Coopération judiciaire pénale: lutte contre attaques visant les systèmes d'information
La Commission a présenté un rapport évaluant dans quelle mesure les États membres ont pris les dispositions nécessaires pour se conformer à la directive 2013/40/UE relative aux attaques contre les systèmes d'information.
Pour rappel, la directive vise à rapprocher le droit pénal des États membres en matière dattaques contre les systèmes dinformation et à améliorer la coopération entre les autorités compétentes. À cette fin, la directive fixe des règles minimales concernant la définition des infractions pénales et les sanctions en matière dattaques contre les systèmes dinformation et impose lexistence de points de contact opérationnels 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
À la date limite de transposition, 22 États membres avaient notifié à la Commission lachèvement de la transposition de la directive. Au 31 mai 2017, des procédures dinfraction pour non-communication de mesures nationales de transposition à lencontre de trois États membres (BE, BG et IE) étaient toujours en cours. La Commission reconnaît toutefois les efforts déployés par les États membres pour transposer la directive.
Lanalyse contenue dans le présent rapport est basée sur les informations communiquées par les États membres au plus tard le 31 mai 2017.
Progrès accomplis: le rapport conclut que la directive a permis daccomplir des progrès réels en matière de criminalisation des cyberattaques à un niveau comparable dans tous les États membres, ce qui facilite la coopération transfrontière entre les autorités répressives qui enquêtent sur ce type dinfractions.
Les États membres ont modifié leurs codes pénaux et leur législation applicable. Ils ont rationalisé leurs procédures et ont mis en place ou amélioré leurs programmes de coopération.
Améliorations nécessaires: la Commission confirme toutefois que beaucoup reste à faire pour que la directive atteigne son plein potentiel. Les principales améliorations à mettre en uvre par les États membres devraient concerner en particulier:
- lutilisation des définitions des termes «système dinformation», «données informatiques», «personne morale» et «sans droit» fournies par la directive: seuls deux pays ont introduit une législation couvrant tous les aspects de ces définitions;
- linclusion de lensemble des possibilités qui caractérisent les actions liées aux infractions pénales spécifiques (accès illégal à des systèmes dinformation ; atteinte illégale à lintégrité dun système et à lintégrité des données ; interception illégale des données informatiques : outils, tels que les programmes informatiques ou les codes daccès, utilisés pour commettre les infractions) ;
- la mise en place de normes communes en matière de sanctions pour les cyberattaques (niveau minimal général de la peine maximale ; sanctions lorsquun nombre important de systèmes dinformation est atteint ; infractions commises par une organisation criminelle ; préjudice grave causé ; implication de systèmes dinformation d'infrastructures critiques dans les infractions ; usurpation didentité ; responsabilité des personnes morales).
Dautres problèmes semblent liés à la mise en uvre des dispositions administratives concernant la mise à disposition par États membres des canaux de communication appropriés afin de faciliter la notification aux autorités nationales compétentes des infractions, ainsi qu'au suivi et aux statistiques concernant les infractions relevant de la directive
Perspectives: la Commission indique quelle continuera de soutenir les États membres dans leur mise en uvre de la directive et quelle fournira aux États membres des occasions supplémentaires de recenser et d'échanger leurs bonnes pratiques au cours du second semestre 2017.
La Commission ne voit pas la nécessité proposer des modifications de la directive. Elle envisage plutôt des mesures visant à améliorer laccès transfrontière aux preuves électroniques dans le cadre des enquêtes criminelles, notamment en proposant des mesures législatives au début de 2018. Elle étudie également le rôle que joue le chiffrement dans les enquêtes criminelles et présentera ses conclusions sur le sujet dici octobre 2017.
Enfin, la Commission sattachera à ce que la transposition soit finalisée dans lensemble de lUnion et à ce que les dispositions soient correctement appliquées.