Stratégie européenne pour la promotion des cultures protéagineuses - Encourager la production de protéagineuses et de légumineuses dans le secteur agricole européen

2017/2116(INI)

Le Parlement européen a adopté par 542 voix pour, 33 contre et 109 abstentions, une résolution sur une stratégie européenne pour la promotion des cultures protéagineuses - Encourager la production de protéagineuses et de légumineuses dans le secteur agricole européen.

Les députés ont rappelé que l’Union européenne souffrait d’un déficit important en protéines végétales, en raison des besoins de son secteur de l’élevage, qui dépend des importations d’aliments pour animaux en provenance de pays tiers.

L’UE ne consacre que 3% de ses terres arables à la culture de protéagineux et elle importe plus de 75% de son approvisionnement en protéines végétales, principalement du Brésil, de l’Argentine et des États-Unis. La situation actuelle comporte des risques majeurs, en particulier pour le secteur de l’élevage européen, étant donné que la volatilité des prix sur les marchés internationaux s’est fortement accrue.

Dans ce contexte, le Parlement européen a proposé de mettre en œuvre un important plan stratégique européen de production et d'approvisionnement en protéines végétales, reposant sur le développement durable de toutes les cultures présentes dans toute l’Union. Il a appelé:

  • à prendre des mesures immédiates afin d’éviter toute réduction du niveau actuel de la production de protéagineux, en tenant compte des avantages environnementaux que procurent les cultures conventionnelles fixatrices d’azote sur les surfaces d’intérêt écologique;
  • à mettre en place une plate-forme européenne, sous l’égide de l'Observatoire européen du marché des cultures arables, qui permette de délimiter les régions propices à la culture de protéagineux en Europe, de déterminer les capacités européennes de production de protéines et de recenser tous les travaux de recherches sur les protéines.

Objectifs du plan: le Parlement a recommandé de soutenir la culture du soja en Europe, notamment dans le cadre de la PAC, étant donné que cette culture, grâce à de nouvelles variétés, ouvre aujourd’hui de nouvelles perspectives aux quelques régions où cette culture peut s’adapter. Il a recommandé la réintroduction de cultures de protéines végétales, comme le soja, la luzerne, la féverole à petits grains, les pois et d’autres cultures comme le trèfle, le sainfoin et d’autres légumineuses, dans les systèmes de grandes cultures et les systèmes fourragers.

La résolution a insisté sur la nécessité:

  • de développer des filières locales et régionales de production et de transformation des protéines en créant des groupes d'agriculteurs et en rapprochant les agriculteurs et les éleveurs;
  • d’accompagner, via la PAC, les prises de risques des agriculteurs qui se lancent dans des circuits d’approvisionnement courts d’alimentation humaine et animale à base de protéines;
  • de soutenir une plus grande autonomie à l’échelle des exploitations et des régions quant à la production d’aliments pour animaux, pour les ruminants comme pour les animaux monogastriques (fabrication d’aliments à la ferme comprise);
  • d’augmenter la rentabilité de ces cultures et le développement de pratiques telles que la rotation des cultures (par cycles minimaux de 3 ans) et par davantage d’associations de variétés et de cultures dans les secteurs de production à graines et fourragères pour promouvoir l’abandon des monocultures nécessitant beaucoup intrants, au sein de l’Union et en dehors, au profit de systèmes agroécologiques diversifiés;
  • d’investir massivement dans la recherche, notamment celle sur les variétés de cultures, pour rendre les protéagineux plus attractifs économiquement et leur production plus compétitive et pour augmenter leur rendement.

Instruments du plan: les députés ont estimé que le plan stratégique nécessitait la mobilisation et la coordination de plusieurs politiques de l'UE: PAC, politique de recherche, politiques d'action environnementale et climatique, politique énergétique, politique de voisinage et politique commerciale.

De plus, la PAC devrait soutenir les cultures protéiques à l’aide du paiement couplé volontaire - qui ne devrait pas être aux cultures et régions en difficulté - et du paiement de verdissement, mais aussi à l’aide du second pilier, grâce notamment aux mesures agroenvironnementales sur l’agriculture biologique, à la qualité des investissements, au système de conseil agricole (SCA), à la formation et à l’innovation.

Le Parlement a préconisé :

  • d'introduire de nouveaux instruments pour aider à accroître l'approvisionnement en protéines végétales, en particulier le soja, et à assurer une mise en œuvre équitable dans tous les États membres;
  • de garantir l'autonomie des approvisionnements en soja en coopérant plus étroitement avec le voisinage de l'UE. Les députés ont soutenu la mise en place de systèmes d'étiquetage transparents basés sur des normes de production certifiée, tels que les normes du soja du Danube et du soja européen ;
  • d’aménager le deuxième pilier en vue de reconnaître et de mieux rémunérer la contribution de ces cultures à l’alimentation des insectes pollinisateurs au moment le plus important de la saison (plantes à floraison précoce au printemps) et leur participation à la lutte contre la disparition des pollinisateurs.