Troisième programme d'action de l'Union dans le domaine de la santé (2014-2020)
Le rapport de la Commission présente les principales conclusions issues de lévaluation à mi-parcours du troisième Programme Santé conformément au règlement (UE) nº 282/2014. Il expose également des idées visant à améliorer la mise en uvre du Programme pour le reste de la période de programmation (2018 - 2020).
Lévaluation à mi-parcours menée en 2016-2017 - fondée sur une étude externe et une consultation publique ouverte - portait principalement sur la pertinence des priorités thématiques, sur latteinte des objectifs et sur lefficacité de la gestion du Programme. Elle abordait également dautres aspects, comme lefficacité de lutilisation des ressources, la valeur ajoutée du Programme pour lUE, ainsi que sa cohérence interne et externe.
Résultats et principales réalisations: lévaluation à mi-parcours sest avérée positive et révèle que la mise en uvre du Programme est en bonne voie.
1) Promotion de la santé et prévention des maladies: le Programme soutient la coopération entre les États membres grâce au partage et à léchange de connaissances et de bonnes pratiques, contribuant ainsi à la réalisation de lobjectif de développement durable (ODD) 3, à savoir «Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge».
La Commission, conjointement avec lOCDE et lObservatoire européen des systèmes et des politiques de santé, met en commun les expertises dans le cycle de la Commission sur l«état de la santé dans lUE». Cela permet de renforcer les connaissances par pays et à léchelle de lUE en matière de santé et daider les États membres à élaborer leurs politiques sur la base déléments concrets. La perspective est de créer un système durable et intégré dinformation européen sur la santé.
Léchange de bonnes pratiques était également au cur de plusieurs actions cofinancées, dans des domaines tels la prévention du VIH/sida et de la tuberculose ou la réduction des dommages liés à lalcool.
2) Préparation et gestion des crises: les activités visant à soutenir le renforcement des capacités de lutte contre les menaces pesant sur la santé ont contribué à éviter les doubles emplois et à améliorer les aptitudes, générant ainsi de la valeur ajoutée pour lUE.
Le Programme a soutenu des activités financées par lUE visant à limiter la propagation de lépidémie des virus Ebola et Zika. Parmi les nouvelles actions, le rapport cite la mise en place de lacquisition en commun de vaccins et de contre-mesures médicales ainsi que lamélioration de la capacité des laboratoires à détecter des risques nouveaux ou émergents et à appliquer des normes cohérentes en matière de test.
3) Innovation des systèmes de santé: le Programme fonctionne en synergie avec dautres programmes de lUE et différents axes politiques afin daccroître lefficacité des dépenses de lUE et en maximiser limpact. Laction commune visant à soutenir le réseau de santé en ligne favorise les infrastructures de services numériques dans le secteur de la santé publique. La collaboration entre les organismes dévaluation des technologies de la santé de lUE a donné lieu à des outils et des normes communs, offrant des possibilités déconomies déchelle substantielles.
4) Accès à des soins de santé de meilleure qualité et plus sûrs: 24 réseaux européens de référence pour les maladies rares ont été constitués afin de conjuguer lexpérience de plus de 300 prestataires de soins de santé et 900 centres dexpertise en Europe et en faire bénéficier les patients atteints dune maladie rare. Le programme joue également un rôle crucial dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens (RAM).
Les principaux enseignements tirés sont les suivants:
- lensemble des priorités thématiques reste valable et la plupart des actions produisent des résultats utiles, assortis dune forte valeur ajoutée européenne, en particulier en matière de gestion des crises, ainsi que de sécurité et de sûreté en Europe;
- le Programme est en adéquation avec les besoins des États membres: les objectifs définis sont clairs, explicites et spécifiques, et les actions financées au cours des trois premières années sont pertinentes;
- la gestion du Programme a gagné en efficacité grâce à une meilleure définition des types dobjectif attendus et la fourniture dindicateurs afin de mesurer lavancement;
- la capacité de réaction et la flexibilité du Programme à légard des besoins émergents ont été démontrées, comme lors de la crise des réfugiés à lété 2015, avec une contribution significative à la politique migratoire de la Commission. Considérée comme un tout, laction concernant les migrants et les réfugiés représente un investissement en matière de santé publique de 14,4 millions EUR;
- lefficacité est en cours damélioration: les domaines thématiques élargis comme la promotion de la santé et les systèmes de santé ont été identifiés comme prioritaires par les représentants des États membres. Ils ont ainsi bénéficié du montant de financement le plus élevé. Le Programme a introduit des mesures de simplification concernant les règles et les procédures;
- la consultation publique ouverte a attiré lattention de nombreuses parties intéressées et a fourni un appui important au maintien de la coopération initiée via le Programme, notamment dans des domaines comme la promotion de la santé, la prévention des maladies et la santé en ligne.
Améliorations envisagées: suite à lévaluation ex post du deuxième Programme Santé, la Commission sest engagée à travailler sur trois grands aspects du troisième Programme Santé comme indiqué dans son rapport de mai 2016 adressé au Parlement européen et au Conseil :
- intensifier les efforts de suivi, de communication et de diffusion;
- encourager la participation de tous les États membres et des autres pays participants, et collaborer avec lensemble des États membres, particulièrement ceux dont les besoins en matière de santé publique sont les plus importants; et
- développer des synergies avec les principales priorités et les autres programmes de la Commission.
De plus, selon les suggestions de lévaluation à mi-parcours, le Programme doit rester orienté sur les axes où une plus-value européenne peut être réalisée. Ces axes relèvent des objectifs de protection contre les menaces sanitaires transfrontalières et daccès à des soins de santé de meilleure qualité et plus sûrs.