Résolution sur les territoires géorgiens qui demeurent occupés par la Russie dix ans après l’invasion du pays
Le Parlement européen a adopté une résolution sur les territoires géorgiens qui demeurent occupés par la Russie dix ans après linvasion du pays.
La résolution a été déposée par les groupes PPE, S&D, ALDE, Verts/EFA et ECR.
Le Parlement a exigé de la Fédération de Russie quelle mette un terme à son occupation des territoires géorgiens d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud (région de Tskhinvali), quelle respecte pleinement la souveraineté et lintégrité territoriale de la Géorgie, ainsi que linviolabilité de ses frontières internationalement reconnues, et quelle mette un terme à lintégration de facto de ces deux régions dans ladministration russe. Il a également demandé instamment à la Fédération de Russie de revenir sur sa décision de reconnaître la prétendue indépendance des régions géorgiennes dAbkhazie et dOssétie du Sud (région de Tskhinvali).
Les députés ont noté que dix ans après lagression militaire de la Russie en Géorgie en août 2008, la Fédération de Russie occupe toujours illégalement les territoires géorgiens, la Russie renforçant sans cesse sa présence militaire illégale dans les territoires occupés, par la construction de nouvelles bases, le stationnement de nouvelles troupes et lapport de matériel, ainsi que la réalisation dexercices militaires. Linvasion de 2008 a constitué la première grande attaque frontale de la Russie contre lordre européen, suivie dautres attaques, notamment lannexion de la Crimée et la guerre dans lEst de lUkraine.
Le Parlement a rappelé la Russie continue de violer les obligations internationales qui lui incombent et refuse dappliquer pleinement laccord de cessez-le-feu du 12 août 2008 négocié sous légide de lUnion européenne. De plus, la Russie continue disoler lAbkhazie et lOssétie du Sud (région de Tskhinvali) du reste du pays par la fermeture dautres points de passage frontaliers, linstallation de barrières le long de la ligne de démarcation administrative et la réalisation dune campagne délimination de la culture géorgienne.
Le Parlement a invité la Fédération de Russie à mettre un terme à la poursuite de la frontiérisation de la ligne de démarcation administrative, objectif quelle poursuit en installant des clôtures de fil barbelé et dautres obstacles artificiels. Il a rappelé lobligation qui incombe à la Fédération de Russie de respecter sans condition toutes les dispositions de laccord de cessez-le-feu du 12 août 2008, en particulier lengagement quelle a pris de retirer lensemble de ses forces militaires du territoire de la Géorgie. Plus particulièrement, la Russie a été invitée à :
- permettre le retour sûr et digne des réfugiés et des personnes déplacées à lintérieur du pays dans leurs foyers ;
- autoriser lEUMM, seule présence internationale permanente sur le terrain, à accéder sans condition aux territoires géorgiens dAbkhazie et dOssétie du Sud (région de Tskhinvali), conformément au mandat qui lui a été confié.
Le Parlement a confirmé lengagement résolu de lUnion à contribuer à une résolution pacifique du conflit entre la Russie et la Géorgie en activant, dans le cadre dune stratégie globale, tous les instruments à sa disposition, y compris son représentant spécial pour le Caucase du Sud et la crise en Géorgie, sa fonction de coprésident des discussions internationales de Genève, lEUMM en Géorgie et sa politique de non‑reconnaissance et de dialogue.
En dernier lieu, les députés ont invité les institutions de lUnion européenne à adopter une approche s'inscrivant dans la logique de celle du Parlement européen et dans le prolongement des politiques poursuivies par les parlements nationaux des États membres en qualifiant, en des termes plus clairs et plus précis, lagression russe en Géorgie doccupation des territoires géorgiens dAbkhazie et dOssétie du Sud (région Tskhinvali) par la Fédération de Russie.