Politiques économiques de la zone euro
Le Parlement européen a adopté par 382 voix pour, 176 contre et 51 abstentions, une résolution sur les politiques économiques de la zone euro.
Contexte: les députés ont rappelé que selon les prévisions de la Commission, le taux de croissance du PIB en 2017 devrait rester stable à 1,7% dans la zone euro (1,8% en 2016) et à 1,9% pour lUnion dans son ensemble, chiffres meilleurs quavant la crise mais tout de même insuffisants pour créer de nouveaux emplois dans les États membres.
En avril 2017, les taux de chômage de la zone euro et de lUE-28 sélevaient respectivement à 9,3% et à 7,8%, mais avec des écarts importants entre les États membres où ces taux varient de 3,2% à 23,2%. En outre, le rapport dette publique/PIB de la zone euro devrait sétablir à 90,3% en 2017 et à 89% en 2018.
Politiques structurelles: le Parlement a estimé que la croissance inégale et la situation de lemploi dans la zone euro nécessitaient une meilleure coordination des politiques économiques, en particulier grâce à une bonne mise en uvre des recommandations par pays dans le cadre du Semestre européen. Les réformes devraient tenir compte de la situation et des défis particuliers à chaque État membre.
Soulignant que le chômage important et persistant des jeunes représentait un risque structurel à long terme, les députés ont plaidé pour la mise en uvre de réformes structurelles durables pour sattaquer en priorité aux chômage de longue durée, à lutilisation non optimale des compétences et aptitudes par le marché du travail, au vieillissement des populations, ou aux niveaux élevés dendettement privé et public.
Le Parlement a invité les États membres à faire baisser les niveaux dendettement excessifs et sest prononcé en faveur dune stratégie européenne de lutte contre les prêts non productifs dont le niveau élevé pourrait mettre en péril la stabilité financière en Europe. Il a souligné la nécessité de réformes visant à améliorer le climat des affaires pour stimuler la productivité, la compétitivité tarifaire et non tarifaire, linvestissement et lemploi dans la zone euro.
La résolution a insisté sur la nécessité:
- de consentir des efforts supplémentaires pour renforcer laccès des PME au financement;
- de maintenir des taux demploi élevés là où ils ont déjà été atteints;
- de faire évoluer les salaires de manière responsable dans une optique de croissance;
- de mettre en place des réformes de la fiscalité en vue daméliorer la perception de limpôt, de prévenir la fraude et lévasion fiscales, et de sattaquer au problème de la pression fiscale élevée qui pèse sur le travail en Europe.
Investissements: compte tenu du déficit dinvestissement dans la zone euro, le Parlement a déclaré que la reprise économique devrait être soutenue par des investissements publics et privés, en particulier dans léducation, linnovation ainsi que la recherche et le développement afin de mieux sadapter à léconomie de la connaissance. Lachèvement de lunion des marchés des capitaux permettrait également dattirer et accroître linvestissement et daméliorer le financement de la croissance et la création demplois.
Politiques budgétaires: les députés ont souligné que ladoption de politiques budgétaires prudentes et prévoyantes était indispensable pour garantir la stabilité de la zone euro et de lUnion dans son ensemble. Ils ont rappelé quune forte coordination des politiques budgétaires, lapplication correcte et le respect des règles de lUnion dans ce domaine, y compris des clauses de flexibilité prévues par le pacte de stabilité et de croissance, constituaient une obligation légale pour le bon fonctionnement de lUnion économique et monétaire (UEM).
Soulignant la nécessité de rendre les finances publiques viables tout en encourageant la croissance économique et lemploi, le Parlement a insisté sur le fait que des paiements de taux dintérêt peu élevés, des politiques monétaires accommodantes ainsi que des mesures ponctuelles atténuant la charge de la dette actuelle ne sont que temporaires.
Recommandations par pays: les députés ont réclamé davantage dengagement de la part des États membres afin quils prennent les mesures politiques nécessaires en sappuyant sur les recommandations par pays qui ont été convenues.
Si les États membres ont réalisé des progrès dans la mise en uvre des recommandations par pays dans le domaine de la politique budgétaire et des politiques actives du marché du travail, tel nest pas le cas dans des domaines tels que la concurrence dans le secteur des services et lenvironnement des entreprises.
Tous les États membres devraient prendre des mesures pour corriger les déséquilibres macroéconomiques, en particulier les niveaux élevés dendettement, les excédents de la balance courante et les déséquilibres en matière de compétitivité.
Emploi et politiques sociales: le Parlement a appelé à des efforts continus pour parvenir à un équilibre entre la dimension économique et la dimension sociale du processus du Semestre européen et pour promouvoir des réformes structurelles équilibrées sur le plan social et économique qui réduisent les inégalités et contribuent à créer des emplois décents, menant à un emploi de qualité.
Une attention accrue devrait être accordée aux déséquilibres structurels sur le marché du travail dans les recommandations par pays. De plus, limpact social des politiques européennes devrait être évalué.
La Commission et les États membres ont été invités à:
- consacrer des moyens suffisants à la lutte contre le chômage des jeunes en poursuivant linitiative pour lemploi des jeunes (IEJ) au-delà du terme de lactuel cadre financier pluriannuel (CFP) et en renforçant la mise en uvre de la garantie pour la jeunesse;
- renforcer lefficacité des politiques du marché du travail grâce à des financements mettant laccent sur lenvironnement, lemployeur, le travailleur, la santé et la protection des consommateurs;
- accorder une plus grande reconnaissance et une meilleure visibilité aux entreprises déconomie sociale;
- renforcer le dialogue social, la négociation collective et la position des travailleurs dans le système de fixation des salaires;
- présenter des propositions ambitieuses en vue dun socle européen des droits sociaux;
- étudier les moyens de définir ce quun salaire décent pourrait englober et la manière de le chiffrer;
- mieux coordonner au niveau européen la gestion des régimes de sécurité sociale;
- renforcer la protection contre les discriminations et contre les licenciements abusifs liés à léquilibre entre vie professionnelle et vie privée;
- mettre en place tous les mécanismes appropriés en vue dune plus grande mobilité des jeunes, y compris en apprentissage.
Le Parlement a appelé de ses vux une stratégie intégrée de lutte contre la pauvreté afin datteindre lobjectif de réduction de la pauvreté dEurope 2020, et demandé que les États membres travaillent à la mise en place progressive de régimes de revenu minimal assurant une couverture et une utilisation suffisantes.
Les députés ont enfin demandé que les Fonds structurels et dinvestissement européens (Fonds ESI) soient utilisés de manière plus efficace en vue de promouvoir les investissements dans les services sociaux, de santé, éducatifs et demploi de qualité, et de lutter contre la pauvreté énergétique, laugmentation du coût de la vie, lexclusion sociale, la privation de logement et la qualité insuffisante du parc de logements.