Résolution sur la conférence des Nations unies de 2017 sur les changements climatiques à Bonn, Allemagne (COP23)
Le Parlement européen a adopté une résolution sur la conférence des Nations unies de 2017 sur les changements climatiques à Bonn, Allemagne (COP23).
La résolution avait été déposée par la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire, ainsi que par les groupes PPE, S&D, ECR, ALDE, GUE/NGL, Verts/ALE et EFDD.
Le Parlement a souhaité des éclaircissements sur la structure du dialogue de facilitation de 2018 prévu pendant la COP23 qui offrira loccasion de tirer parti des avancées dans la réalisation de lobjectif de laccord en matière datténuation des incidences du changement climatique.
Soulignant que lUnion devrait jouer un rôle proactif dans ce premier dialogue, il a demandé à la Commission et aux États membres de présenter de nouveaux engagements de réduction démissions de gaz à effet de serre (GES) qui aillent au-delà des engagements actuels dans le cadre de laccord de Paris et contribuent à combler lécart en matière datténuation en conformité avec les capacités européennes.
Accord de Paris: les députés ont rappelé que les engagements pris en vertu de laccord afin de contenir lélévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, ainsi que de parvenir à un équilibre entre les émissions anthropiques par les sources et les absorptions par les puits des gaz à effet de serre («neutralité carbone») au cours de la deuxième moitié du siècle, étaient une avancée remarquable.
Toutefois, ils ont reconnu que les promesses actuelles nétaient pas suffisantes pour atteindre les objectifs de l'accord de Paris. Toutes les parties, en particulier tous les pays du G20, devraient intensifier leurs efforts et mettre à jour leurs contributions déterminées au niveau national (CDN) d'ici à 2020, à la suite du dialogue de facilitation de 2018.
Le Parlement a souligné l'importance de mettre uvre l'accord dans la législation européenne, y compris ladoption rapide du règlement européen relatif à laction pour le climat, la révision de la directive européenne établissant un système déchange de quotas démissions de gaz à effet de serre et le renforcement des objectifs de lUnion et des instruments daction. La Commission a été invitée préparer dici la COP24 une stratégie européenne visant à atteindre la neutralité carbone dici le milieu du siècle, comprenant un parcours rentable menant à lobjectif zéro émission nette fixé par laccord de Paris.
Le Parlement a exprimé sa déception quant à lannonce faite par le président des États-Unis, Donald Trump, de son intention de retirer les États-Unis de laccord de Paris, estimant que cette décision représentait un retour en arrière. Il sest cependant félicité des réponses fortes des gouvernements du monde entier et de leur soutien renforcé en faveur de la mise en uvre de laccord.
En vue de protéger les industries contre le risque de fuite de carbone, la résolution a invité la Commission à examiner lefficacité et la légalité des mesures supplémentaires, par exemple lajustement de la taxe carbone aux frontières et le prix à la consommation notamment en ce qui concerne les produits provenant de pays qui ne respectent pas leurs engagements pris aux termes de laccord de Paris.
Financement de la lutte contre le changement climatique: le Parlement a salué laugmentation régulière du niveau de financement de lUnion pour la lutte contre le changement climatique mais a insisté sur la nécessité defforts supplémentaires.
Ainsi les gouvernements, les banques, les fonds de pension et des compagnies dassurances, devraient sengager à aligner les prêts et les pratiques dinvestissement sur lobjectif de laccord de Paris, y compris en supprimant de manière progressive les crédits à lexportation en faveur des investissements dans les combustibles fossiles.
Les députés ont réclamé des engagements concrets en vue de fournir des sources supplémentaires de financement, y compris i) en introduisant une taxe sur les transactions financières, ii) en mettant de côté certains quotas démissions du SEQE UE sur la période 2021-2030 et iii) en répartissant les recettes issues des mesures internationales et européennes sur les émissions provenant des secteurs de laviation et maritime vers le financement international de la lutte contre le changement climatique et le Fonds vert pour le climat.
Un effort de la part de tous les secteurs: le Parlement a salué lélaboration de systèmes déchange de quotas démission au niveau mondial, notamment les 18 systèmes déchange de quotas démission (SEQE) opérationnels sur quatre continents et qui représentent 40 % du PIB mondial. Il a invité la Commission à promouvoir létablissement de liens entre le SEQE de lUnion et les autres dispositifs semblables dans le but dinstaurer des mécanismes du marché international du carbone de façon à accroître les ambitions en matière de lutte contre le changement climatique tout en créant des conditions équitables.
Les députés ont appelé à intensifier les efforts dans les secteurs des transports et de lagriculture où les progrès accomplis en matière de réduction des émissions de GES sont insuffisants au regard des objectifs fixés pour 2020.
Le Parlement a pris acte de la décision de lAssemblée de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) de mettre en place un régime de compensation et de réduction de carbone pour laviation internationale (CORSIA), mais il a regretté le fait que lOACI n'ait pas accepté les réductions démissions avec lintroduction du CORSIA, se cantonnant au contraire aux compensations.
En outre, il a invité l'Organisation maritime internationale (OMI) à élaborer un mécanisme mondial conformément aux objectifs de laccord de Paris en fixant un objectif ambitieux de réduction des émissions ainsi quun calendrier concret.
Rôle du Parlement européen: étant donné que le Parlement européen doit donner son approbation pour les accords internationaux et quil joue un rôle central dans la mise en uvre de laccord de Paris au sein de lUnion en tant que colégislateur, les députés ont demandé que le Parlement fasse partie de la délégation de lUnion européenne, quil soit autorisé à assister aux réunions de coordination de lUnion qui auront lieu à Bonn et quil puisse obtenir un accès garanti à tous les documents préparatoires dès le début de la phase de négociation.