Contrôle de l'application du droit de l'Union en 2016
Le Parlement européen a adopté par 359 voix pour, 110 contre et 21 abstentions, une résolution sur le contrôle de lapplication du droit de lUnion en 2016.
Les députés ont salué la publication du rapport annuel de la Commission sur le contrôle de lapplication du droit de lUnion européenne (2016) qui montre que les quatre domaines dans lesquels le plus grand nombre de procédures dinfraction en matière de transposition ont été ouvertes contre des États membres en 2016 étaient lenvironnement, la justice et les consommateurs, la fiscalité et le marché intérieur.
Le Parlement a soutenu les efforts visant à résoudre les problèmes de mise en uvre de manière informelle. Il a invité la Commission à améliorer le mécanisme de résolution de problèmes EU Pilot qui vise à favoriser une coopération plus étroite entre la Commission et les États membres pour remédier très tôt, grâce à un dialogue bilatéral, aux violations du droit de lUnion afin déviter de recourir à la procédure dinfraction.
Pétitions: le Parlement a insisté sur limportance des pétitions en tant que moyen pour les citoyens de se sentir associés aux activités de lUnion et dexprimer leurs préoccupations sur des cas de mauvaise application ou de violation du droit de lUnion. Il a invité la Commission à améliorer le traitement des pétitions et lui a demandé de fournir des informations sur le nombre de pétitions ayant conduit à louverture de procédures dinfraction.
Les députés ont invité la Commission à partager avec le Parlement les informations relatives à toutes les procédures EU Pilot et à toutes les procédures dinfraction engagées afin daccroître la transparence, de réduire le délai de règlement des différends par lintermédiaire de la commission des pétitions, et de renforcer la légitimité de la procédure EU Pilot.
Application correcte de la législation: inquiets face à laugmentation du nombre total de procédures dinfraction ouvertes en 2016, les députés ont estimé que le nombre élevé de procédures dinfraction montre quil reste très difficile de garantir une application correcte et en temps voulu de la législation de lUnion dans les États membres et que cela reste une priorité. Ils ont en particulier observé ce qui suit :
- le nombre des nouvelles plaintes est à son plus haut depuis 2011, soit une augmentation de 67,5 % par rapport à lan dernier, un nombre record de 3.783 nouvelles plaintes et une baisse des taux de résolution, quen outre, 1.657 procédures dinfraction étaient encore ouvertes à la fin de lannée 2016;
- 95 procédures dinfraction sont encore ouvertes après le prononcé dun arrêt de la Cour, principalement dans les domaines de lemploi et de la justice et des consommateurs qui sont les plus touchés, suivis par le marché intérieur, lindustrie, lentrepreneuriat et les PME, la fiscalité et les douanes, puis lenvironnement;
- la plupart des dossiers EU Pilot qui ont conduit à des procédures formelles dinfraction ont principalement concerné les politiques de lenvironnement, du marché intérieur, de lindustrie, de lentrepreneuriat et des PME, de lénergie, de la fiscalité et de lunion douanière;
- dimportantes lacunes persistent dans certains États membres en ce qui concerne la mise en uvre et lapplication de la législation environnementale de lUnion, notamment dans les domaines de la gestion des déchets, des infrastructures de traitement des eaux usées et du respect des valeurs limites relatives à la qualité de lair;
- le nombre des directives à transposer en 2016 était de 70, contre 56 en 2015 tandis que le nombre de nouvelles infractions pour retard de transposition a fortement augmenté.
Le Parlement a recommandé:
- dappliquer et mettre en uvre le droit de lUnion pour que les politiques proposées par lUnion puissent donner tout son sens au principe dégalité entre hommes et femmes, en veillant notamment à la mise en uvre des dispositions relatives à légalité en matière de rémunération;
- de faire respecter les valeurs et les droits fondamentaux consacrés par les traités et la charte des droits fondamentaux de lUnion européenne;
- de garantir aux citoyens de lUnion un accès suffisant et aisé aux projets dactes juridiques qui les concernent et de les informer dune manière claire, accessible et transparente des cas dans lesquels des lois nationales ont été adoptées dans le cadre de la transposition de la législation de lUnion.
La Commission est invitée, entre autres, à :
- élaborer un cadre pour la bonne mise en uvre de la législation de lUnion spécialement consacré à un développement équilibré et équitable, à lemploi, aux affaires sociales et aux questions dintégration en rapport avec le socle européen des droits sociaux;
- sattaquer aux lacunes existant au niveau de la mise en uvre et de lapplication effective de la législation environnementale de lUnion, y compris par le recours à des procédures dinfraction si nécessaire;
- présenter une proposition concernant la conclusion dun pacte de lUnion pour la démocratie, létat de droit et les droits fondamentaux ;
- élaborer des instruments conçus pour aider les États membres à détecter les problèmes de transposition, à les résoudre au tout début des procédures dinfraction et à trouver des solutions communes;
- recourir, dans la mesure du possible, aux règlements lorsquelle envisage démettre des propositions législatives en vue datténuer le risque de surrèglementation;
- convenir de délais plus réalistes pour la mise en uvre des règlements et des directives;
- accorder une attention particulière à la mise en uvre des mesures adoptées dans le domaine de lasile et de la migration afin de veiller à ce quelles respectent les principes consacrés dans la charte des droits fondamentaux ;
- réagir efficacement à lévolution de la situation en matière de migration et de sécurité et à faire respecter lAgenda européen en matière de migration ainsi que les mesures dapplication qui laccompagnent.
Le Parlement a rappelé que les questions préjudicielles contribuent à clarifier la manière dont le droit de lUnion européenne doit être appliqué. Il a invité la Commission à veiller au respect de lobligation des juridictions nationales de saisir la Cour de justice de lUnion européenne de questions préjudicielles. Il a encouragé les juridictions nationales à soumettre, en cas de doute, des questions à la Cour de justice de lUnion européenne et déviter ainsi des procédures dinfraction.
Enfin, les députés ont insisté sur le fait que la codification des règles de bonne administration sous la forme dun règlement exposant les divers aspects de la procédure administrative - y compris les notifications, les délais contraignants, le droit dêtre entendu et le droit de chacun daccéder à son dossier - était capitale pour le renforcement des droits des citoyens et de la transparence.