Mise en oeuvre de la directive 2005/36/CE en ce qui concerne la réglementation et le besoin de réforme des services professionnels
La commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs a adopté un rapport dinitiative de Nicola DANTI (S&D, IT) sur la mise en uvre de la directive 2005/36/CE en ce qui concerne la réglementation et le besoin de réforme des services professionnels.
Contexte: la directive 2005/36/CE du Parlement européen et du Conseil prévoit une reconnaissance automatique pour un nombre limité de professions, qui se fonde sur lharmonisation des exigences minimales de formation, un système général de reconnaissance des titres de formation, un système de reconnaissance automatique de lexpérience professionnelle, et un nouveau régime pour les prestations de services transfrontalières dans le cadre des professions réglementées.
En 2013, la directive 2013/55/UE modifiant la directive 2005/36/CE a introduit dans son article 59 un exercice de transparence et dévaluation mutuelle pour toutes les professions réglementées dans les États membres, quelles soient réglementées sur la base de règles nationales ou sur la base de règles harmonisées au niveau de lUnion.
Conformément à larticle 59 de la directive 2005/36/CE, la Commission devrait présenter, dici le 18 janvier 2017, ses conclusions sur lexercice dévaluation mutuelle, accompagnées le cas échéant de propositions de nouvelles initiatives. Le 10 janvier 2017, la Commission a présenté une communication qui analyse la réglementation professionnelle dans sept secteurs dactivité et adresse des recommandations aux États membres à cet égard.
Bilan de la mise en uvre de larticle 59 de la directive 2005/36/CE: les députés soulignent le rôle fondamental des professions réglementées dans léconomie de lUnion. Il existe plus de 5.500 professions réglementées dans toute lUnion, ce qui représente 22 % de la main-duvre dans tous les secteurs dactivités. Les députés estiment, en outre, que la qualité des services professionnels est primordiale pour préserver le modèle économique, social et culturel européen.
Dans le cadre dune évaluation globale de la communication de la Commission européenne, le rapport identifie les principaux aspects de la mise en uvre de larticle 59 de la directive 2005/36/CE et rappelle limportance des réglementations professionnelles dans la sauvegarde des objectifs légitimes dintérêt général.
Les députés soulignent en particulier la nécessité daméliorer la transparence et la comparabilité des exigences nationales régissant laccès aux professions réglementées ou leur exercice en vue de permettre une plus grande mobilité professionnelle. Aussi, toutes les exigences nationales devraient être rendues accessibles au public dans la base de données des professions réglementées, dans un langage clair et compréhensible. La Commission est invitée à:
- poursuivre lamélioration de la base de données des professions réglementées;
- améliorer la comparabilité des différentes professions;
- définir un socle commun dactivités pour chaque profession indiquée dans la base de données afin de favoriser une harmonisation volontaire à travers lUnion.
Les États membres sont invités pour leur part à:
- appliquer pleinement larticle 59 de la directive 2005/36/CE et à intensifier leurs efforts afin de garantir une plus grande transparence de leurs réglementations professionnelles;
- impliquer davantage toutes les parties intéressées, non seulement pour lélaboration des plans daction nationaux, mais également en amont de la réforme de la réglementation des professions, afin de leur permettre dexprimer leurs opinions;
- adapter leur réglementation des services professionnels conformément aux recommandations de réformes spécifiques contenues dans la communication de la Commission du 10 janvier 2017.
La Commission, en tant que gardienne des traités, devrait prendre des mesures et engager des procédures dinfraction lorsquelle identifie une réglementation discriminatoire, injustifiée ou disproportionnée.
Indicateur de restrictivité: la Commission a conçu un nouvel indicateur sur la restrictivité de la réglementation professionnelle. Le rapport analyse lutilité de cet indicateur et la nécessité de promouvoir des services de haute qualité en Europe. Il souligne que cet indicateur ne devrait être utilisé quà titre indicatif, puisquil ne permet pas de déterminer quune réglementation éventuellement plus stricte dans certains États membres est disproportionnée.
En outre, les députés rappellent que lanalyse dimpact des réglementations dans les États membres devrait être soumise à une évaluation tant quantitative que qualitative qui tienne compte des objectifs dintérêt général et de la qualité du service fourni, notamment des avantages potentiels pour les citoyens et pour le marché du travail.
Avenir des professions réglementées: le rapport souligne la nécessité de disposer dun cadre réglementaire efficace dans lUnion et dans les États membres, le besoin de concevoir des politiques efficaces et coordonnées pour soutenir les professionnels dans lUnion ainsi que pour renforcer la compétitivité, la capacité dinnovation et la qualité des services professionnels dans lUnion.
Les députés insistent en outre sur limportance de léducation, du développement des compétences et de la formation à lentrepreneuriat pour que les professionnels européens restent compétitifs et capables de faire face aux transformations qui touchent les professions libérales du fait de linnovation, de la numérisation et de la mondialisation.
Ils se félicitent à cet égard que la Commission soit consciente de la nécessité dengager une réflexion sur lincidence des nouvelles technologies dans le domaine des services professionnels, en particulier dans les secteurs juridiques et comptables où les procédures pourraient être améliorée.