Programme général "Sécurité et protection des libertés": programme spécifique "Prévention, préparation et gestion des conséquences en matière de terrorisme", 2007-2013

2005/0034(CNS)

Conformément aux décisions 2007/125/JHA et 2007/124/EC, la Commission a présenté un rapport d'évaluation ex post sur le programme-cadre «Sécurité et protection des libertés (2007-2013)», composé des deux programmes «Prévenir et combattre la criminalité (ISEC)» et «Prévention, préparation et gestion des conséquences en matière de terrorisme et autres risques liés à la sécurité (CIPS)». Ce rapport couvre la période 2007–2013.

Le rapport repose  sur  les  conclusions  de  deux  évaluations ex  post qui  ont  examiné  les programmes, pour la période 2007-2013, par rapport aux critères d’évaluation définis dans les lignes  directrices  pour  une  meilleure  réglementation:  i)  efficacité,  ii)  efficience, iii) cohérence, iv) pertinence, v) valeur ajoutée européenne. La Commission a toutefois noté que les évaluations des deux programmes avaient été considérablement entravées par i) l’absence d’une situation  de  référence,  à  savoir  une  description  claire  de  la  situation  avant  le  début  des programmes, ii) l’absence d’objectifs ex ante et d’un répertoire central des résultats des projets ISEC/CIPS, et iii) l’absence de données suffisantes pour réaliser une comparaison détaillée des coûts,  étant  donné  le  large  éventail  de  domaines  politiques  et d’activités couvert par les programmes.

Le rapport fait état de plusieurs observations pertinentes pour les deux programmes. Le  programme  CIPS  (2007-2013)  portait  essentiellement  sur  les  infrastructures  critiques  et d’autres questions de sécurité, notamment des questions opérationnelles dans des domaines tels que la gestion des crises et la préparation dans divers secteurs très importants.

Les points clés concernant le CIPS peuvent être résumés comme suit :

Pertinence : le programme CIPS a été considéré comme toujourspertinent  pour  la  prévention,  la  préparation  et  la  gestion  des  conséquences  en  matière  de terrorisme et autres risques liés à la sécurité tout au long de la période d’évaluation. En outre, le   programme   répondait   bien   à   un   besoin   réel   de   coopération   et   de   coordination transnationale  dans  ces  domaines,  ce  qui  est particulièrement important étant donné le besoin d’actions au niveau de l’Union et le manque d'autres sources nationales de financement en raison des conséquences de la crise financière de 2008 sur les budgets nationaux.

Cependant, le rapport note que la conception du financement des deux programmes s’est avérée être largement axée sur la demande, et non sur les politiques. Cette conception a contribué à un important déséquilibre  géographique  dans la mise en œuvre.  Afin  de  donner  aux  États membres un accès plus équitable aux financements et de renforcer leur participation à toutes les grandes priorités en matière de sécurité, un mode de gestion commune a été mis en place pour le fonds successeur, le FSI-Police.

Efficacité : l’évaluation a démontré que le CIPS avait largement atteint ses objectifs  généraux  et  la  plupart  de  ses  objectifs  spécifiques,  contribuant  de  manière  positive au  domaine stratégique  de  la  protection  des  infrastructures  critiques.  Un  aspect important de plusieurs projets CIPS a été l’accent mis sur les interdépendances et la prévention des «effets en cascade» en cas de perturbation ou de destruction d’infrastructures critiques au cours d’une attaque terroriste ou autres risques liés à la sécurité. La coopération à l’échelle de l’Union et la protection des infrastructures critiques pourraient être améliorées.

Efficience : les résultats de l’évaluation indiquent que les financements de l’Union ont été considérés comme suffisants pour toutes les activités menées dans le cadre des programmes ISEC et CIPS. La création de réseaux a été considérée comme très rentable.

Le  budget  total  alloué  au  programme  CIPS  s’élevait  à 126.8 millions d'EUR pour toute la période. S’agissant des niveaux de financement de l’Union, l’évaluation indique que les fonds européens étaient suffisants pour mener les activités prévues.

D’un autre côté, les parties prenantes ont estimé que l’absence d’un examen par les pairs des résultats des projets et d’un répertoire central avait diminué l’efficience globale des  programmes. Bien que la surveillance ait été améliorée, ces aspects n’ont pas encore été mis en pratique dans le cadre du FSI, mais pourraient être pris en compte dans le prochain cadre financier pluriannuel.

La Commission a noté que la création d’un système  de répertoire  central  détaillant plus les  résultats  et  réalisations  des  projets  aurait pu  être  créé, entrainant le développement d’un système de suivi.  Les  principaux éléments  de  ce  système  de  suivi  auraient été, par  exemple,  des  visites  de  suivi  et  un système informatique permettant l’enregistrement systématique des données des projets.

Cohérence : les actions du programme CIPS menées  dans  le  cadre  des  programmes de travail annuels 2007-2013 se sont avérées cohérentes avec les activités financées au titre d’autres fonds similaires de l’Union, à savoir le 7e PC et l’instrument financier  pour  la  protection civile. En effet, ces instruments de financement ne présentaient que peu de chevauchements, voire aucun, en raison de leurs caractéristiques différentes en termes d’axe thématique, d’actions et de parties prenantes éligibles et de groupes cibles.

Valeur ajoutée européenne : selon les conclusions, les organisations n’ont pas souvent eu accès à des  possibilités  de  financement  national  pour  mener  les  activités  des programmes, de sorte qu’une part significative des projets n’aurait pas vu le jour en l’absence des financements des programmes ISEC et CIPS.

Un aspect essentiel de leur valeur ajoutée européenne repose ainsi sur la capacité des deux programmes à favoriser la coopération  transnationale.  Les  deux  programmes  ont  eu  une  forte  dimension  transnationale  en  soutenant  des  projets transnationaux ou des projets nationaux pouvant être transposés dans d’autres États membres.

La valeur  ajoutée  européenne  du  programme  CIPS  a  été  également  évaluée  de  manière positive de  par  sa  contribution  à  l’élaboration  des  politiques  de  l’Union  dans  le  domaine  de  la prévention,  de  la  préparation  et  de  la  gestion  des  conséquences  en  matière  de  terrorisme et autres risques liés à la sécurité et au renforcement de la coordination et de la coopération entre les  acteurs  compétents  au  niveau  de  l’Union  dans  le  domaine  de  la  protection  des infrastructures critiques.

Le rapport conclut en notant que la valeur ajoutée européenne aurait pu être plus grande avec :

  • la création  d’un  répertoire  central  au  niveau de la Commission regroupant tous les résultats des projets;
  • une répartition plus homogène des organisations de coordination entre les États membres.