Lutte contre la cybercriminalité
La commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures a adopté le rapport dinitiative dElissavet VOZEMBERG-VRIONIDI (PPE, EL) sur la lutte contre la cybercriminalité.
Contexte: lévaluation de la menace que représente la criminalité organisée sur linternet (IOCTA) du 28 septembre 2016, réalisée par Europol, indique que la cybercriminalité (rançongiciels, réseaux zombies, logiciels malveillants etc) augmente en intensité, en complexité et en ampleur, causant des dommages économiques et sociaux de plus en plus importants, ayant une incidence sur les droits fondamentaux des particuliers. 80% des entreprises en Europe ont connu au moins un incident de cybersécurité.
Les enfants qui utilisent linternet de plus en plus tôt sont particulièrement vulnérables face au risque dêtre victimes du pédopiégeage et dautres formes dexploitation sexuelle en ligne.
Face à ces défis, le rapport suggère de clarifier les définitions de la cybercriminalité pour sassurer que les institutions de lUnion et les États membres partagent des définitions juridiques communes.
Sur un plan général, les députés recommandent de:
- transposer rapidement la directive 2011/93/UE relative à la lutte contre les abus sexuels et lexploitation sexuelle des enfants, ainsi que la pédopornographie et dadopter un plan daction pour la protection des droits des enfants en ligne et hors ligne dans le cyberespace;
- mettre en place toutes les mesures juridiques nécessaires pour lutter contre le phénomène de la violence en ligne à légard des femmes et le harcèlement en ligne;
- veiller à ce que les contenus illicites en ligne soient supprimés immédiatement par toutes voies de droit.
Pour être efficaces, les stratégies de cybersécurité devraient être fondées sur les libertés et les droits fondamentaux.
Prévention: dans le contexte de la révision de la stratégie de cybersécurité de lUnion européenne, la Commission est invitée à:
- repérer les vulnérabilités en matière de sécurité des réseaux et de linformation dans les infrastructures critiques européennes, à favoriser le développement de systèmes résilients et à évaluer la situation en ce qui concerne la lutte contre la cybercriminalité dans lUnion et les États membres;
- lancer des campagnes de sensibilisation, dinformation et de prévention (assorties de programmes éducatifs), afin de veiller à ce que tous les citoyens, en particulier les enfants et les autres utilisateurs vulnérables, mais aussi les administrations centrales et locales, les opérateurs dimportance vitale et les acteurs du secteur privé, notamment les PME, aient conscience des risques posés par la cybercriminalité.
Les États membres devraient intensifier les échanges dinformations, par lintermédiaire dEurojust, dEuropol et de lENISA, ainsi que le partage des meilleures pratiques via le réseau européen des CSIRT (centres de réponse aux incidents de sécurité informatique) et des CERT (centres de réponse aux urgences informatiques), en ce qui concerne les problèmes auxquels ils sont confrontés dans la lutte contre la cybercriminalité.
Renforcer la responsabilité des fournisseurs de services: les députés préconisent un renforcement de la coopération entre les autorités compétentes et les fournisseurs de services pour accélérer lentraide judiciaire et les procédures de reconnaissance mutuelle, dans les domaines de compétence prévus dans le cadre juridique européen. Les fournisseurs de services de communications électroniques établis dans un pays tiers devraient désigner par écrit un représentant auprès de lUnion européenne.
Compte tenu des tendances de linnovation et de laccessibilité croissante des dispositifs de linternet des objets, les députés suggèrent dapporter une attention particulière à la sécurité de tous les dispositifs et de promouvoir loption de la sécurité dès la conception. Ils soulignent la nécessité de protéger les bases de données des services répressifs contre les incidents liés à la sécurité et laccès illicite. Ils encouragent également les fournisseurs de services à adhérer au code de conduite visant à combattre les discours de haine illégaux en ligne.
Renforcer la coopération policière et judiciaire: le rapport insiste sur la nécessité de permettre aux autorités répressives davoir un accès licite aux informations pertinentes, dans les cas restreints où cet accès est nécessaire et proportionné pour des raisons de sécurité et de justice.
Les députés invitent les États membres à ne pas imposer aux fournisseurs de services de chiffrement dobligations qui fragiliseraient la sécurité de leurs réseaux ou services, telles que la création ou la mise à disposition de «portes dérobées». Des solutions réalistes devraient être proposées lorsquil est indispensable de trouver de telles solutions pour des raisons de sécurité et de justice.
Selon les députés, linterception légale pourrait être une mesure efficace pour combattre le piratage illicite, à condition quelle soit nécessaire, proportionnée, fondée sur une procédure judiciaire régulière et quelle respecte pleinement les droits fondamentaux.
Preuves électroniques: le rapport plaide pour une approche européenne commune en matière de justice pénale. Il insiste sur la nécessité de trouver des moyens de recueillir des preuves électroniques plus rapidement et sur limportance dune coopération étroite entre les autorités répressives, les pays tiers et les fournisseurs de services actifs sur le territoire européen.
En vue de renforcer les capacités au niveau européen, le rapport invite lENISA à évaluer de façon continue le niveau de menace. Il encourage la Commission à investir dans les capacités informatiques ainsi que dans la défense des infrastructures critiques des institutions de lUnion afin de réduire la vulnérabilité de lUnion face à de graves attaques informatiques provenant dorganisations criminelles denvergure.