Exportation d’armements: mise en oeuvre de la position commune 2008/944/PESC
La commission des affaires étrangères a adopté un rapport dinitiative de Bodil VALERO (Verts/ALE, SE) sur les exportations darmements: mise en uvre de la position commune 2008/944/PESC.
Contexte et enjeux: les données récentes montrent que les transferts internationaux des principaux armements de 2012 à 2016 sont les plus élevés jamais enregistrés pendant une période de cinq ans depuis la fin de la guerre froide et quils ont atteint 8,4% de plus que pour la période 2007-2011.
Les exportations et les transferts darmes ont une incidence sur la sécurité humaine, les droits de lhomme et la démocratie. Le contrôle des armes devrait être strict, transparent, efficace et accepté par toutes les parties.
Tout en soulignant que le maintien dune industrie de la défense sinscrit dans le cadre de la légitime défense des États membres, les députés réaffirment que la position commune est un cadre juridiquement contraignant qui détermine les exigences minimales que les États membres doivent appliquer dans le domaine des contrôles dexportation darmements.
Dès lors que des technologies militaires parviennent parfois à des destinations et à des utilisateurs finaux qui ne répondent pas aux critères fixés dans la position commune, les députés invitent les États membres et le Service européen pour laction extérieure (SEAE) à:
- améliorer la cohérence de la mise en uvre de la position commune;
- collaborer en matière de prévention des risques découlant du détournement et du stockage des armes, tels que le trafic illégal darmes et la contrebande;
- élaborer une stratégie spécifique visant à protéger formellement les personnes qui dénoncent les pratiques des entreprises de lindustrie de larmement qui vont à lencontre des critères et des principes de la position commune.
Dans le cadre du Brexit, le Royaume-Uni devrait rester lié par la position commune.
Mise en uvre des critères de la position commune: à la lumière des 8 critères énumérés dans position commune, le rapport suggère notamment:
- de lancer une initiative visant à imposer un embargo de lUnion sur les armes aux pays qui sont accusés de graves violations du droit international humanitaire du fait notamment dattaques ciblant délibérément des infrastructures civiles;
- dimposer un embargo sur les armes à lArabie saoudite;
- dinclure des indicateurs de gouvernance démocratique;
- dévaluer les transferts darmements récemment effectués par des États membres à destination dacteurs non étatiques, y compris des groupes terroristes;
- dintroduire des mécanismes efficaces de contrôle après lexpédition permettant de garantir que les armements ne sont pas réexportés à destination dutilisateurs finaux non autorisés;
- dajouter un nouveau critère afin de garantir que les risques de corruption liés aux exportations sont pris en compte dans loctroi des autorisations dexportation.
Renforcer léchange dinformations entre les États membres: les États membres et le SEA sont notamment invités à:
- fournir davantage dinformations sur les autorisations dexportation et les exportations réelles, systématiquement et rapidement partagées, y compris en ce qui concerne les utilisateurs finaux jugés préoccupants, les cas de détournement et les certificats dutilisateurs finaux falsifiés;
- tenir à jour une liste dentités et de particuliers reconnus coupables dinfractions à la législation sur lexportation des armements;
- échanger les bonnes pratiques adoptées pour appliquer les 8 critères;
- encourager ladoption de procédures de collaboration entre les forces de lordre et les autorités douanières qui soient claires et bien établies.
La position commune devrait comprendre une disposition garantissant que limposition dun embargo européen contre un pays tiers entraîne automatiquement le retrait des autorisations déjà accordées pour des biens concernés par ledit embargo.
Renforcer le respect des obligations de rapport: les députés proposent de lancer un processus destiné à élaborer un mécanisme de sanction à lencontre des États membres qui ne respectent pas la position commune. Ils invitent par ailleurs tous les États membres à respecter pleinement leurs obligations de rapport énoncées dans la position commune.
Les députés réclament également la révision de la liste commune des équipements militaires de lUnion et des listes figurant en annexe du règlement sur les biens à double usage afin quelles englobent tous les systèmes sans pilote à prendre en considération. Ils rappellent à cet égard la résolution du Parlement sur lutilisation de drones armés demandant que ceux-ci soient intégrés dans les régimes de contrôle des armes pertinents.