Rapport annuel sur la politique de concurrence
Le Parlement européen a adopté par 445 voix pour, 104 contre et 38 abstentions, une résolution sur le rapport annuel sur la politique de concurrence.
Les députés ont accueilli favorablement le rapport du 31 mai 2017 sur la politique de concurrence, qui montre que, dans un environnement concurrentiel équitable, linvestissement et linnovation sont des éléments clés pour lavenir de lEurope.
Tout en apportant leur soutien à lindépendance de la Commission et des autorités nationales de concurrence dans leur mission délaborer et de mettre en uvre des règles de concurrence de lUnion, les députés ont invité la Commission à assurer des échanges réguliers dinformations avec le Parlement sur la politique de concurrence, comme prévu par laccord interinstitutionnel (AII) entre la Commission et le Parlement.
Améliorer lapplication des règles de la concurrence: le Parlement a demandé à la Commission dassurer le suivi de la mise en uvre de la législation liée à lachèvement du marché unique, en particulier dans les secteurs de lénergie (y compris lautoconsommation) et des transports, du marché numérique et des services financiers de détail (y compris les assurances), de manière à améliorer lapplication des règles de concurrence de lUnion et à parvenir à une mise en uvre cohérente dans les États membres.
Les députés ont souligné que les aides dÉtat pouvaient constituer un outil indispensable pour garantir que les secteurs de lénergie et des transports bénéficient des infrastructures et des ressources requises, et savérer nécessaires pour garantir la fourniture de services dintérêt économique général (SIEG).
La Commission est invitée à :
- réaffecter à sa direction générale de la concurrence des ressources financières et humaines suffisantes;
- lutter contre la mauvaise utilisation des fonds de lUnion et à encourager lobligation de rendre compte dans le domaine de la passation des marchés publics qui est lune des activités des pouvoirs publics les plus exposées à la corruption;
- adopter des lignes directrices indicatives visant à raccourcir la durée des enquêtes antitrust et des procédures concernant labus de position dominante;
- étudier, dans le cadre dune éventuelle réforme du règlement sur les concentrations, si la pratique dévaluation actuelle tient suffisamment compte de la réalité du marché numérique.
Concurrence fiscale: le Parlement a réaffirmé limportance dune concurrence fiscale loyale en vue de lintégrité du marché intérieur et souligné que tous les acteurs du marché, y compris les entreprises numériques, devraient payer leur juste part dimpôts là où ils réalisent leurs bénéfices et se faire concurrence à armes égales. Il a souligné la nécessité dimposer les entreprises numériques sur la base de leur activité réelle dans les États membres.
Les pratiques anticoncurrentielles qui provoquent des distorsions, telles que les avantages fiscaux sélectifs devraient être éliminées. En outre, la Commission devrait avoir accès à toutes les informations pertinentes échangées par les autorités fiscales nationales afin de pouvoir évaluer la compatibilité de leurs régimes fiscaux avec les règles de concurrence de lUnion.
Marché numérique: les députés se sont félicités de la décision prise par la Commission à lencontre des avantages fiscaux illégaux accordés à Amazon et ont souligné que la récupération en temps utile des aides illégales était essentielle. Ils ont pris acte de la communication des griefs de la Commission et de ses conclusions préliminaires selon lesquelles Google abuse de sa position dominante comme moteur de recherche en donnant des avantages illégaux à un autre de ses produits, à savoir son service de comparaison de prix. La Commission est invitée à veiller à ce que cette entreprise mette effectivement en uvre des mesures correctives dans les plus brefs délais.
Dune manière générale, le Parlement a insisté sur le défi spécifique que représentaient les entreprises numériques pour les autorités de concurrence et les autorités fiscales, notamment en ce qui concerne les algorithmes, lintelligence artificielle ou la valeur des données. Ils ont encouragé la Commission à élaborer des instruments daction politique et dapplication de la législation qui soient tournés vers lessor des économies numériques.
Services financiers: le Parlement a demandé à la Commission à surveiller de près les activités dans le secteur bancaire de détail et dans le secteur des services financiers. Il a invité la Commission à expliquer dans quelles conditions il était possible dutiliser des fonds publics pour renflouer des banques importantes. Il a jugé prioritaire de garantir que les règles en matière daides dÉtat seront strictement respectées lors de la gestion des prochaines crises bancaires, afin que la charge du sauvetage des banques ne repose pas sur les contribuables.
Les députés ont également souligné que laccès à des liquidités par lintermédiaire de distributeurs automatiques de billets était un service public essentiel qui devait être fourni sans quaucune pratique anticoncurrentielle ne soit appliquée.
Secteur des transports: la Commission est invitée à assurer une concurrence loyale dans le secteur des transports afin dachever le marché unique, en tenant compte de lintérêt public et de considérations environnementales et en veillant à la protection du raccordement des régions insulaires et périphériques. Les députés ont demandé à la Commission :
- de préciser les règles en matière daides dÉtat pour les compagnies aériennes européennes et non européennes en vue détablir des conditions de concurrence équitables entre leurs activités tournées vers les marchés européen et non européen. Les mêmes règles de concurrence devraient être appliquées à tous les transporteurs aériens lorsquils sont en provenance de lUnion ou en partance pour lUnion ainsi quaux transporteurs nationaux et aux transporteurs à bas coûts;
- dévaluer tous les accords de fusion de compagnies aériennes, conformément à la procédure de contrôle des opérations de concentration de lUnion, y compris leurs répercussions sur la concurrence du marché;
- dachever la réalisation de lespace ferroviaire unique européen et de vérifier que chaque État membre possède un régulateur antitrust national fort et indépendant.
Coopération internationale: le Parlement a insisté sur limportance de la coopération internationale pour une application efficace des principes du droit de la concurrence à lère de la mondialisation. Il a demandé à la Commission dinclure un chapitre relatif à la concurrence dans les accords commerciaux et les accords en matière dinvestissement conclus au niveau international.
Les députés ont également appelé à la modernisation des instruments de défense commerciale pour les rendre plus forts, plus rapides et plus efficaces. Ils ont salué la nouvelle méthode de calcul des droits anti-dumping par lévaluation des distorsions de marché dans les pays tiers. Ils ont en outre souligné limportance particulière de linstrument antisubventions pour lutter contre la concurrence mondiale déloyale et pour instaurer des conditions équitables par rapport aux règles de lUnion européenne en matière daides dÉtat.
La résolution a insisté pour que la réciprocité fasse partie des piliers de la politique commerciale de lUnion afin dobtenir des conditions équitables pour les entreprises de lUnion, notamment dans le domaine des marchés publics.