Incidence du commerce international et des politiques commerciales de l'Union européenne sur les chaînes de valeur mondiales
La commission du commerce international a adopté un rapport dinitiative de Maria ARENA (S&D, BE) sur les répercussions du commerce international et des politiques commerciales de lUnion européenne sur les chaînes de valeur mondiales.
Les chaînes de valeur mondiales (CVM) sont devenues un élément clé de léconomie mondiale. Elles peuvent aider les pays en développement à mieux y prendre part, à faire reculer la pauvreté et à faire progresser lemploi, tout en ayant un effet positif sur laugmentation de leur capacité de production. Toutefois, leur nature complexe et leur manque de transparence peuvent entraîner un risque plus élevé de violation des droits de lhomme et des travailleurs, dimpunité de fait des atteintes à lenvironnement ainsi que de fraude ou dévasion fiscale à grande échelle.
Position de lUnion dans les chaînes de valeur mondiales: soulignant que la politique commerciale et dinvestissement devrait créer des conditions de concurrence équitables pour les entreprises européennes et faciliter la convergence des normes vers le haut, le rapport demande à la Commission:
- de veiller à la cohérence entre les politiques industrielle, dinvestissement et commerciale, environnementale et de santé de lUnion,
- de promouvoir la stratégie de réindustrialisation européenne et la transition vers une économie à faibles émissions de CO2.
Les députés estiment que la poursuite de lintégration de lUnion dans les chaînes de valeur mondiales ne doit pas se faire au détriment du modèle social européen et quelle passe par la promotion dune croissance durable. Ils appellent la Commission et les États membres à adopter des instruments renforcés de défense commerciale afin de combattre les pratiques commerciales déloyales, en tenant compte du dumping social et environnemental.
Multilatéralisme: la Commission devrait uvrer au sein de lOMC afin de renforcer la transparence et de définir des règles commerciales multilatérales, notamment en matière de gestion durable des CVM, qui devraient en particulier comprendre:
- des exigences obligatoires en matière de transparence et de diligence raisonnable pour la chaîne dapprovisionnement, basées sur les principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de lhomme,
- des normes minimales de santé et de sécurité, reconnaissant en particulier le droit des travailleurs de créer des comités de sécurité,
- un socle minimal de protection sociale et le respect des normes de travail de lOrganisation internationale du travail (OIT), et
- le droit à la négociation collective.
Responsabilité des entreprises: soulignant les liens entre les droits de lhomme et le commerce, les députés se sont félicités des initiatives prises par le secteur privé qui ont permis lengagement de ce secteur dans lamélioration des normes des chaînes dapprovisionnement mondiales au cours des dernières années, notamment un plus grand respect des droits de lhomme et des droits du travail.
La Commission européenne est invitée à mettre à jour sa stratégie en matière de responsabilité sociale des entreprises (RSE) qui vise à renforcer les normes sociales et environnementales et qui a notamment pour objectif dinsister sur la prise en compte de la RSE dans les accords de commerce et dinvestissement négociés par lUnion. Les députés plaident également pour la création dun rôle plus important pour soutenir laction du secteur privé visant à rendre les chaînes de valeur mondiales plus durables.
Accords de libre-échange (ALE) de lUnion et chaînes de valeur mondiales: les députés saluent la nouvelle stratégie commerciale et dinvestissement de lUnion européenne intitulée «Le commerce pour tous». Ils demandent à la Commission de traiter les problèmes liés au développement des CVM, en prenant en compte par exemple les mesures suivantes:
- mettre en uvre les recommandations du Parlement de 2010 et de 2016 en ce qui concerne les chapitres sur le commerce et le développement durable dans les ALE;
- linclusion dans les ALE i) de clauses relatives aux droits de lhomme et de chapitres sur le commerce et le développement durable dans les mécanismes généraux de résolution des litiges; ii) de dispositions exécutoires visant à lutter contre la corruption et à protéger les lanceurs dalerte; iii) de clauses prévoyant un niveau minimum pour les normes sociales, environnementales et de sécurité; iv) de dispositions sur la coopération dans le domaine de la transparence fiscale.
Le rapport appelle également à:
- uvrer à la mise en place de solutions efficaces instaurant un système transparent et performant détiquetage de «traçabilité sociale et environnementale» le long de lensemble de la chaîne de production;
- prendre, en ce qui concerne laccès aux voies de recours, les mesures pour lever les obstacles financiers et procéduraux rencontrés lors des procédures civiles par les victimes violations des droits de lhomme par les entreprises transnationales;
- veiller à ce que la dimension de légalité hommes-femmes soit intégrée dans la politique commerciale et dinvestissement, dans la stratégie «Aide pour le commerce», ainsi que dans tous les futurs ALE;
- faire en sorte que le réexamen du SPG et du SPG+ prévoie des règles contraignantes dans le domaine des droits de l'homme, du droit du travail et de la protection de lenvironnement, lobjectif étant daider les entreprises (en particulier les PME) à sélever dans léchelle de la valeur ajoutée et à accroître leur participation aux chaînes de valeur mondiales tout en améliorant leurs normes sociales et environnementales.
Enfin, les députés se félicitent de la volonté de la Commission de protéger tout le spectre des DPI, notamment les brevets, les marques déposées, les droits dauteur, les plans, les indications géographiques, les marques dorigine et les produits pharmaceutiques, tout en garantissant un accès aux médicaments à un prix abordable, à la fois dans le cadre de lOIT et au moyen des ALE.