Résolution sur la situation des droits de l’homme en Indonésie
Le Parlement européen a adopté une résolution sur la situation des droits de lhomme en Indonésie.
Le texte adopté en plénière avait été déposé en tant que résolution commune par les groupes PPE, S&D, ECR, ALDE, GUE/NGL, Verts/ALE et EFDD.
Le Parlement rappelle que lIndonésie occupe le quatrième rang des pays les plus peuplés, est la troisième démocratie du monde et le plus grand pays à majorité musulmane au monde.
Il sagit aussi dun partenaire important de lUnion européenne et les relations avec lUnion sont solides.
Toutefois les députés pointent le nombre sans précédent dattaques verbales violentes et discriminatoires, de faits de harcèlement et de diatribes enflammées contre les personnes LGBTI en Indonésie.
Ainsi, dans la province autonome dAceh, régie par la charia, les relations sexuelles entre personnes consentantes de même sexe et les relations sexuelles hors mariage sont des infractions pénales et entraînent des sanctions pouvant aller jusquà 100 coups de fouet et 100 mois demprisonnement, alors même que, dans le reste de lIndonésie, lhomosexualité nest pas illégale.
Les députés mettent également en évidence les actes dintimidation et de violence dont sont victimes les journalistes.
Protéger les personnes LGBTI : les députés invitent les autorités de la province autonome dAceh à empêcher toutes nouvelles persécutions des homosexuels et à dépénaliser lhomosexualité en modifiant leur code pénal islamique. Ils condamnent fermement la bastonnade de deux homosexuels âgés de 20 et 23 ans, châtiment infligé pour la première fois le 22 mai 2017 dans la province dAceh pour pratiques homosexuelles. Ils demandent une nouvelle fois aux autorités de mettre fin immédiatement aux flagellations publiques.
De manière générale, le Parlement condamne la montée de lintolérance à légard de la communauté LGBTI indonésienne au-delà de la province autonome dAceh et prie les autorités et les agents du gouvernement de sabstenir de toute déclaration publique discriminatoire à légard des personnes LGBTI et des autres minorités du pays.
Le Parlement soppose en outre à lassertion de lassociation indonésienne de psychiatrie selon laquelle lhomosexualité et la transsexualité seraient des maladies mentales et demande aux autorités de mettre un terme à la rétention forcée des personnes LGBTI et à toutes les formes de «traitement» visant à «guérir» lhomosexualité.
Loi sur le blasphème : le Parlement appelle également à modifier la loi sur le blasphème dans la mesure où elle fait peser une menace sur les minorités religieuses indonésiennes. Il sinquiète de lintolérance croissante à légard des minorités ethniques, religieuses et sexuelles en Indonésie et invite les autorités indonésiennes à poursuivre et à intensifier leurs efforts en vue de renforcer la tolérance religieuse et la diversité sociale.
Globalement, le Parlement appelle les autorités indonésiennes à abroger toutes les dispositions juridiques qui restreignent les libertés fondamentales et les droits de lhomme et à revoir toutes les lois pour sassurer quelles soient conformes à leurs obligations internationales.
Les députés se disent enfin préoccupés par les informations faisant état de violences persistantes à lencontre des femmes et de pratiques qui leur sont préjudiciables, telles que les mutilations génitales. Ils invitent le gouvernement indonésien à sacquitter de toutes ses obligations et à respecter, protéger et défendre les droits et libertés consacrés par le pacte international relatif aux droits civils et politiques.