Union bancaire. Rapport annuel 2017
La commission des affaires économiques et monétaires a adopté un rapport dinitiative de Sander LOONES (ECR, BE) sur lunion bancaire - rapport annuel 2017.
Les députés considèrent que lunion bancaire, en tant quobjectif fondamental pour garantir la stabilité financière de la zone euro et fondement indispensable dune réelle union économique et monétaire, devrait être renforcée. Des efforts supplémentaires sont toutefois nécessaires étant donné que l'Union bancaire reste incomplète tant qu'elle ne dispose pas d'un dispositif de soutien budgétaire au Fonds de résolution unique et d'un troisième pilier en ce qui concerne lassurance des dépôts.
Les risques en matière de stabilité financière existent toujours mais ils ont déjà été considérablement réduits depuis le début de la mise en place de lunion bancaire. Les députés estiment que les conditions économiques actuellement favorables représentent loccasion de faire avancer les réformes nécessaires à lachèvement de lunion bancaire.
Tests de résistance: le rapport prend acte des prochains tests de résistance de lABE en 2018. Il invite lABE, le CERS, la BCE et la Commission à utiliser des méthodes, des scénarios et des hypothèses cohérents au moment de concevoir les tests de résistance. Il souligne néanmoins que la solidité dune banque ne peut être uniquement mesurée par une évaluation à un moment donné de ses bilans. De plus, les tests de résistance propres à la BCE pour les banques supplémentaires sous sa supervision gagneraient à être plus transparents.
Surveillance: le rapport salue lamélioration, grâce à lunion bancaire, de léchange dinformations pertinentes entre les autorités de surveillance ce qui permet, entre autres, daméliorer les exercices comparatifs et de procéder à une surveillance plus globale des groupes bancaires internationaux.
Léchange dinformations et la coordination entre la surveillance bancaire de la BCE et le CRU devraient être améliorés, en particulier en ce qui concerne les questions cruciales, à savoir si un établissement est admissible ou non à la recapitalisation préventive et sil présente une défaillance avérée ou prévisible.
Le rapport souligne la nécessité: i) de clarifier les modalités du recours aux examens de qualité des actifs dans loptique de déterminer si les conditions de la recapitalisation préventive sont remplies; ii) daccroître la transparence pendant lévaluation de la solvabilité des établissements de crédit et pendant lexamen des décisions en matière de résolution.
Prêts non performants: inquiets de la présence dun grand volume de prêts non performants dans certains pays, les députés invitent la Commission à proposer des initiatives législatives ou non législatives pour favoriser la diffusion dinformations aux investisseurs potentiels, la mise en place de sociétés de gestion dédiées (ou «structures de défaisance») et la création de marchés secondaires des prêts non performants afin de sattaquer au problème persistant des prêts non performants.
Risques liés à la dette souveraine: les députés relèvent quau sein de certains États membres, les établissements financiers ont investi de manière excessive dans des obligations délivrées par leur propre gouvernement, ce qui constitue une préférence domestique abusive. Ils jugent souhaitable qu'il y ait plus de diversité dans les portefeuilles de titres souverains des banques afin de limiter les risques pour la stabilité financière.
Les députés soulignent également la nécessité de combler les lacunes relevées dans les modèles internes afin de rétablir leur crédibilité et de parvenir à des conditions de concurrence équitables entre les institutions.
Norme IFRS 9: le rapport souligne limportance de la procédure accélérée qui a permis de dégager un accord pour lintroduction de la norme internationale dinformation financière IFRS 9, ainsi que du régime transitoire pour lexemption de la limite applicable aux grands risques disponible pour les risques de certaines dettes publiques dÉtats membres libellées en devises dautres États membres.
Les députés estiment toutefois quune transition ne devrait pas retarder indûment lapplication de la norme IFRS. De plus, lincidence de cette norme sur la nature et laffectation de crédits par les banques devrait être surveillée. Le CERS et le MSU sont invités à examiner ces questions.
Proportionnalité: les députés font observer que les coûts élevés liés à la mise en uvre des obligations de surveillance risquent dêtre particulièrement difficiles à gérer pour les petites banques. Ils demandent que le principe de proportionnalité soit mieux pris en compte dans certaines procédures de surveillance par la BCE dans le cadre de ses activités de surveillance.
Brexit: le rapport salue le travail accompli en matière de promotion de la convergence de la surveillance dans le contexte du retrait du Royaume-Uni de lUnion européenne en vue de limiter lémergence de risques darbitrage réglementaire et prudentiel. Il souligne que tout modèle de coopération en matière de surveillance entre lUnion et le Royaume-Uni devrait respecter la stabilité financière de lUnion européenne ainsi que ses régimes et normes réglementaires et de surveillance et leur application.
Résolution: le rapport a salué le travail accompli par le CRU pour accroître sa capacité de résolution bancaire au niveau de lUnion. Il a néanmoins relevé que la planification des mesures de résolution nen était quà ses débuts.
Rappelant les objectifs de la directive établissant un cadre pour le redressement et la résolution des établissements de crédit et des entreprises dinvestissement (BRDD), les députés ont souligné que les mesures extraordinaires de soutien financier public devaient être prises uniquement pour remédier aux conséquences dune perturbation grave de léconomie et préserver la stabilité financière et quelles ne devaient pas être utilisées pour compenser des pertes que létablissement a subies ou est susceptible de subir dans un proche avenir. Tout soutien financier public extraordinaire devrait saccompagner, le cas échéant, de mesures correctrices.
Les députés ont par ailleurs salué la priorité accordée par le CRU à lamélioration de la résolvabilité des établissements de crédit, ainsi que les progrès accomplis dans la définition dobjectifs contraignants en matière dexigences minimales de fonds propres et dengagements éligibles propres à chaque établissement à un niveau consolidé.
Le rapport a souligné limportance de plans de résolution opérationnels et crédibles et que lexigence minimale de fonds propres et dengagements éligibles devrait tenir compte des modèles dentreprise des établissements pour garantir la résolvabilité de ces établissements. Le CRU devrait fournir une liste exhaustive des obstacles à la résolvabilité rencontrés dans les législations nationale et européenne.
Les députés ont également salué laccord conclu en matière dharmonisation avancée de la hiérarchisation des titres de créance non sécurisés. Ils ont invité les États membres à la mettre en application dans les meilleurs délais afin que les banques puissent émettre des titres de créance appartenant à la nouvelle catégorie dinsolvabilité et se constituer ainsi les réserves nécessaires.
Garantie des dépôts: les députés ont rappelé que la protection des dépôts est un intérêt commun pour tous les citoyens de lUnion et que lunion bancaire demeure incomplète sans son troisième pilier. Ils ont plaidé pour une harmonisation plus poussée des règles applicables aux systèmes de garantie des dépôts en vue de créer des conditions de concurrence équitables au sein de lunion bancaire.