Résolution sur la situation du peuple Rohingya
Le Parlement européen a adopté une résolution sur la situation du peuple Rohingya.
Le texte adopté en plénière avait été déposé en tant que résolution commune par les groupes PPE, S&D, ECR, ALDE, GUE/NGL, Verts/ALE et EFDD.
Pour rappel, les Rohingyas sont lune des minorités les plus persécutées au monde. La loi de 1982 sur la citoyenneté birmane les prive de la pleine citoyenneté et des droits associés et fait deux des apatrides. Les Rohingyas sont en grande partie confinés dans des campements et subissent de graves restrictions à leur liberté de circulation au sein et en dehors de lÉtat de Rakhine.
Depuis août 2017, plus de 646.000 Rohingyas ont trouvé refuge au Bangladesh voisin, dans des conditions atroces. Les meurtres, les viols et les tortures de Rohingyas et les incendies de leurs villages sont utilisés pour endommager durablement la structure sociale de la minorité Rohingya et traumatiser la population.
Le 10 septembre 2017, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de lhomme, Zeid Raad Al Hussein, a déclaré que la situation en Birmanie/au Myanmar «semble être un exemple classique de nettoyage ethnique».
Les gouvernements de la Birmanie/du Myanmar et du Bangladesh ont signé un protocole daccord non contraignant qui devrait garantir le retour en toute sécurité des réfugiés Rohingyas qui ont fui au Bangladesh. La VP/HR a qualifié la signature du protocole daccord davancée importante en vue de faire face à lune des pires crises humanitaires et liées aux droits de lhomme de notre temps.
Condamnant fermement la persistance de la violence et des massacres, lusage systématique de la force et les pertes de vies humaines, de moyens de subsistance et de logements dans lÉtat de Rakhine, le Parlement a appelé à la fin immédiate de la violence, du massacre et du harcèlement des Rohingyas et des viols perpétrés à leur encontre ainsi que de la destruction de leurs foyers par les forces de sécurité birmanes.
Le Parlement a demandé aux autorités de la Birmanie/du Myanmar daccorder un accès à des observateurs indépendants, notamment la mission denquête des Nations unies créée par le Conseil des droits de lhomme en mars 2017, afin de garantir lindépendance et limpartialité des enquêtes sur les allégations de violations graves des droits de lhomme par toutes les parties. Lorsquil existe des preuves de violations des droits de lhomme, les responsables doivent être poursuivis dans le cadre dun procès équitable devant des tribunaux civils indépendants qui nappliquent pas la peine de mort.
Le gouvernement du Myanmar est exhorté à :
- accorder aux médias nationaux et internationaux un accès intégral et sans entrave à lÉtat de Rakhine et de veiller à la sûreté et à la sécurité des journalistes ;
- cesser immédiatement dutiliser des mines terrestres et denlever toutes celles quil a déjà posées, y compris celles récemment installées le long de la frontière avec le Bangladesh ;
- faire cesser la discrimination persistante et systématique ;
- modifier la loi sur la citoyenneté et à fournir aux résidents Rohingyas la documentation légale de citoyenneté afin quils soient acceptés en tant que minorité ethnique et que leur droit à lauto-identification soit respecté ;
- délivrer des cartes didentité sans mention de lappartenance religieuse ;
- faire en sorte que les résidents Rohingyas soient en mesure de se déplacer librement dans lÉtat de Rakhine et dans le reste du pays, et notamment que leurs droits daccès aux soins de santé, à léducation et à lemploi soient garantis ;
LUE et les Etats-membres sont appelés à :
- accroître leur aide financière et matérielle à lhébergement des réfugiés ;
- soutenir une enquête approfondie sur lampleur du phénomène de la violence sexuelle et dautres crimes à lencontre des Rohingyas ;
- mettre un terme à la traite des femmes et jeunes filles et à fournir aux femmes et aux jeunes filles qui en sont victimes une protection et un soutien ;
- adopter de toute urgence des sanctions punitives ciblées à lencontre dindividus dans larmée ou dans les services de sécurité responsables de nombreuses violations des droits de lhomme en Birmanie/au Myanmar ;
- intensifier la pression sur les responsables du blocage de mesures concrètes, notamment sur la Chine et la Russie ;
- élargir la portée de lembargo sur les armes en vigueur contre la Birmanie/le Myanmar ;
- inviter le Conseil de sécurité des Nations unies à imposer un embargo total sur les armes en Birmanie/au Myanmar en suspendant la fourniture, la vente et le transfert directs et indirects.