Mise en application de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et la République de Corée
Le Parlement a adopté par 468 voix pour, 118 contre et 39 abstentions, une résolution sur la mise en application de laccord de libre-échange entre lUnion européenne et la République de Corée.
Bénéfices de laccord: les députés se sont félicités que laccord ait contribué à laugmentation considérable des échanges commerciaux entre lUnion et la Corée.
Laccord de libre-échange UE-Corée est entré en vigueur le 13 décembre 2015. Le déficit commercial de lUnion avec la Corée sest transformé, durant la cinquième année dapplication de laccord, en un excédent commercial de 2,5 milliards EUR alors quil sélevait à 7,6 milliards EUR au cours des douze mois précédant lentrée en vigueur de laccord.
Par ailleurs, au cours de la période couverte par laccord:
- les exportations de lUnion vers la Corée ont augmenté de 47% tandis que les importations de lUnion en provenance de la Corée durant la cinquième année dapplication de laccord ont augmenté de 11% par rapport aux douze mois précédant lentrée en vigueur;
- la part de lUnion dans les importations coréennes est passée globalement de 9% avant lentrée en vigueur de laccord à 13% durant la quatrième année dapplication;
- les exportations de lUnion vers la Corée de voitures particulières ont augmenté de 246%, tandis que les importations de lUnion en provenance de la Corée ont augmenté de 71%;
- les exportations de lUnion de services ont augmenté de 11% par rapport à lannée précédente;
- les investissements directs étrangers de lUnion en Corée en 2014 ont atteint 43,7 milliards EUR, faisant de lUnion le plus grand investisseur en Corée.
Progrès à accomplir: le Parlement a estimé que les progrès accomplis par la Corée en ce qui concerne les objectifs inscrits dans le chapitre relatif au commerce et au développement durable nétaient pas satisfaisants et quil subsistait des cas de violation de la liberté dassociation, notamment des emprisonnements de dirigeants syndicaux, et dingérence dans les négociations avec les partenaires sociaux.
La Commission a été invitée à poursuivre le dialogue avec le gouvernement coréen dans lobjectif final dassurer la ratification par la Corée des conventions fondamentales de lOrganisation internationale du travail (OIT) que ce pays na pas encore ratifié.
Questions en suspens: si laccord répond aux attentes des parties pour ce qui est du renforcement des échanges bilatéraux et de lapprofondissement du partenariat commercial, les questions suivantes devraient être analysées afin de remédier aux problèmes existants, à savoir:
- les obstacles techniques au commerce, notamment: la clause relative au transport direct, la clause concernant les marchandises réparées, linclusion des tracteurs pour semi-remorques dans le champ dapplication de laccord et la question des normes et des procédures concernant les certificats des machines exportées vers la Corée;
- les obstacles au niveau des mesures sanitaires et phytosanitaires limitant les exportations de viande bovine et porcine et de produits laitiers de lUnion;
- le droit de propriété intellectuelle, notamment: la reconnaissance et la protection des indications géographiques et des droits commerciaux en matière dexécution en public duvres musicales et exécutions protégés par un droit dauteur;
- le chapitre portant sur le commerce et le développement durable;
- lélaboration des règles dorigine et leur incidence sur le taux dutilisation des préférences tarifaires;
- les questions liées aux douanes, notamment les procédures de vérification de la provenance.
En outre, de nouveaux obstacles non tarifaires, tels que des normes techniques précédemment inexistantes pour des machines, équipements ou véhicules, ont été créés.
Approfondir les relations: les députés ont soutenu lapprofondissement des relations de commerce et dinvestissement entre lUnion et la Corée, notamment du chapitre de laccord relatif à linvestissement et ont invité les parties à sappuyer sur un nouveau système juridictionnel des investissements proposé par la Commission. Cette dernière a été invitée à mettre en place à long terme un système juridictionnel multilatéral des investissements qui pourrait remplacer tous les mécanismes de règlement des différends en matière dinvestissements dans les accords de libre-échange actuels et à venir.
Le Parlement a souligné que les activités menées dans le cadre de laccord devaient continuer à faire lobjet danalyses et dévaluations régulières en ce qui concerne les répercussions commerciales sur certains secteurs économiques de lUnion et de chacun des États membres de lUnion.