Mise en œuvre de l'initiative pour l'emploi des jeunes dans les États membres
Le Parlement européen a adopté par 512 voix pour, 50 contre et 63 abstentions, une résolution
sur la mise en uvre de l'initiative pour l'emploi des jeunes (IEJ) dans les États membres.
La crise financière et économique a provoqué une forte montée du taux de chômage, qui est passé de 15% en 2008 à un niveau record de 24% au début de lannée 2013, ce taux moyen masquant des écarts considérables entre les États membres et les régions.
Même si le taux de chômage des jeunes dans lUE-28 a baissé de façon constante pour passer sous la barre des 17% en 2017, le chômage reste à un niveau élevé chez les jeunes. Seuls lAutriche, la République tchèque, les Pays-Bas, Malte, la Hongrie et lAllemagne enregistrent un taux ne dépassant pas 11%.
Pour rappel, en 2013, le Conseil a adopté une recommandation créant la garantie pour la jeunesse (GJ), en vertu de laquelle les États membres sengagent à faire en sorte que les jeunes reçoivent une offre de qualité portant sur un emploi, une formation continue, un apprentissage ou un stage dans les quatre mois suivant leur sortie du système éducatif ou la perte de leur emploi.
Parallèlement, le Conseil européen a approuvé la création de linitiative pour lemploi des jeunes (IEJ) comme principal instrument budgétaire de lUnion - en relation avec le Fonds social européen (FSE) - visant à aider les régions des États membres qui connaissent des taux de chômage des jeunes particulièrement élevés, notamment par la mise en place de dispositifs de garantie pour la jeunesse.
On estime que 16 millions de jeunes qui ne travaillent pas et ne suivent pas détudes ni de formation (NEET) ont participé à des systèmes de garantie pour la jeunesse et que linitiative pour lemploi des jeunes a apporté une aide directe à plus de 1,6 million de jeunes dans lUnion européenne.
Objectifs: le principal objectif de lIEJ et de la GJ est datteindre les NEET, qui risquent le plus dêtre exclus de la société, tout en prenant en compte que le terme NEET couvre plusieurs sous-groupes de jeunes avec divers besoins. Les députés ont déploré le fait que les États-membres aient choisi de sengager seulement via linstrument non contraignant de la recommandation du Conseil, soulignant que lobjectif de la GJ était loin dêtre atteint dans nombre dÉtats-membres.
Pour être efficace, une stratégie en faveur de lemploi des jeunes devrait réunir autour dune table ronde les parties intéressées, tenir compte du contexte territorial dans lequel elle sera appliquée et fournir une formation ciblée qui réponde aux besoins des entreprises, tout en les rapprochant des attentes et des compétences des jeunes.
De plus, les normes fondamentales du travail ainsi que dautres normes relatives à la qualité du travail, telles que le temps de travail, le salaire minimal, la sécurité sociale ainsi que la santé et la sécurité au travail, devraient être des éléments essentiels à prendre en compte dans le cadre des efforts déployés.
Atteindre les jeunes les plus exclus: le Parlement a invité les États membres à concevoir des stratégies de communication adaptées pour atteindre tous les NEET et à rendre disponibles une assistance et des services plus individualisés afin de soutenir les jeunes particulièrement difficiles à réintégrer. LIEJ et la GJ devraient être réellement accessibles aux personnes handicapées.
Veiller à la qualité des offres dans le cadre de linitiative pour lemploi des jeunes: les députés ont souligné la nécessité délaborer une définition globale, communément acceptée de ce que devrait être une «offre de qualité».
Dans ce contexte, ils ont précisé quun contrat de stage de qualité devrait offrir les garanties suivantes: i) un contrat écrit définissant des objectifs concrets et décrivant une formation de grande qualité; ii) un tuteur ou un superviseur désigné pour évaluer les performances du stagiaire à la fin du stage; iii) une durée de stage définie de façon précise; iv) la fixation dune limite au nombre de stages pouvant être effectués auprès dun même employeur; v) des clauses claires relatives à la protection sociale et à la rémunération.
Les États-membres ont été encouragés à:
- mettre à jour et réviser leurs programmes opérationnels dans le cadre de lIEJ avec la participation des partenaires sociaux et des organisations de la jeunesse pour adapter leurs actions aux besoins des jeunes et du marché du travail;
- améliorer la surveillance, les rapports et la qualité des données et garantir que des données fiables et comparables sur la mise en uvre de lIEJ soient collectées et rendues disponibles en temps voulu.
Préoccupés par les rapports faisant état dun usage inapproprié de mesures financées par lIEJ, (y compris des retards de paiement aux jeunes ou labus de stages) les députés ont exprimé leur volonté de combattre ce genre de pratiques.
Instrument de lUnion plus stable: le Parlement a souligné la nécessité dune stratégie pour transformer lIEJ en un instrument de financement de lUnion plus stable afin de lutter contre le chômage des jeunes dans laprès-2020, tout en assurant un déploiement simple et rapide des fonds. Il a insisté sur la nécessité daméliorer la qualité des offres au titre de lIEJ et de la GJ et appelé à un futur débat au sujet de la tranche dâge admissible.
En vue de collecter des informations et denquêter sur déventuelles pratiques abusives, le Parlement a proposé la mise en place dun service européen dassistance téléphonique contre la violation des droits des jeunes afin que ces derniers puissent directement signaler à la Commission toute expérience négative quant à leur participation aux mesures prévues.
Financement: les députés se sont inquiétés du risque que le financement européen remplace le financement national, là où il ne devrait quapporter une valeur ajoutée. Ils ont salué le fait quà la demande du Parlement, la conciliation relative au budget de lUE pour 2018 ait permis daugmenter la dotation spécifique pour lIEJ de 116.7 millions EUR, portant son total à 350 millions EUR en 2018. Ils ont estimé que le budget total de lIEJ nétait pas suffisant pour couvrir la demande actuelle et les ressources nécessaires pour sassurer que le programme atteigne ses objectifs.