Semestre européen pour la coordination des politiques économiques: emploi et aspects sociaux dans le cadre de l’examen annuel de la croissance 2018
Le Parlement européen a adopté par 544 voix pour, 141 contre et 2 abstentions, une résolution sur le Semestre européen pour la coordination des politiques économiques: emploi et aspects sociaux dans le cadre de lexamen annuel de la croissance 2018.
Lexamen annuel de la croissance 2018 montre des signes positifs de relance de léconomie européenne à travers la stabilité de la croissance économique, la baisse des taux de chômage et lamélioration en matière dinvestissement et de finances publiques. Au second semestre de 2017, 235,4 millions de personnes avaient un emploi (ce qui représente un taux demploi de 72,3 % et un progrès vers la réalisation de lobjectif de la stratégie dEurope 2020, à savoir 75 %).
Toutefois, de grandes différences subsistent entre les États membres en matière de taux demploi. Le chômage des jeunes reste un sujet de préoccupation tandis des problèmes persistent en matière de pauvreté et dexclusion sociale et que la population vieillit. Certains États membres sont confrontés à des difficultés structurelles sur le marché du travail, comme un faible taux de participation et une inadéquation des compétences et qualification.
Le Parlement a mis laccent sur la nécessité de réformes structurelles équilibrées du point de vue économique et social visant à parvenir au «triple A social» en améliorant le marché du travail ouvert à tous et les politiques sociales qui répondent aux besoins des travailleurs et des groupes vulnérables.
Les députés ont estimé que le Semestre européen devrait soutenir le développement des 20 principes clés du socle européen intégré des droits sociaux concernant légalité des chances, laccès au marché du travail, des conditions de travail équitables et la protection et linsertion sociales, qui devraient servir de point de référence et de recommandations lors de la mise en uvre du cycle de coordination des politiques du Semestre européen.
Le Parlement a émis des recommandations à lattention de la Commission et des États membres:
Lutte contre la pauvreté: les taux de pauvreté et dexclusion sociale reculent mais certains problèmes persistent: des groupes sociaux défavorisés subsistent avec un total inacceptable de 119 millions dEuropéens exposés au risque de pauvreté, dont 25 millions denfants (plus dun enfant sur quatre dans toute lEurope).
Le Parlement a demandé un engagement renforcé dans la lutte contre la pauvreté, en particulier celle des enfants. Il a demandé aux États membres et à la Commission, dans le respect des règles du pacte de stabilité et de croissance, de laisser une marge de manuvre pour les investissements sociaux publics et, si nécessaire, pour un plus grand investissement dans les infrastructures sociales ainsi que pour un soutien aux personnes les plus durement touchées.
Préoccupés par la montée des inégalités dans lUnion et dans ses États membres ainsi que par le pourcentage croissant de travailleurs, à temps partiel, mais aussi à temps plein, qui sont menacés par la pauvreté, les députés ont demandé des efforts accrus en vue améliorer la situation de ces personnes. Ils ont souligné que lintégration des chômeurs de longue durée à laide de mesures individuelles sur mesure était essentielle pour lutter contre la pauvreté et lexclusion sociale.
Les États membres devraient aider davantage les personnes sans emploi en offrant des services de soutien abordables, accessibles et de qualité pour la recherche demploi, de formation et de requalification, tout en protégeant les personnes qui ne sont pas en mesure de participer.
Les députés ont rappelé que la hausse des salaires réels découlant de laugmentation de la productivité était essentielle pour lutter contre les inégalités.
Chômage des jeunes : le taux de chômage des jeunes, qui est de 16,6 % (18,7 % dans la zone euro), se maintient toutefois à un niveau préoccupant. En 2016, le nombre de jeunes âgés de 15 à 24 ans ne travaillant pas et ne suivant ni études ni formation (les «NEET») sélevait encore à 6,3 millions. Par ailleurs, le nombre de jeunes en décrochage scolaire restait élevé dans plusieurs pays.
Tout en saluant la progression des financements en faveur de linitiative pour lemploi des jeunes (laquelle bénéficie dun montant supplémentaire de 2,4 milliards dEUR pour la période 2017-2020), le Parlement a suggéré doctroyer davantage de financements au niveau de lUnion et a demandé que les États membres veillent à ce que la garantie pour la jeunesse soit ouverte à tous, y compris aux personnes vulnérables.
Les députés ont invité la Commission à intensifier ses efforts, par lintermédiaire du Fonds social européen (FSE), du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) et du Semestre européen, en vue de soutenir ladoption de politiques publiques complètes dans les États membres, en mettant laccent sur la facilitation de la transition depuis léducation et le chômage (de longue durée) vers le travail. Ils ont demandé de ne ménager aucun effort en ce qui concerne linvestissement dans un enseignement et une formation de qualité et abordable tout en insistant sur lurgence de développer les compétences numériques en vue daboutir à une main-duvre qualifiée et mobile dans des secteurs porteurs.
Les États membres devraient soutenir lapprentissage et faire plein usage des fonds mis à la disposition des apprentis au titre dErasmus+ afin de garantir la qualité et lattractivité de ce type de formation.
Conditions de travail : les députés ont demandé daméliorer la qualité du travail, aussi bien sur le plan des conditions de travail, de la santé et de la sécurité que sur le plan salarial, afin de permettre un niveau de vie et une planification familiale décents. Ils ont souligné limportance de lutter efficacement contre le travail non déclaré en associant les partenaires sociaux et en imposant des amendes appropriées.
En outre, ils ont appelé les États membres et la Commission à prendre toutes les mesures nécessaires, dans le respect du principe de subsidiarité, afin daméliorer les services et la législation qui importent pour un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée et pour légalité entre les hommes et les femmes. Ils ont plaidé en faveur du développement de services accessibles, abordables et de qualité en matière de garde denfants et de personnes dépendantes.
Soutien aux PME : le rapport a insisté sur le potentiel des PME et des entreprises sociales en matière de création demplois. Le secteur de léconomie sociale représente deux millions dentreprises (près de 10 % du nombre total dentreprises dans lUnion) et emploie plus de 14 millions de personnes. Les députés ont proposé daméliorer lenvironnement des entreprises en supprimant certaines contraintes administratives en facilitant laccès aux financements et en soutenant lélaboration de modèles fiscaux et de procédures simplifiées de mise en conformité fiscale.
Déclin démographique : la population de lUnion européenne vieillit (près de 20 % de la population européenne a plus de 65 ans, et lon estime que ce taux devrait atteindre 25 % dici à 2050). Les députés estiment que le déclin démographique, qui touche toutes les régions de lUE, nécessite une approche globale, qui devrait comprendre ladaptation de linfrastructure nécessaire, des emplois de qualité assortis de salaires décents ainsi que lamélioration des services publics et des formules de travail souples volontaires, devant aller de pair avec une sécurité de lemploi appropriée et une protection sociale adéquate et accessible.
Personnes âgées et handicapées : 80 millions dEuropéens sont handicapés. Le Parlement a proposé de fixer des objectifs quant à la prise en charge des personnes âgées, des personnes handicapées et des autres personnes dépendantes. La Commission et les États membres devraient élaborer des normes qualitatives pour tous les services de garde ou de soins et élaborer une stratégie claire et des investissements importants en vue de développer des services modernes de qualité et de proximité et daméliorer le soutien aux aidants, et en particulier lorsque ces derniers sont des membres de la famille.