Demande de levée de l'immunité de Mylène Troszczynski
La commission des affaires juridiques a adopté le rapport de Tadeusz ZWIEFKA (PPE, PL) sur la demande de levée de limmunité de Mylène TROSZCZYNSKI (ENF, FR).
Pour rappel, la demande de levée de limmunité parlementaire de Mylène Troszczynski avait été transmise par le ministre de la justice dans le cadre dune information judiciaire conduite par le procureur de Bobigny (FR) et ouverte des chefs de diffamation publique à légard dune personne ou dun groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance ou non-appartenance à une ethnie, à une nation, à une race ou à une religion déterminées, et de provocation à la haine ou à la violence à légard de cette personne.
La demande portait en particulier sur la diffusion sur le compte Twitter de lintéressée, le 23 septembre 2015, dune photo de femmes en voile intégral semblant faire la queue devant les bureaux de la CAF (Caisse dallocations familiales), accompagnée du commentaire suivant: «CAF à Rosny-sous-Bois le 9 12 14. Le port du voile intégral est censé être interdit par la loi...».
Limage litigieuse était en réalité un photomontage à partir dun cliché réalisé à Londres et déjà utilisé par le titulaire dun autre compte Twitter. Linformation avait révélé que ce nétait pas Mylène Troszczynski qui avait publié le message en ligne, mais son assistant, qui a reconnu les faits par la suite.
Celle-ci avait en outre retiré limage de son compte Twitter.
Les députés rappellent que, larticle 9 du protocole nº 7 sur les privilèges et immunités de lUnion européenne dispose que les membres du Parlement européen bénéficient, sur leur territoire national, des immunités reconnues aux membres du parlement de leur pays. Létendue de cette immunité accordée aux députés au Parlement français correspond en fait à celle accordée aux députés au Parlement européen par larticle 8 du protocole nº 7 sur les privilèges et immunités de lUnion européenne.
Les députés rappellent en outre que la Cour de justice de lUnion européenne avait soutenu que, pour être couverte par limmunité, une opinion devait être émise par un député européen dans lexercice de ses fonctions, ce qui implique ainsi lexigence dun lien entre lopinion exprimée et les fonctions parlementaires. Ce lien doit être direct et simposer avec évidence.
Toutefois, les activités présumées ne concernent pas des opinions ou des votes émis par Mylène Troszczynski dans le cadre de ses fonctions de députée au Parlement européen au sens de larticle 8 du protocole nº 7 sur les privilèges et immunités de lUnion européenne.
Ainsi donc, il ny a pas de fumus persecutionis, cest-à-dire de présomption suffisamment sérieuse que linformation judiciaire ouverte à la suite de la plainte pour diffamation envers une administration publique, déposée par la CAF de Seine-Saint-Denis, représentée par son directeur général, a été engagée dans lintention de nuire à lactivité parlementaire de Mylène Troszczynski.
En conséquence la commission des affaires juridiques recommande que le Parlement européen lève l'immunité parlementaire de Mylène Troszczynski.