation transfrontière de lidentification électronique et la portabilité des informations relatives à la connaissance du client, afin de permettre aux banques didentifier leurs clients par des moyens numériques;
- suivre les pratiques des prestataires de services numériques pour déterminer s'il convient de revoir les règles de vente à distance de services financiers, comme la vente en ligne ou par téléphone.
De nombreuses actions annoncées dans le plan daction nécessiteront la participation des parties prenantes telles que les autorités de surveillance nationales, les prestataires de services et les organisations de consommateurs.