Lutter contre le rétrécissement de l'espace accordé à la société civile dans les pays en développement
La commission du développement a adopté un rapport dinitiative de Teresa JIMÉNEZ-BECERRIL BARRIO (PPE, ES) sur le rétrécissement de lespace dévolu à la société civile dans les pays en développement.
La commission des affaires étrangères, exerçant ses prérogatives de commission associée en vertu de larticle 54 du Règlement du Parlement européen, a également exprimé son avis sur ce rapport
Les députés ont rappelé que société la civile (qui englobe les organisations non gouvernementales et à but non lucratif) représentait, aux côtés des secteurs public et privé, le troisième pilier dune société saine et intègre en tant que contrepoids nécessaire au pouvoir en place.
Les organisations de la société civile (OSC) sont devenues des acteurs importants de laide au développement au niveau mondial tandis que laccord de Cotonou reconnaît en la société civile un acteur essentiel de la coopération ACP-UE.
Reconnaître le rôle majeur de la société civile: le rapport a souligné limportance dune société civile indépendante, diversifiée et plurielle pour assurer le développement et la stabilité dun pays, garantir la consolidation de la démocratie, de la justice sociale et du respect des droits de lhomme, et aussi pour promouvoir la responsabilisation et la bonne gouvernance, notamment dans la lutte contre la corruption et lextrémisme violent.
La contraction de lespace accordé à la société civile dans les pays en développement, et plus particulièrement dans les pays en proie à des conflits, se fait par des moyens toujours plus complexes par le biais de la législation, de la fiscalité, de restrictions au niveau du financement ou de contraintes administratives excessives.
En conséquence, les députés ont invité lUnion à reconnaître la nécessité daider les gouvernements des pays bénéficiaires à créer un environnement politique, administratif et juridique permettant aux organisations de la société civile de travailler efficacement.
Protéger les défenseurs des droits de lhomme: préoccupés par les attaques, toujours plus nombreuses, dont sont victimes les défenseurs des droits de lhomme dans le monde, les députés ont appelé à dénoncer systématiquement les assassinats de défenseurs des droits de lhomme et toute tentative de les soumettre à quelque forme de violence, de persécution, de menace, de harcèlement, de disparition, demprisonnement ou darrestation arbitraire.
LUnion est invitée à: i) élaborer des lignes directrices sur la liberté de réunion pacifique et dassociation; ii) mettre en place des dispositifs de suivi au regard de lapplication conjointe des orientations de lUnion concernant les défenseurs des droits de lhomme et iii) garantir la protection et lapplication sans failles de sanctions en cas de violation grave des droits de lhomme; iv) mettre en uvre des orientations de lUE relatives à la promotion et à la protection de la liberté de religion ou de conviction.
Le rapport appelle en outre lUnion à:
- uvrer au renforcement de lautonomie dans lespace civique au moyen non seulement de ses politiques en matière de développement et de droits de lhomme, mais également de la coordination de toutes ses autres politiques intérieures et extérieures, dont la justice, les affaires intérieures, le commerce et la sécurité;
- continuer à apporter des financements pour créer un environnement favorable à la société civile à léchelle nationale et locale;
- sattaquer en amont aux causes profondes de la contraction de lespace dévolu à la société civile dans le cadre dune démarche uniforme et cohérente dans ses relations de lUnion avec les pays tiers;
- promouvoir des mécanismes institutionnels ainsi que des initiatives pour renforcer le dialogue et mettre en place des partenariats entre les pouvoirs publics, les OSC, les autorités locales et le secteur privé dans les pays en développement;
- surveiller les mesures de lutte antiterroristes ainsi que certains aspects de la législation en matière de transparence et de lutte contre le blanchiment des capitaux;
- mettre en place obligation de vigilance au regard des droits de lhomme pour les activités commerciales réalisées dans des pays tiers par des sociétés dont le siège est dans lUnion;
- renforcer le rôle des acteurs de la société civile dans les entités institutionnelles relevant daccords commerciaux, lesquels devraient contenir des clauses contraignantes sur les droits de lhomme.
Critères de référence et indicateurs: les députés invitent la Commission et le SEAE à définir de bonnes pratiques et à élaborer des critères de référence et des indicateurs clairs liés au rétrécissement de lespace dévolu à la société civile dans le cadre du plan daction de lUnion sur les droits de lhomme et la démocratie et de la révision à mi-parcours linstrument européen pour la démocratie et les droits de lhomme (IEDDH). Ils préconisent également:
- daccroître les fonds de lIEDDH et de mettre en place un mécanisme de suivi et dalerte précoce afin de mieux répondre au rétrécissement de lespace dévolu à la société civile et aux menaces qui pèsent sur les défenseurs des droits de lhomme;
- dintégrer systématiquement le resserrement de lespace citoyen dans toutes les relations bilatérales de lUnion et des Etats membres;
- de mieux protéger les représentants dOSC dans les pays tiers afin de faire échec à toute hostilité à leur encontre.
Enfin, le Parlement devrait sengager à recenser chaque année les pays où lespace dévolu à la société civile est le plus menacé.