Résolution sur la protection des enfants migrants
Le Parlement européen a adopté une résolution sur la protection des enfants migrants.
Le texte adopté en séance plénière avait été déposé par les groupes PPE, S&D, ALDE, Verts/ALE et GUE/NGL.
Selon lUnicef, le nombre denfants migrants vivant en Europe est estimé à 5,4 millions. Près de la moitié dentre eux sont des enfants non accompagnés ou séparés. La majorité des États membres ne fournissent ni ne collectent systématiquement des données sur les enfants placés dans des centres de rétention pour migrants. De plus, le manque dinformations fiables, la lenteur des procédures de regroupement familial et de désignation des tuteurs, ainsi que la peur dêtre détenu, renvoyé ou transféré provoquent la fuite des enfants, qui se retrouvent exposés à la traite, à la violence et à lexploitation.
La résolution a souligné le fait que tous les enfants, quel que soit leur statut de réfugiés ou de migrants, ont dabord et avant tout droit au respect de tous les droits consacrés par la convention des Nations unies relative aux droits de lenfant.
La Commission devrait aider les États membres à adopter et à mettre correctement en uvre une approche globale fondée sur les droits dans toutes les politiques se rapportant aux enfants.
Les États membres sont invités à :
- appliquer le principe de lintérêt supérieur de lenfant dans toutes les décisions concernant les enfants, quel que soit leur statut ;
- accélérer les procédures de désignation de tuteurs ou de tuteurs temporaires pour les enfants non accompagnés à leur arrivée ;
- veiller à ce que tous les enfants aient accès à des agents de protection de lenfance à leur arrivée, notamment dans les centres daccueil et denregistrement et les installations hébergeant des enfants ainsi quaux points dentrée frontaliers ;
- garantir que tous les enfants, et en particulier les enfants non accompagnés, ont accès à un logement décent et à des soins de santé, et à assurer le plein accès à lenseignement formel et universel dans des conditions identiques à celles réservées aux enfants ressortissants des pays daccueil de lUnion ;
- renforcer les capacités et à allouer des ressources suffisantes à laccueil des enfants migrants, en particulier des enfants non accompagnés ;
- accorder un financement et un soutien adéquats et constants aux collectivités locales et régionales et de garantir laccès aux fonds européens, tels que le Fonds «Asile, migration et intégration» ;
- mener à bien sans plus tarder toutes les procédures de regroupement familial en cours ;
- investir dans la réadaptation et le soutien psychologiques et psychiatriques en vue de traiter les problèmes de santé mentale des enfants ;
- intensifier leurs efforts et la coopération transfrontalière entre les autorités répressives et chargées de la protection de lenfance pour trouver et protéger les enfants disparus ;
- redoubler defforts pour sattaquer ensemble aux différentes formes de la criminalité organisée, notamment la traite des enfants, combattre limpunité et faire en sorte que les auteurs de ces crimes, quils soient des ressortissants de lUnion ou de pays tiers, fassent rapidement lobjet de poursuites.
Soulignant que les enfants ne peuvent être placés en rétention dans le cadre des procédures dimmigration, la résolution a invité les États membres à héberger tous les enfants et les familles avec enfants dans des logements implantés dans des structures de proximité, où ils ne sont pas privés de liberté, pendant lexamen de leur statut dimmigration. Les enfants non accompagnés doivent être hébergés dans des installations séparées des adultes afin déviter les risques de violence et dabus sexuels.
Les députés ont également insisté sur le fait que la création de nouveaux itinéraires sûrs et licites permettrait à lUnion et aux États membres de mieux répondre aux besoins en matière de protection, en particulier des enfants, et de mettre à mal les activités des trafiquants.
Ils ont souligné limportance que revêt la mise en place dun système didentification et denregistrement solide fondé sur lintérêt supérieur de lenfant, en vue de garantir que les enfants entrent et restent dans les systèmes de protection nationaux, avec une approche centrée sur lenfant tout au long de la procédure.
Les États membres ne devraient pas recourir à la contrainte pour recueillir les données biométriques des enfants et devraient sassurer que tous les acteurs travaillant avec des enfants ont un casier judiciaire vierge, notamment en ce qui concerne les infractions contre des enfants.