Assiette commune pour l'impôt sur les sociétés
La commission des affaires économiques et monétaires a adopté, suivant la procédure de consultation du Parlement, le rapport de Paul TANG (S&D, NL) sur la proposition de directive du Conseil concernant une assiette commune pour l'impôt sur les sociétés.
La commission a recommandé que le Parlement européen approuver la proposition de la Commission sous réserve des amendements suivants:
Les députés ont souligné que dans un contexte de mondialisation et de numérisation, le capital, en particulier le capital financier et intellectuel, était de plus en plus difficile à tracer et facile à manipuler dans loptique dune imposition à la source. La numérisation généralisée de nombreux secteurs de léconomie associée à lévolution rapide de léconomie numérique remet en question la cohérence des modèles de limpôt sur les sociétés applicables dans lUnion.
Objet: les députés demandent que la directive établisse un régime dassiette commune pour limposition de certaines sociétés dans lUnion et définisse les règles de calcul de cette assiette, en ce compris des dispositions relatives à la lutte contre lévasion fiscale et des mesures relatives à la dimension internationale du régime fiscal proposé.
Compte tenu de la nécessité dagir rapidement afin dassurer le bon fonctionnement du marché intérieur en rendant ce dernier, dune part, plus favorable aux échanges et à linvestissement et, dautre part, plus résistant face aux mécanismes dévasion fiscale, les députés estiment que la directive relative à une assiette commune pour l'impôt sur les sociétés et de la directive relative à une assiette commune consolidée pour l'impôt des sociétés devraient entrer en vigueur de manière simultanée.
Établissement stable dans un État membre dun contribuable qui est résident fiscal dans lUnion: les règles de la directive devraient sappliquer à une société constituée conformément à la législation dun État membre, y compris à ses établissements stables et à ses établissements stables numériques situés dans dautres États membres, lorsque la société remplit des conditions spécifiques, en particulier lorsquelle appartient à un groupe consolidé dont le chiffre daffaires consolidé total a dépassé 750 millions dEUR au cours de lexercice précédant lexercice concerné. Ce seuil devrait être progressivement abaissé à zéro sur une période maximale de sept ans.
Un amendement précise quun contribuable serait considéré comme ayant un établissement stable, pouvant sagir dun établissement stable numérique, dans un État membre autre que la juridiction dans laquelle il est résident fiscal lorsquil a dans cet autre État membre une installation professionnelle fixe ou une présence numérique par lintermédiaire de laquelle il exerce tout ou partie de son activité.
Si un contribuable résidant dans une juridiction donne accès à une plateforme numérique telle quune application, une base de données, un site de marché en ligne ou un espace de stockage électronique ou propose un moteur de recherche ou des services de publicité sur un site internet ou une application électronique, il serait réputé disposer dun établissement stable numérique dans un État membre autre que la juridiction dans laquelle il est résident fiscal si le total des revenus du contribuable ou dune entreprise associée tirés dopérations à distance effectuées dans le cadre de la plateforme numérique en question est supérieur à 5 millions dEUR par an dans la juridiction où il ne réside pas, si certaines conditions sont remplies.
Tout contribuable serait tenu de fournir aux autorités fiscales toutes les informations permettant de déterminer létablissement stable ou létablissement stable numérique.
Charges déductibles: pour les coûts de recherche et développement ne dépassant pas 20 millions dEUR et les coûts liés au personnel, le contribuable devrait bénéficiera dun crédit dimpôt équivalent à 10 % des charges.
Exemptions spécifiques: les députés ont introduit un nouvel article stipulant que les bénéfices non répartis mis en réserve par des entreprises ou des groupements coopératifs, tant pendant la période dactivité de lentreprise concernée quaprès son échéance, ainsi que les bénéfices distribués par des entreprises et des groupements coopératifs à leurs membres devraient être déductibles, pour autant que la législation fiscale nationale le permette.
Les États membres pourraient exclure du champ d'application un établissement stable:
- dont les bénéfices comptables ne sont pas supérieurs à 750.000 EUR et dont les revenus non commerciaux ne sont pas supérieurs à 75.000 EUR; ou
- dont les bénéfices comptables ne dépassent pas 10 % des coûts de fonctionnement pendant la période dimposition.
Numéro didentification fiscale européen: la Commission devrait présenter une proposition législative en vue dun numéro européen didentification fiscale commun et harmonisé dici au 31 décembre 2018, afin de rendre léchange automatique dinformations fiscales plus efficace et fiable au sein de lUnion.
Échange automatique obligatoire d'informations en matière fiscale: afin de garantir la transparence, l'échange d'informations en matière fiscale serait automatique et obligatoire, conformément à la directive 2011/16/UE du Conseil. Les États membres devraient allouer le personnel et les ressources appropriées à leurs administrations fiscales, ainsi que des ressources pour la formation du personnel de ladministration fiscale pour garantir la mise en uvre de la directive.
Mesures contre lutilisation abusive des conventions fiscales: les députés ont proposé que les États membres modifient leurs conventions fiscales bilatérales conformément à la directive afin quelles incluent: i) une clause garantissant que les deux parties à la convention sengagent à mettre en place des mesures visant à ce que limpôt soit acquitté dans le pays où les activités économiques ont lieu et où de la valeur est créée; ii) un addendum précisant que les conventions bilatérales ont non seulement pur but déviter la double imposition mais aussi de lutter contre la fraude fiscale et la planification fiscale agressive; iii) une clause anti-abus générale fondée sur le critère de lobjet principal.
Rapports de mise en uvre: la Commission devrait examiner lapplication de la directive dix ans après son entrée en vigueur et faire rapport au Parlement européen et au Conseil. Elle devrait transmettre ses conclusions dans un rapport adressé au Parlement européen et aux États membres afin que celles-ci soient prises en compte pour la conception et la mise en uvre des régimes nationaux dimpôt sur les sociétés, et accompagner ce rapport, le cas échéant, dune proposition législative visant à modifier la présente directive.