Résolution sur la situation aux Maldives

2018/2630(RSP)

Le Parlement européen a adopté une résolution sur la situation aux Maldives.

Le texte adopté en plénière avait été déposé par les groupes PPE, S&D, ALDE, ECR, GUE/NGL, Verts/ALE et ELDD.

Le Parlement a exprimé sa vive préoccupation face à la situation aux Maldives en matière politique et en matière de droits de l’homme qui, déjà grave, se détériore, sous la férule de plus en plus autoritaire de le Président Yameen et de son gouvernement.

Le gouvernement des Maldives est enjoint à :

  • lever immédiatement l’état d’urgence, à respecter les droits fondamentaux de tous, notamment le droit à la liberté d’expression et de réunion, ainsi que l’état de droit ;
  • garantir la sécurité de tous les militants de la société civile, défenseurs des droits de l’homme et professionnels des médias dans leur pays ;
  • abandonner toutes les charges à l’encontre de toutes les personnes détenues pour des motifs politiques et de les libérer immédiatement et sans conditions ;
  • respecter la décision de la Cour suprême des Maldives d’annuler les procédures pénales ouvertes contre des personnalités politiques de premier plan et de rétablir dans leurs fonctions douze députés au Parlement ;
  • respecter le moratoire sur la peine de mort qui est en vigueur depuis plus de soixante ans ;
  • lever toutes les inculpations pouvant entraîner la peine capitale à l’encontre de mineurs et à interdire l’exécution de délinquants mineurs ;
  • mener une réforme en profondeur du système judiciaire, instituer l’impartialité de la commission des services judiciaires, rétablir l’indépendance du procureur général et respecter la bonne marche de la justice et le droit à un procès équitable, impartial et indépendant ;
  • prendre des mesures immédiates pour garantir que les élections de 2018 seront transparentes et crédibles, qu’un choix réel sera offert aux électeurs et que les partis pourront mener campagne librement.

En dernier lieu, le Parlement a invité l’Union à faire usage de tous les instruments dont elle dispose pour encourager au respect des droits de l’homme et des principes démocratiques aux Maldives, y compris, le cas échéant, la suspension de son aide financière au pays dans l’attente du rétablissement de l’état de droit et du respect des principes démocratiques.

Le Conseil est également appelé à prendre des mesures et des sanctions ciblées à l’encontre de ceux qui sapent les droits de l’homme dans le pays, ainsi qu’à geler les avoirs détenus à l’étranger par certains membres du gouvernement des Maldives et leurs principaux partisans dans la communauté économique maldivienne, et à prononcer à leur encontre des interdictions de voyager.