Résolution sur la nécessité de mettre fin aux mariages d’enfants
Le Parlement européen a adopté une résolution présentée par la commission des droits de la femme et de légalité des genres sur la nécessité de mettre fin aux mariages denfants.
Les députés ont rappelé quune fille sur trois dans les pays en développement était mariée avant lâge de 18 ans, et une sur neuf avant lâge de 15 ans. Les filles représentent 82 % des enfants touchés par ce phénomène.
Les mariages denfants, les mariages précoces et les mariages forcés donnent lieu à des taux de mortalité maternelle élevés. Les complications lors des grossesses non désirées et des accouchements sont la principale cause de décès des jeunes filles de 15 à 19 ans dans les pays à faibles revenus, les épouses qui sont encore des enfants faisant lobjet dune pression sociale en vue de prouver leur fertilité.
En outre, les députés ont fait observer que 60% des épouses qui sont encore des enfants dans les pays en développement nont reçu aucune éducation formelle et que les mariages denfants privaient les enfants en âge dêtre scolarisés du droit à linstruction dont ils ont besoin pour leur développement personnel.
En conséquence, le Parlement a condamné le mariage des enfants comme une violation des droits de lenfant et une forme de violence à lencontre des femmes et des filles. Il demandé à l'UE et les États membres à:
- collaborer avec les organismes des Nations-Unies pour attirer lattention sur la question des mariages denfants, des mariages précoces et des mariages forcés en mettant laccent sur lémancipation et lautonomisation économique des femmes et leur participation accrue à la prise de décisions, ainsi que sur la protection et la promotion des droits de lhomme de toutes les femmes et filles;
- renforcer laccès aux services de santé, y compris les services en matière de droits et de santé sexuels et génésiques, pour les femmes et les épouses qui sont encore des enfants;
- appliquer des normes juridiques uniformes en ce qui concerne la procédure visant à répondre au phénomène des mariages denfants, notamment en vue de la ratification de la convention dIstanbul;
- collaborer avec les autorités répressives et les systèmes judiciaires des pays tiers, pour faciliter ladoption dune législation interdisant les mariages précoces et les mariages forcés, comprenant notamment la fixation dun âge minimal pour pouvoir se marier.
Le Parlement a souligné que des procédures spécifiques devraient être mises en place dans les centres d'accueil des demandeurs d'asile et réfugiés afin d' assurer la protection des enfants parmi les réfugiés et les demandeurs d'asile.
Les députés ont condamné fermement le rétablissement et l'extension de la règle du « bâillon mondial », qui supprime les fonds à des organisations telles que le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) qui fournissent aux filles victimes de mariage denfant des services de planification familiale et de santé sexuelle et reproductive pour contribuer à réduire les risques de contracter le VIH et des complications lors de grossesses précoces. Ils ont demandé que le déficit de financement laissé par les États-Unis soit comblé en recourant au financement tant national queuropéen en faveur du développement.
Enfin, le Parlement a souligné lécart important qui existe entre le nombre de cas officiellement enregistrés et celui des cas de victimes potentielles demandant de laide, ce qui indique que de nombreux cas de mariages denfants ne sont pas repérés. Il a souligné la nécessité de données ventilées par sexe et dun suivi harmonisé des cas de mariages denfants dans les États membres de lUnion et plaidé pour que les travailleurs sociaux et enseignants en contact avec des victimes potentielles reçoivent une formation spéciale pour leur apprendre à repérer les victimes en vue de les aider.