Incidence du commerce international et des politiques commerciales de l'Union européenne sur les chaînes de valeur mondiales
Le Parlement européen a adopté par 497 voix pour, 124 contre et 56 abstentions, une résolution sur les répercussions du commerce international et des politiques commerciales de lUnion européenne sur les chaînes de valeur mondiales.
Les chaînes de valeur mondiales (CVM) sont des réalités complexes très changeantes. Elles sont devenues un élément clé de léconomie mondiale. Toutefois, leur complexité et leur manque de transparence peuvent entraîner un risque plus élevé de violation des droits de lhomme et des travailleurs, dimpunité de fait des atteintes à lenvironnement ainsi que de fraude ou dévasion fiscale à grande échelle.
Selon une opinion largement répandue, les politiques commerciales ne devraient pas entraîner la distribution non équitable des bénéfices. Cest pourquoi ces politiques devraient garantir la transparence des processus de production tout au long de la chaîne de valeur et leur conformité avec les normes environnementales, sociales et de sécurité fondamentales.
Position de lUnion dans les chaînes de valeur mondiales: le Parlement a souligné que la politique commerciale et dinvestissement devait faciliter la convergence des normes vers le haut. La poursuite de lintégration de lUnion dans les chaînes de valeur mondiales ne devrait pas se faire au détriment du modèle social et réglementaire européen et devrait passer par la promotion dune croissance durable.
Les députés ont invité la Commission à soutenir ladoption des systèmes existants de commerce équitable et ont plaidé pour ladoption dinstruments renforcés de défense commerciale afin de combattre les pratiques commerciales déloyales, en tenant compte du dumping social et environnemental.
Multilatéralisme: la Commission devrait uvrer au sein de lOMC afin de renforcer la transparence et de définir des règles commerciales multilatérales, notamment en matière de gestion durable des CVM, qui devraient en particulier comprendre:
- des exigences obligatoires en matière de transparence et de diligence raisonnable pour la chaîne dapprovisionnement, basées sur les principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de lhomme,
- des normes minimales de santé et de sécurité, reconnaissant en particulier le droit des travailleurs de créer des comités de sécurité,
- un socle minimal de protection sociale et le respect des normes de travail de lOrganisation internationale du travail (OIT), et
- le droit à la négociation collective.
Responsabilité des entreprises: le Parlement a rappelé que le milieu des affaires avait un rôle important à jouer en proposant des mesures positives dincitation en matière de promotion des droits de lhomme, de la démocratie et de la responsabilité des entreprises. Tout en se félicitant de la série dinitiatives prometteuses prises par le secteur privé ces dernières années, il a invité la Commission à :
- accorder une plus grande priorité aux règles internationales sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE) et à promouvoir lapplication des orientations sectorielles de lOCDE et des principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de lhomme;
- réviser sa stratégie en matière de RSE, qui vise à renforcer les normes sociales et environnementales et qui a notamment pour objectif dinsister sur la prise en compte de la RSE dans les accords de commerce et dinvestissement négociés par lUnion;
- veiller à ce que les entreprises européennes et internationales respectent les principes directeurs de lOCDE à lintention des entreprises multinationales sur le devoir de diligence pour des chaînes dapprovisionnement responsables en minerais provenant de zones de conflit.
Accords de libre-échange (ALE) de lUnion et chaînes de valeur mondiales: le Parlement a demandé dinclure dans les ALE:
- des clauses relatives aux droits de lhomme et de chapitres sur le commerce et le développement durable dans les mécanismes généraux de résolution des litiges;
- des dispositions exécutoires visant à lutter contre la corruption et à protéger les lanceurs dalerte;
- des clauses prévoyant un niveau minimum pour les normes sociales, environnementales et de sécurité;
- des dispositions sur la coopération dans le domaine de la transparence fiscale.
Les députés ont également appelé à:
- mettre en place de solutions efficaces instaurant un système transparent et performant détiquetage de «traçabilité sociale et environnementale» le long de lensemble de la chaîne de production;
- envisager la mise en place dune législation sur létiquetage de lorigine des produits entrant sur le marché de lUnion;
- prendre, en ce qui concerne laccès aux voies de recours, les mesures pour lever les obstacles financiers et procéduraux rencontrés lors des procédures civiles par les victimes violations des droits de lhomme par les entreprises transnationales;
- intégrer la dimension de légalité hommes-femmes dans la politique commerciale et dinvestissement, dans la stratégie «Aide pour le commerce», ainsi que dans tous les futurs ALE;
- faire en sorte que le réexamen du SPG et du SPG+ prévoie des règles contraignantes dans le domaine des droits de l'homme, du droit du travail et de la protection de lenvironnement, lobjectif étant daider les entreprises (en particulier les PME) à sélever dans léchelle de la valeur ajoutée et à accroître leur participation aux chaînes de valeur mondiales tout en améliorant leurs normes sociales et environnementales.
Enfin, les députés se sont félicités de la volonté de la Commission de protéger tout le spectre des DPI, notamment les brevets, les marques déposées, les droits dauteur, les plans, les indications géographiques, les marques dorigine et les produits pharmaceutiques, tout en garantissant un accès aux médicaments à un prix abordable, à la fois dans le cadre de lOIT et au moyen des ALE.