Décharge 2016: entreprise commune ECSEL
OBJECTIF : présentation du rapport de la Cour des Comptes européenne sur les comptes annuels de lentreprise commune ECSEL, accompagné de la réponse de lentreprise commune.
CONTENU : conformément aux missions confiées à la Cour des Comptes par le Traité sur le fonctionnement de lUnion Européenne, la Cour présente au Parlement européen et au Conseil, dans le contexte dune procédure de décharge, une déclaration dassurance concernant la fiabilité des comptes annuels de chaque institution, organe ou agence de lUE, et la légalité et la régularité des transactions les soutenant, sur la base dun audit externe indépendant.
Cet audit sest focalisé sur les comptes annuels de lentreprise commune ECSEL (Composants et systèmes électroniques). Lentreprise commune ECSEL a pour objectif principal de contribuer au développement, dans lUnion européenne, dun secteur des composants et systèmes électroniques fort et compétitif au niveau mondial.
Déclaration dassurance : en accord avec les dispositions de larticle 287 du TFUE, la Cour a audité :
- les comptes de lentreprise commune ECSEL, constitués des états financiers et des états sur lexécution du budget pour lexercice clos le 31 décembre 2016 ;
- la légalité et la régularité des opérations sous-jacentes à ces comptes.
Opinion sur la fiabilité des comptes : selon la Cour, les comptes de lentreprise commune Bio-industries pour lexercice clos le 31 décembre 2016 présentent fidèlement, dans tous leurs aspects significatifs, la situation financière de lentreprise commune au 31 décembre 2016, le résultat de ses opérations, ses flux de trésorerie ainsi que létat de variation de lactif net pour lexercice clos à cette date, conformément à son règlement financier et aux règles comptables adoptées par le comptable de la Commission.
Justification de lopinion avec réserve sur la légalité et la régularité des paiements sous-jacents aux comptes : la Cour a noté que lentreprise commune ECSEL a repris les projets relevant du 7e PC, entamés par les entreprises communes Artemis et ENIAC. Les paiements effectués au titre de ces projets par lentreprise commune ECSEL en 2016 et correspondant aux certificats de prise en charge des coûts émis par les autorités de financement nationales des États participant à ECSEL se sont élevés à 118 millions deuros, soit 54 % du total des paiements opérationnels réalisés par lentreprise commune en 2016.
Les accords administratifs conclus avec les autorités de financement nationales par les entreprises communes Artemis et ENIAC sont restés dapplication lorsque celles-ci ont fusionné pour former lentreprise commune ECSEL. Ils stipulent que les autorités de financement nationales réalisent les audits ex post des paiements relatifs aux projets relevant du 7e PC pour le compte de lentreprise commune. Les stratégies daudit ex post des entreprises communes Artemis et ENIAC sappuyaient en grande partie sur les autorités de financement nationales pour ce qui est de laudit des déclarations de coûts relatives aux projets.
Lentreprise commune ECSEL a pris des mesures pour faire le point sur la mise en uvre des audits ex post par les autorités de financement nationales, et ces dernières lui ont communiqué des déclarations écrites selon lesquelles la mise en uvre de leurs procédures nationales fournit une assurance raisonnable quant à la légalité et à la régularité des opérations. En raison des variations significatives entre les méthodes et les procédures appliquées par les différentes autorités de financement nationales, lentreprise commune ECSEL nest cependant pas en mesure de calculer un taux derreur unique pondéré et fiable ni un taux derreur résiduel.
La Cour se trouve donc dans limpossibilité de déterminer si les audits ex post fonctionnent de façon efficace et si ce contrôle clé permet dobtenir une assurance suffisante quant à la légalité et à la régularité des opérations sous-jacentes pour les projets relevant du 7e PC.
La question des différences de méthodes et de procédures entre les autorités de financement nationales ne se pose plus en ce qui concerne la mise en uvre des projets relevant du programme Horizon 2020, car les audits ex post correspondants seront assurés par lentreprise commune ECSEL ou par la Commission.
Laudit a également révélé les points suivants :
- Gestion budgétaire et financière : la Cour a noté que le budget définitif disponible pour exécution au titre de lexercice 2016 comprenait 169,3 millions deuros de crédits dengagement et 245,6 millions deuros de crédits de paiement. Les taux dutilisation des crédits dengagement et des crédits de paiement se sont élevés respectivement à 99 % et à 91 %.
- Contrôles internes : informée, en 2012, que des procédures dinsolvabilité avaient été engagées contre deux bénéficiaires, lentreprise commune na toutefois cherché à recouvrer les préfinancements versés à ces bénéficiaires quen 2016. À cette date, la liquidation était terminée et lentreprise commune a dû renoncer à récupérer les 230.000 EUR quelle avait préfinancés.
- Conflits dintérêt : lentreprise commune ECSEL a adopté des règles en matière de prévention et de gestion des conflits dintérêts afin datténuer les risques liés à sa structure de gouvernance. En 2016, toutefois, elle na pas appliqué ces règles de façon cohérente.
Réponse de lentreprise commune : lentreprise commune a indiqué que la faillite des deux bénéficiaires est un héritage de lentreprise commune ENIAC, qui sest produite avant lintégration dENIAC dans lentreprise commune ECSEL. Des améliorations seront faites concernant la problématique des conflits dintérêts.