Résolution sur la République démocratique du Congo
Le Parlement européen a adopté une résolution sur la République démocratique du Congo.
Le texte adopté en plénière avait été déposé par les groupes PPE, S&D, ECR, ALDE, GUE/NGL et Verts/ALE.
Un an après la signature de laccord de la Saint-Sylvestre le 31 décembre 2016, la situation générale en République démocratique du Congo continue de se détériorer dans tout le pays, marqué par une répression violente, des meurtres et de multiples violations des droits de lhomme.
La crise politique sest intensifiée après que le président Kabila a refusé de quitter ses fonctions en 2016 à la fin de son mandat prévue par la Constitution. En vertu de laccord de la Saint-Sylvestre conclu sous les auspices de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), les élections devaient se tenir en décembre 2017 au plus tard. Ce délai na pas été respecté et la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a annoncé que les élections auraient lieu le 23 décembre 2018.
Lannée 2017 a été lune des années les plus violentes dans lhistoire récente de la République démocratique du Congo, et lONU a qualifié la situation en République démocratique du Congo durgence humanitaire de niveau 3, le niveau le plus élevé.
La RDC affiche le plus grand nombre jamais enregistré de personnes nouvellement déplacées à lintérieur du pays à cause dun conflit. Plus de 1,9 million de personnes ont été déplacées à lintérieur du pays depuis janvier 2017, ce qui porte le nombre total de personnes déplacées à 4,25 millions, la plupart dans les provinces du Kasaï, du Tanganyika et du Kivu. La République démocratique du Congo accueille aussi des réfugiés qui fuient le Burundi, la République centrafricaine et le Soudan du Sud. LUnion européenne a débloqué 5 millions deuros daide durgence en faveur des populations victimes des violences au Kasaï.
Le Parlement sest également inquiété de laugmentation des enlèvements et des attaques dont sont victimes les travailleurs humanitaires et les agents des forces de maintien de la paix.
Réitérant ses préoccupations concernant laggravation de la situation humanitaire, politique et en matière de sécurité en RDC, le Parlement a fortement condamné toutes les violations des droits de lhomme et les actes de violence, en particulier à lencontre de manifestants pacifiques, y compris linterdiction des manifestations pacifiques ainsi que les mesures dintimidation, les arrestations et les placements en détention de toutes les voix dissidentes.
Les autorités congolaises ont été appelées à :
- libérer immédiatement et sans condition tous les prisonniers dopinion et à mener une enquête indépendante sur la répression violente des manifestations de décembre 2017 et sur la découverte de fosses communes ;
- respecter pleinement la régularité de la procédure législative et à aligner les projets de lois sur les normes internationales et régionales de protection et de promotion des droits de lhomme ;
- respecter pleinement les conditions énoncées dans laccord de Cotonou et dans laccord de la Saint-Sylvestre, en particulier le droit à la liberté dexpression ainsi que la liberté de réunion et de manifestation ;
- mettre fin à lutilisation des enfants soldats ;
- renforcer la protection des femmes et des enfants face au viol, aux violences sexuelles et à la torture.
Le Parlement a enjoint lUE et les États-membres à :
- renforcer le soutien et la protection quils apportent aux défenseurs des droits de lhomme ;
- donner la priorité au respect des droits de lhomme. A cet égard, le Parlement a rappelé quil importe dexiger des comptes de la part des auteurs des violations des droits de lhomme et dautres actions qui compromettent la possibilité dune solution consensuelle et pacifique en RDC ;
- envisager dutiliser des moyens supplémentaires si la situation continue à se détériorer et quaucun progrès significatif nest réalisé dans la recherche dune solution pacifique ;
- renforcer laide humanitaire pour faire face à lépidémie de choléra ;
- accroître leur assistance financière et leur aide humanitaire, par lintermédiaire dorganisations fiables, afin de répondre aux besoins urgents de la population ;
- prendre les mesures qui simposent contre les entreprises européennes qui ne respectent pas les normes internationales ou qui nindemnisent pas de manière satisfaisante les victimes de violations des droits de lhomme relevant directement ou indirectement de leur responsabilité.
En dernier lieu, le Parlement a appelé à une mise en uvre rapide de laccord auquel les États membres sont parvenus le 15 juin 2016 sur le règlement de lUnion européenne relatif aux «minerais de conflits» et la poursuite des travaux au niveau de lUnion européenne et des Nations unies visant à développer une législation internationale sur le sujet.