Mise en oeuvre de la directive 2011/99/UE relative à la décision de protection européenne
La commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures et la commission des droits de la femme et de légalité des genres ont adopté un rapport dinitiative préparé conjointement par Teresa JIMÉNEZ-BECERRIL BARRIO (PPE, ES) et Soraya POST (S&D, SE) sur la mise en uvre de la directive 2011/99/UE relative à la décision de protection européenne.
Le rapport évalue la façon dont les États membres concernés ont mis en uvre le mécanisme instauré par la directive 2011/99/UE, qui permet aux personnes bénéficiant dune décision de protection en matière pénale émise dans un État membre de demander une décision de protection européenne.
Cet instrument est fondé sur le principe de reconnaissance mutuelle, ce qui signifie que les décisions de protection émises dans un État membre doivent être reconnues et appliquées dans les autres États membres.
Évaluation de la mise en uvre de la directive: le rapport constate avec inquiétude que, depuis la transposition de la directive, seules sept décisions de protection européenne ont été recensées dans les États membres, alors que des milliers de décisions de protection nationale ont été demandées et émises dans les États membres ces dernières années.
Il existe des disparités significatives entre les États membres au niveau de la coordination et de la communication lorsquune décision de protection européenne est exécutée. Compte tenu de cette situation, les députés demandent aux États membres dagir de concert afin daméliorer et dintensifier la coopération et la communication au sujet de la décision de protection européenne, ce qui permettrait la mise en place de procédures beaucoup plus efficaces et ladoption de mesures transfrontalières simultanées par les États membres.
La Commission est invitée mettre en place un système européen de registres permettant de recueillir les informations sur les décisions de protection européenne auprès de tous les États membres. Les députés encouragent lélaboration et la mise en uvre dun formulaire unique pour la demande et la reconnaissance des décisions de protection, qui soit reconnu par les juridictions pénales comme civiles et utilisable dans tous les États membres.
Les députés considèrent en outre que, pour réaliser son potentiel et garantir des mesures de protection équivalentes dans lÉtat membre démission et dans celui dexécution, lémission de toute décision de protection doit être aussi rapide, effective, efficace et automatique que possible et saccompagner dun minimum de démarches administratives.
La Commission et les États membres devraient dès lors fixer un délai précis et bref de deux semaines à lintention des autorités compétentes des États membres concernant lémission et la notification des décisions de protection européenne.
Recommandations concernant les violences fondées sur le genre: les députés demandent aux États membres de condamner fermement les violences fondées sur le genre et les violences contre les femmes, de sengager à en éradiquer toutes les formes et de veiller à garantir une tolérance zéro de ces formes de violence. Ils demandent à la Commission :
- dinclure la protection de tous les citoyens, en particulier ceux qui se trouvent dans des situations de grande vulnérabilité, dans le programme européen en matière de sécurité, en mettant laccent sur les victimes de crimes tels que la traite dêtres humains et les violences fondées sur le genre, y compris les victimes du terrorisme, qui nécessitent également une attention particulière, un soutien et une reconnaissance sociale;
- de mettre en place des campagnes visant à encourager les femmes à signaler toute forme de violence fondée sur le genre de façon à pouvoir améliorer la précision des données relatives aux violences fondées sur le genre.
Les États membres sont appelés à renforcer leur coopération avec les ONG qui protègent les victimes de la violence afin de mettre au point des stratégies comprenant des mesures à légard des violences fondées sur le genre. La Commission est pour sa part invitée à présenter un acte juridique destiné à soutenir les États membres dans leurs actions de prévention et délimination de toutes les formes de violence à légard des femmes et des filles.
Le rapport demande instamment le lancement dun processus visant à favoriser la convergence progressive de la législation applicable aux comportements violents à lorigine des décisions de protection.
Un cadre juridique européen cohérent pour la protection des victimes: les députés demandent à la Commission, dans le respect de la résolution du Parlement du 12 septembre 2017 sur ladhésion de lUnion européenne à la convention dIstanbul, de désigner un coordonnateur européen de la lutte contre la violence à légard des femmes. Celui-ci serait chargé de la coordination, de la mise en uvre, du suivi et de lévaluation des politiques, instruments et mesures de lUnion visant à prévenir et combattre toutes les formes de violence à légard des femmes et des filles, ainsi que de représenter lUnion devant le comité des parties à la convention.
Les États membres qui ne lont pas encore fait sont invités à ratifier la convention dIstanbul et à garantir la formation appropriée de tous les professionnels chargés de la prise en charge des victimes de tous les actes de violence visés par la convention.
La Commission est appelée à prendre des mesures en vue de réviser les instruments existants de protection juridique des victimes de la criminalité, et à mettre en place un cadre de protection juridique cohérent à léchelle de lUnion.