Résolution sur la réponse aux pétitions portant sur la lutte contre la précarité et le recours abusif aux contrats de travail à durée déterminée
Le Parlement européen a adopté par 312 voix pour, 75 contre et 155 abstentions, une résolution déposée par la commission des pétitions portant sur la lutte contre la précarité et le recours abusif aux contrats de travail à durée déterminée.
Les députés estiment que lemploi précaire, y compris les contrats «zéro heure», empêche laccès à une protection sociale digne de ce nom, donne peu ou pas de sécurité demploi, une rémunération insuffisante pour un niveau de vie adéquat et sape le droit à la négociation collective, en particulier en ce qui concerne les prestations sociales et la protection vis-à-vis dun licenciement injustifié.
La Commission et les États membres ont été invits à lutter contre lemploi précaire, tel que les contrats «zéro heure», en veillant à mettre au point de nouveaux instruments et au respect cohérent de la jurisprudence de la Cour de justice de lUnion européenne, ainsi quà coopérer avec tous les partenaires sociaux en vue notamment de renforcer linspection du travail.
Le Parlement a également noté que plusieurs États membres voient, depuis quelques années, le nombre de contrats de travail atypiques ou temporaires croître de manière significative tant dans le privé que dans le public, dans un cadre juridique où le recours abusif à des contrats à durée déterminée ne peut ni être efficacement empêché ni sanctionné en labsence de mesures correctrices efficaces et proportionnées. Cette situation a compromis lintégrité de la législation européenne en matière demploi.
La résolution a condamné le licenciement de travailleurs qui ont été reconnus, par les autorités judiciaires compétentes, victimes dun recours abusif aux contrats à durée déterminée, en infraction à la directive 1999/70/CE. Les députés se sont déclarés fermement convaincus que, dans les cas de recours abusif à des contrats de travail à durée déterminée successifs, il est possible dappliquer une mesure offrant des garanties concrètes et équivalentes de protection des travailleurs, afin de préserver lemploi des travailleurs concernés.
Le Parlement a souligné quil faut assurer des inspections afin que les travailleurs dont lemploi répond à des modalités temporaires ou flexibles bénéficient au moins de la même protection que tous les autres travailleurs.
Il a également indiqué les points suivants :
- la Commission et les États membres devraient veiller à ce que le principe «à travail égal, rémunération égale» sur le même lieu de travail soit pleinement appliqué;
- les États membres devraient améliorer le cadre normatif des emplois non conventionnels en établissant au moins un ensemble de normes minimales portant sur la protection sociale, les niveaux de rémunération minimum et laccès à la formation et au développement;
- la directive sur le temps de travail devrait sappliquer aux travailleurs ayant des contrats «zéro heure», et que ceux-ci sont dès lors couverts par les règles relatives aux périodes minimales de repos et à la durée maximale du travail;
- une évaluation globale des circonstances entourant le renouvellement des contrats de travail à durée déterminée devrait être menée; le Parlement a condamné le renouvellement des contrats de travail à durée déterminée dans le but de couvrir des besoins qui ne sont pas de nature temporaire mais au contraire fixes et permanents;
- la Commission et les États membres devraient évaluer les législations portant sur lemploi précaire en sintéressant spécifiquement aux aspects liés à légalité entre les hommes et les femmes car les femmes, déjà surreprésentées dans cette catégorie demploi, risquent dêtre davantage touchées.
En dernier lieu, le Parlement a appelé les États membres à prendre des mesures pour respecter les droits fondamentaux des travailleurs pour ceux qui travaillent dans léconomie informelle, ainsi quà mettre en place des mécanismes adéquats, ou de revoir ceux existants, en vue dassurer le respect des lois et règlements nationaux.