Résolution sur le cadre des futures relations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni
Le Parlement européen a adopté par 544 voix pour, 110 contre et 51 abstentions, une résolution sur le cadre des futures relations entre lUnion européenne et le Royaume-Uni.
Le texte adopté en plénière avait été déposé par les groupes PPE, S&D, ALDE, GUE/NGL et Verts/ALE.
Lobjet des négociations entre lUnion européenne et le Royaume-Uni en application de larticle 50 du traité sur lUnion européenne (traité UE) est de préparer le retrait ordonné du Royaume-Uni de lUnion. Larticle 50 du traité UE dispose que les modalités du retrait du Royaume-Uni devraient tenir compte du cadre dans lequel sinscriront ses futures relations avec lUnion.
Suite aux progrès suffisants enregistrés en décembre 2017 dans les négociations concernant les problématiques liées à la séparation, les négociations devraient maintenant traiter du cadre des futures relations entre lUE et le Royaume-Uni. Tout accord sur le cadre des futures relations sera traité comme faisant partie intégrante du règlement global du retrait et alimentera les délibérations du Parlement européen pendant sa procédure dapprobation.
Même si le Royaume-Uni et lUnion européenne resteront de proches voisins et continueront davoir de nombreux intérêts communs, le Royaume-Uni deviendra un pays tiers après le retrait, quel que soit le cadre qui sera convenu pour ses futures relations avec lUnion européenne. Une relation étroite sous la forme dun accord dassociation entre lUnion européenne et le Royaume-Uni pourrait être le cadre approprié des futures relations dans loptique de protéger et de promouvoir ces intérêts communs, y compris de nouvelles relations commerciales.
Cadre pour de nouvelles relations : même si le Royaume-Uni continuera dêtre un partenaire important pour lUE dans les quatre piliers fondant les relations futures (les relations commerciales et économiques, la politique étrangère, la coopération en matière de sécurité et la coopération au développement, la sécurité intérieure, la coopération thématique), la résolution a noté quune telle coopération avec le Royaume-Uni, en tant que pays tiers, ne pourra être mise en place que si ce cadre est conforme aux principes énoncés par le Parlement européen.
Le Parlement a rappelé que lUE dispose de règles communes contraignantes, dinstitutions communes et de mécanismes de surveillance et dexécution communs et que les pays tiers, même ceux qui ont une législation identique ou dont la réglementation est pleinement alignée, ne sont pas en mesure de jouir des mêmes avantages ou du même accès au marché que les États membres de lUnion européenne, par exemple en ce qui concerne les quatre libertés et les contributions financières venant du budget de lUnion européenne.
Relations commerciales et économiques : la résolution a rappelé que la participation au marché intérieur requiert la pleine adhésion aux quatre libertés et lintégration des règles correspondantes de lUnion européenne, des conditions de concurrence équitables, y compris au moyen dun régime de concurrence et daides dÉtat, la jurisprudence contraignante de la Cour de justice de lUnion européenne et des contributions au budget européen.
Une union douanière élimine les barrières tarifaires et certains contrôles douaniers mais requiert le respect de la politique commerciale de lUE et une frontière extérieure commune. Le Parlement a noté que le gouvernement britannique continuait à exclure à la fois le marché intérieur et lUnion douanière.
Cependant, en quittant le marché intérieur, le Royaume-Uni perdrait à la fois les droits de passeportage pour les services financiers et la possibilité douvrir dans lUE des succursales soumises à la surveillance du Royaume-Uni. Le Parlement a souligné quun accord entre lUnion européenne et le Royaume-Uni devrait comprendre un mécanisme solide de règlement des différends ainsi que des structures de gouvernance.
La position et les lignes rouges actuelles du Royaume-Uni aboutiraient à des vérifications et contrôles douaniers qui se répercuteraient sur les chaînes dapprovisionnement et procédés de fabrications mondiaux, même si lon parvient à éviter les barrières tarifaires. Le Parlement a souligné limportance dun niveau élevé dharmonisation entre lespace TVA unique de lUnion européenne et le Royaume-Uni.
Politique étrangère, coopération en matière de sécurité et coopération au développement : le Royaume-Uni, en tant que pays tiers, ne sera pas en mesure de participer au processus de décision de lUnion européenne. Cependant, les députés ont indiqué que cela nexcluait pas des mécanismes de consultation qui permettraient au Royaume-Uni de saligner sur les positions de lUnion européenne en matière de politique étrangère, sur les actions communes, notamment en matière de droits de lhomme, ou sur la coopération multilatérale, en particulier dans le cadre des Nations unies, de lOSCE et du Conseil de lEurope.
Sécurité intérieure : le Parlement a insisté sur le fait quil est dans lintérêt mutuel de lUnion européenne et du Royaume-Uni de mettre en place un partenariat qui assure la pérennité de la coopération dans le domaine de la sécurité pour faire face aux menaces communes, en particulier celles du terrorisme et de la criminalité organisée, et qui évite la perturbation des flux dinformations dans ce domaine.
Gouvernance du futur accord : le Parlement a indiqué que tout futur accord entre lUnion européenne et le Royaume-Uni en tant que pays tiers devrait prévoir la création dun système de gouvernance cohérent et solide. Il a approuvé lidée de mettre en place un comité conjoint chargé de superviser la mise en uvre de laccord, de résoudre les questions dinterprétation divergente et dappliquer de bonne foi les mesures correctrices convenues, tout en garantissant pleinement lautonomie réglementaire de lUnion européenne, notamment les prérogatives législatives du Parlement européen et du Conseil.
Conditions de concurrence équitables : le Parlement est convaincu que le Royaume-Uni devrait se conformer à lévolution des normes fiscales et de la législation en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux qui figurent dans lacquis de lUnion. Il a réitéré la nécessité de mettre en place des garanties pour veiller au maintien de normes strictes ainsi que de conditions de concurrence équitables dans les domaines de la protection de lenvironnement, de la lutte contre le changement climatique, de la sécurité alimentaire et de la santé publique.
Droits des citoyens : il est essentiel de répondre à toutes les questions en suspens relatives aux droits de citoyens et de veiller à ce que le Brexit ne lèse pas les droits des citoyens de lUnion qui résident légalement au Royaume-Uni ni ceux des citoyens britanniques qui résident légalement dans lUE-27, ces points faisant partie des sujets cruciaux pour lapprobation du Parlement.
Le Parlement a pris note des dispositions relatives aux procédures administratives pour lacquisition du statut de résident permanent et insiste sur la nécessité de permettre aux familles dengager la procédure en remplissant un formulaire unique de nature déclaratoire qui fait porter la charge de la preuve aux autorités britanniques. Il a exigé la garantie dun futur droit de libre circulation dans lensemble de lUnion européenne pour les citoyens britanniques qui résident actuellement dans un État membre de lUE-27, ainsi que du droit de vote aux élections locales pour tous les citoyens visés par laccord de retrait. Il a également demandé que les citoyens de lUnion visés par laccord de retrait aient toute leur vie le droit de retourner au Royaume-Uni.
Il a exigé que, pendant la période de transition, tout citoyen de lUnion européenne qui arrive au Royaume-Uni jouisse des mêmes droits que les citoyens de lUnion européenne arrivés avant le début de la période de transition. Il a rejeté, dans ce contexte, la proposition figurant dans le document dorientation publié récemment par le gouvernement britannique, qui prévoit toujours de discriminer entre les citoyens de lUnion européenne arrivés avant le début de la période de transition et ceux arrivés après.
Irlande et Irlande du Nord : le Parlement a rappelé limportance de lengagement pris par le Royaume-Uni de veiller à ce quil ny ait aucune restriction des droits, notamment des droits sociaux et démocratiques, des garanties et de légalité des chances énoncés dans laccord du Vendredi Saint.
Période de transition : la résolution a rappelé quaprès la date du retrait, le Royaume-Uni ne fera plus partie des institutions et organes de lUnion européenne et ne participera plus au processus décisionnel, et que la transition ne peut être quune prolongation de lacquis de lUnion et une poursuite de lapplication au Royaume-Uni des instruments et structures de lUnion européenne qui existent en matière de réglementation, de budget, de surveillance, dexercice du pouvoir judiciaire et de contrôle du respect des règles.
Le Parlement a rappelé que lensemble des droits que le droit de lUnion confère aux citoyens devraient être prolongés tout au long de la période de transition. Cela sappliquerait également aux citoyens de lUnion européenne qui arrivent au Royaume-Uni pendant la période de transition, qui devraient bénéficier exactement des mêmes droits, notamment pour ce qui est des allocations familiales, du regroupement familial et de laccès aux voies de recours juridictionnelles auprès de la Cour de justice de lUnion européenne.