Politiques économiques de la zone euro
La commission des affaires économiques et monétaires a adopté un rapport dinitiative de Gunnar HÖKMARK (PPE, SE) sur les politiques économiques de la zone euro.
La commission de l'emploi et des affaires sociales, exerçant ses prérogatives de commission associée en vertu de larticle 54 du Règlement du Parlement européen, a également exprimé son avis sur ce rapport.
Les députés ont rappelé que selon les prévisions de la Commission, le taux de croissance du PIB en 2017 devrait rester stable à 1,7% dans la zone euro (1,8% en 2016) et à 1,9% pour lUnion dans son ensemble, chiffres meilleurs quavant la crise mais tout de même insuffisants pour créer de nouveaux emplois dans les États membres.
Les taux de chômage de la zone euro et de lUE-28 sélevaient respectivement à 9,3% et à 7,8%, en avril 2017, mais il existe des écarts importants entre les États membres où ces taux varient de 3,2% à 23,2%. En outre, le rapport dette publique/PIB de la zone euro devrait sétablir à 90,3% en 2017 et à 89% en 2018.
Politiques structurelles: les députés estiment que la croissance inégale et la situation de lemploi dans la zone euro nécessitent une meilleure coordination des politiques économiques, en particulier grâce à une bonne mise en uvre des recommandations par pays dans le cadre du Semestre européen.
Dans ce contexte, ils plaident pour la mise en uvre de réformes structurelles durables pour sattaquer en priorité aux chômage de longue durée, à lutilisation non optimale des compétences et aptitudes par le marché du travail, au vieillissement des populations, ou aux niveaux élevés dendettement privé et public.
Ils invitent les États membres à faire baisser les niveaux dendettement excessifs et se prononcent en faveur dune stratégie européenne de lutte contre les prêts non productifs qui pourraient mettre en péril la stabilité financière en Europe.
Le rapport insiste sur la nécessité:
- de consentir des efforts supplémentaires pour renforcer laccès des PME au financement;
- de maintenir des taux demploi élevés là où ils ont déjà été atteints;
- de faire évoluer les salaires de manière responsable dans une optique de croissance;
- de mettre en place des réformes de la fiscalité en vue daméliorer la perception de limpôt, de prévenir la fraude et lévasion fiscales, et de sattaquer au problème de la pression fiscale élevée qui pèse sur le travail en Europe.
Investissements: les députés appellent à prendre des mesures pour rattraper le déficit dinvestissement accumulé dans la zone euro depuis la survenue de la crise.
Des investissements dans léducation, linnovation ainsi que la recherche et le développement permettraient de mieux sadapter à léconomie de la connaissance. Lachèvement de lunion des marchés des capitaux est également crucial pour attirer et accroître linvestissement, et améliorer le financement de la croissance et la création demplois.
Politiques budgétaires: les députés estiment que ladoption de politiques budgétaires prudentes et prévoyantes joue un rôle fondamental pour la stabilité de la zone euro et de lUnion dans son ensemble. Ils rappellent quune forte coordination des politiques budgétaires, lapplication correcte et le respect des règles de lUnion dans ce domaine, y compris des clauses de flexibilité en vigueur, constituent une obligation légale pour le bon fonctionnement de lUnion économique et monétaire (UEM).
Étant donné que la dette publique reste élevée dans certains États membres, le rapport souligne la nécessité de rendre les finances publiques viables tout en encourageant la croissance économique et lemploi.
Recommandations par pays: les députés attendent davantage dengagement de la part des États membres afin quils prennent les mesures politiques nécessaires en sappuyant sur les recommandations par pays qui ont été convenues.
Si les États membres ont réalisé des progrès dans la mise en uvre des recommandations par pays dans le domaine de la politique budgétaire et des politiques actives du marché du travail, tel nest pas le cas dans des domaines tels que la concurrence dans le secteur des services et lenvironnement des entreprises.
Tous les États membres devraient prendre des mesures pour corriger les déséquilibres macroéconomiques, en particulier les niveaux élevés dendettement, les excédents de la balance courante et les déséquilibres en matière de compétitivité.
Emploi et politiques sociales: les députés appellent à des efforts continus pour parvenir à un équilibre entre la dimension économique et la dimension sociale du processus du Semestre européen et pour promouvoir des réformes structurelles équilibrées sur le plan social et économique qui réduisent les inégalités et contribuent à créer des emplois décents, menant à un emploi de qualité, une croissance durable et des investissements sociaux.
Une attention accrue devrait être accordée aux déséquilibres structurels sur le marché du travail dans les recommandations par pays. De plus, limpact social des politiques européennes devrait être évalué.
La Commission est invitée, entre autres, à:
- consacrer des moyens suffisants à la lutte contre le chômage des jeunes, qui demeure intolérablement élevé dans lUnion, et à poursuivre linitiative pour lemploi des jeunes (IEJ) au-delà du terme de lactuel cadre financier pluriannuel (CFP);
- accorder une plus grande reconnaissance et une meilleure visibilité aux entreprises déconomie sociale;
- présenter des propositions ambitieuses en vue dun socle européen des droits sociaux;
- étudier les moyens de définir ce quun salaire décent pourrait englober et la manière de le chiffrer;
- mettre en place tous les mécanismes appropriés en vue dune plus grande mobilité des jeunes, y compris en apprentissage.
Le rapport appelle de ses vux une stratégie intégrée de lutte contre la pauvreté afin datteindre lobjectif de réduction de la pauvreté dEurope 2020, et demande que les États membres travaillent à la mise en place progressive de régimes de revenu minimal.
Les députés demandent enfin que les Fonds structurels et dinvestissement européens (Fonds ESI) soient utilisés de manière plus efficace en vue de promouvoir les investissements dans les services sociaux, de santé, éducatifs et demploi de qualité, et de lutter contre la pauvreté énergétique, laugmentation du coût de la vie, lexclusion sociale, la privation de logement et la qualité insuffisante du parc de logements.