Mise en application de la directive 2011/92/UE relative à la lutte contre les abus sexuels et l'exploitation sexuelle des enfants, ainsi que la pédopornographie
La commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures a adopté un rapport dinitiative dAnna Maria CORAZZA BILDT (PPE, SE) sur la mise en uvre de la directive 2011/93/UE du Parlement européen et du Conseil du 13 décembre 2011 sur la lutte contre les abus sexuels et l'exploitation sexuelle des enfants, ainsi que la pédopornographie.
Même si les députés ont considéré que la directive 2011/93/UE constitue un instrument solide et exhaustif dans la lutte contre les abus sexuels et lexploitation sexuelle des enfants, ils ont déploré le fait que les États-membres ont fait face à dimportants problèmes dans la mise en uvre des dispositions de la directive concernant la prévention, les enquêtes et les poursuites, ainsi que la protection et lassistance aux victimes. Les députés ont exhorté les États-membres à sassurer de la transposition effective de la directive.
Concernant le droit pénal positif: la commission compétente sest inquiétée du fait que certains États-membres navaient pas transposé dans leur intégralité les dispositions sur les crimes concernant : i) lexploitation sexuelle, ii) les abus sexuels commis lorsque lauteur abuse dune relation de confiance, dautorité ou dinfluence, et iii) la responsabilité des personnes morales.
La commission sest inquiétée en particulier:
- des menaces et risques posés par la pédopornographie en ligne, en particulier sagissant du recrutement en ligne denfants, ainsi que de la prédation sexuelle et dautres formes dincitations;
- de laugmentation des diffusions en continu (live streaming) dabus sexuels sur des enfants;
- de nouvelles formes de cybercriminalité, telles que le «revenge porn» et lextorsion sexuelle, qui affectent beaucoup de jeunes, en particuliers des adolescentes.
Les députés ont demandé aux États-membres de trouver des moyens de répondre à ces problématiques.
Enquête et poursuites: le rapport a appelé les États-membres à allouer les ressources humaines et financières adéquates pour la police et les autorités judiciaires, y compris une formation spécifique pour les forces de police et les enquêteurs. Il a réclamé une augmentation des ressources réservées à lidentification des victimes, et a enjoint neuf des États-membres nayant pas encore transposé les dispositions sur lidentification des victimes à le faire sans délai et à les mettre en uvre en créant des équipes dinvestigation spéciales équipées des ressources et doutils appropriés.
Les députés ont insisté sur la nécessité:
· daméliorer la coopération entre les forces de polices, y compris via un usage renforcé des équipes dinvestigation conjointes;
· dintensifier les efforts pour combattre le tourisme axé sur lexploitation sexuelle des enfants et de poursuivre les responsables et leurs complices.
Prévention : les États membres sont priés de :
· mettre en place des programmes de prévention et dintervention efficaces pour toutes les autorités, éducateurs et intervenants en contact avec des enfants pour mieux évaluer les risques de commettre un crime;
· mettre en uvre des mesures appropriées, telles que le renforcement de la sensibilisation du public, et des programmes déducation dédiés pour les autorités, les parents, les professeurs et les mineurs;
· partager les meilleures pratiques sur les matériaux déducation et les programmes de formation pour tous les acteurs impliqués afin daméliorer la sensibilité aux prédateurs sexuels et aux autres risques à la sécurité des enfants en ligne;
· introduire dans leur législation des vérifications obligatoires du casier judiciaire de personnes postulant pour des activités permettant davoir un accès aux enfants ou une autorité sur eux;
· déchanger des informations sur les prédateurs sexuels denfants, afin de les empêcher de se déplacer dun États-membre à lautre incognito ou dans le but de faire du volontariat avec des enfants ou des institutions soccupant denfants.
Assistance et protection des victimes: le rapport a appelé les États-membres à mettre en uvre de manière exhaustive la directive 2012/29/UE sur les droits des victimes de crimes, à adopter des mesures spécifiques pour protéger les enfants victimes et à partager les meilleures pratiques pour sassurer que les enfants reçoivent un assistance et un soutien adéquats.
Suppression et blocage: les députés ont regretté que la Commission nait pas réussi à collecter ou publier des données concernant: i) les types de blocages utilisés ; ii) le nombre de sites web sur des listes de blocage dans chaque pays ; iii) une vérification de lutilisation des méthodes de sécurité, comme le cryptage, pour sassurer que les listes de blocage ne fuitent pas.
La Commission a été appelée à faire des efforts pour rassembler linformation nécessaire en vue de déterminer les procédures utilisées dans les États-membres où aucun mécanisme de notification, aucune procédure de retrait et aucune mesure pénale ne sont en place et à lancer des procédures dinfraction contre les États-membres sils ne respectent pas les obligations de la directive 2000/31/CE en la matière.
Le Parlement devrait être tenu informé à intervalles réguliers sur létat des lieux en ce qui concerne le respect de la directive par les États-membres grâce à des données ventilées et comparables sur les résultats obtenus par les États membres en matière de prévention et de lutte contre les abus et lexploitation sexuels des mineurs en ligne et hors ligne.