Relations politiques de l'UE avec l'Amérique latine
Le Parlement européen a adopté par 526 voix pour, 96 contre et 59 abstentions, une résolution sur les relations politiques entre lUnion européenne et lAmérique latine.
Les députés ont rappelé que la région de lAmérique latine et des Caraïbes (ALC) représentait un partenaire de choix pour lUnion européenne pour répondre ensemble aux grands enjeux qui se posent aujourd'hui au niveau mondial tels que la migration de masse, le terrorisme, le changement climatique et la pauvreté.
Le partenariat UE-ALC devrait sappuyer sur des valeurs et des principes communs tels que le respect des droits de lhomme et des libertés fondamentales, létat de droit, la paix et la sécurité internationales et une adhésion commune à un système multilatéral de gouvernance mondiale fondé sur des normes communes et le dialogue.
Élargir la coopération politique et économique avec les pays ALC: alors que les deux régions partagent une même vision du monde et quils doivent relever les mêmes défis, le Parlement a jugé indispensable délargir la coopération politique et économique avec les pays ALC et de nouer avec eux des partenariats plus solides au niveau birégional et bilatéral.
LUnion et la Communauté des États latino-américains et des Caraïbes (CELAC) devraient renforcer leur partenariat et le dialogue politique en coopérant autour dintérêts communs clairement définis afin de relever ensemble les grands défis mondiaux.
Intégration régionale: soulignant la nécessité de coordonner davantage les différents dispositifs dintégration régionale existants, les députés ont recommandé de renforcer le dialogue, la coopération et léchange de bonnes pratiques avec la CELAC, le Mercosur, la Communauté andine des Nations (CAN), le Système dintégration centraméricain (SICA) et lAlliance du Pacifique qui réunit le Chili, la Colombie, le Mexique et le Pérou.
Le Parlement a suggéré daccélérer les négociations en cours en vue dactualiser laccord global UE-Mexique et de parachever laccord dassociation entre lUnion et le Chili avant le premier trimestre de 2018.
La résolution a, entre autres, insisté sur la nécessité:
- dintégrer les économies dans les chaînes de valeur mondiales en se fondant sur un modèle économique circulaire;
- dinstaurer des conditions propices à la diversification des économies des deux régions afin quelles soient moins dépendantes et vulnérables au regard des variations cycliques mondiales;
- de créer des partenariats publics et privés afin de favoriser le développement économique, lentrepreneuriat, la croissance et les investissements étrangers, et de lutter contre léconomie informelle;
- dinstaurer, dans les deux régions, des régimes fiscaux viables et efficaces;
- de renforcer la coopération en matière denvironnement en mettant particulièrement laccent sur la transition énergétique et la décarbonation;
- de renforcer la coopération avec des fonds économiques au moyen daccords bilatéraux entre universités, de bourses, déchanges de connaissances et de mobilité internationale entre étudiants de lUnion et des pays ALC, notamment par le renforcement du programme Erasmus+ ;
- dintégrer dans les accords dassociation, de commerce et dinvestissement entre lUnion et les pays ALC des règles portant sur la responsabilité des entreprises ainsi que des clauses relatives au respect des droits fondamentaux et des droits sociaux;
- de coopérer dans le domaine de la défense et de la sécurité, notamment le terrorisme, la lutte contre le trafic de stupéfiants, la criminalité organisée et la lutte contre le problème de la corruption;
- de renforcer la coopération militaire en vue de la création dun corps spécial daide durgence pour faire face aux catastrophes naturelles et humanitaires.
Situation au Venezuela: vivement préoccupés par la grave détérioration de la situation en matière de démocratie et de droits de lhomme au Venezuela, les députés ont invité le gouvernement vénézuélien à garantir la séparation et lindépendance des pouvoirs et à rétablir pleinement lautorité constitutionnelle de lAssemblée nationale.
Ils ont invité la VP/HR et le Conseil européen à envisager le gel des actifs, ainsi que des restrictions daccès au territoire de lUnion pour toutes les personnes impliquées dans de graves violations des droits de lhomme au Venezuela, y compris les membres de lassemblée constituante non reconnue.