Plan d'action sur les services financiers au détail
La commission des affaires économiques et monétaires a adopté un rapport dinitiative dOlle LUDVIGSSON (S&D, SE) sur le plan daction sur les services financiers de détail.
LEurobaromètre spécial 446 conclut que, pour ce qui est des produits et services financiers, les Européens continuent dacheter principalement dans leur propre pays et expriment rarement le besoin davoir accès à ces services à létranger, bien que certains obstacles réels les en empêchent également.
Favoriser lessor dun marché de services financiers de détail efficace: les députés estiment que des mesures urgentes sont nécessaires pour faciliter des innovations bénéfiques aux utilisateurs finaux tout en libérant le potentiel du marché unique des services financiers de détail. Cela stimulerait la compétitivité, ferait baisser les prix et augmenterait le choix et la diversité des produits.
Même si la Commission a tenu compte de certaines des préoccupations exprimées par le Parlement européen dans son rapport sur le livre vert sur les services financiers de détail, les députés estiment que le plan daction nest pas à la hauteur de lambition de créer un environnement réglementaire qui favorise la transparence, la croissance et linnovation, ainsi quun niveau élevé de confiance de la part des entreprises et des consommateurs dans les produits financiers de détail.
La commission compétente estime quil est contraire aux principes du marché intérieur des services financiers de détail dexiger des consommateurs quils soient résidents de lÉtat membre dans lequel le produit financier est proposé ou quils possèdent une carte nationale didentité délivrée par cet État membre afin dobtenir effectivement ce produit.
Recommandations: le rapport formule un certain nombre de recommandations afin davancer vers un véritable marché unique des services financiers de détail axé sur les technologies, comme par exemple:
- proposer une modification du règlement (CE) nº 924/2009 du Parlement européen et du Conseil concernant les paiements transfrontaliers dans la Communauté en vue de réduire les frais facturés sur les transactions en monnaies autres que leuro;
- accroître la transparence dans le domaine de la conversion de devises afin que les consommateurs puissent choisir les tarifs les plus avantageux et avoir connaissance des frais et des coûts supplémentaires liés aux transactions, aux paiements effectués à létranger et aux retraits dargent depuis un distributeur automatique de billets, y compris lorsquils recourent au change dynamique;
- permettre aux consommateurs de passer plus facilement à des services financiers de détail plus avantageux dans lensemble de lUnion, de résilier des contrats financiers, demprunter et daccéder à dautres services financiers disponibles au-delà des frontières, notamment aux produits dassurance transfrontières, tels que lassurance des véhicules à moteur;
- présenter des initiatives législatives conçues spécifiquement pour le secteur financier afin de mettre fin au blocage géographique injustifié;
- assurer une plus grande qualité des sites internet comparateurs: les députés insistent à cet égard sur lutilité dun portail de comparaison bien organisé et facile à utiliser à léchelle de lUnion couvrant lensemble des marchés financiers de détail européens;
- promouvoir des outils tels que des guichets uniques en vue dintensifier la concurrence et doffrir une assistance aux entreprises de services financiers de détail;
- amender la directive concernant lassurance automobile afin de garantir lindemnisation des victimes dun accident de la route et de faciliter la portabilité et la reconnaissance transfrontières du bonus de bon conducteur;
- examiner si des initiatives sont nécessaires en ce qui concerne les loueurs de voitures qui vendent des produits dassurance, en vue de garantir une tarification transparente couvrant lensemble des sociétés de location de voitures des États membres;
- faciliter laccès transfrontière aux crédits à la consommation en accordant la priorité à la lutte contre le surendettement des consommateurs: les députés demandent des mesures sur la coordination des informations relatives à la dette afin que chaque créancier connaisse le niveau dendettement dun client avant de lui accorder davantage de crédit. Toute personne concernée aurait le droit dobtenir des explications sur les décisions prises par traitement automatisé et de contester ces décisions;
- évaluer si les règles et pratiques nationales relatives à la protection des consommateurs ne constituent pas des obstacles injustifiés aux investissements transfrontaliers: bon nombre des formalités administratives quexécutent les fournisseurs de produits et services financiers de détail en réponse à la législation de lUnion ne sont en réalité pas strictement obligatoires et ne profitent dans la pratique que peu, voire pas du tout, aux consommateurs;
- harmoniser autant que possible les obligations dinformation à légard du client prévues par les divers actes juridiques européens de façon à permettre laccès à des informations pertinentes et compréhensibles en évitant une bureaucratie et des coûts inutiles sans pour autant sacrifier les avantages pour la protection des consommateurs;
- mettre en place un cadre solide et cohérent de transparence pour les consommateurs, exempt de toute complexité inutile pour les prestataires de services financiers et qui instaure la convergence de la surveillance entre les États membres;
- proposer des normes et principes dévaluation de la solvabilité harmonisés et transfrontaliers afin de mieux atténuer le risque daccroissement du surendettement lié à la simplification du crédit en ligne paneuropéen;
- promouvoir les technologies financières pour les services financiers de détail à la lumière de la résolution du Parlement sur la technologie financière en vue daméliorer la protection des consommateurs, la sécurité, linnovation et la concurrence loyale, et de sassurer que le principe «mêmes services, mêmes risques, mêmes règles, même surveillance» sapplique à toutes les entreprises, où quelles se trouvent et quel que soit leur secteur;
- lever les obstacles réglementaires à lutilisation de systèmes de signature électronique paneuropéens pour souscrire des services financiers. Pour ce faire, la Commission devrait se fonder sur les travaux liés au règlement eIDAS;
- adapter le cadre juridique existant de lUnion au monde numérique afin de contrer les risques en matière de protection des consommateurs liés à la vente en ligne à distance.
Le rapport souligne toutefois la nécessité de conserver les prestations des banques traditionnelles qui fournissent un service public essentiel, en particulier aux PME, aux personnes âgées et aux consommateurs vulnérables, qui sont moins enclins à recourir aux services bancaires électroniques. Il reconnaît que la fermeture dagences peut avoir des effets extrêmement négatifs sur les territoires concernés.