Corps volontaire européen d'aide humanitaire («initiative des volontaires de l'aide de l'Union européenne»)

2012/0245(COD)

Conformément au règlement (UE) n°375/2014 portant création du Corps volontaire européen d’aide humanitaire, la Commission  a présenté  un  rapport d’évaluation pour la période allant de mi-2014 à mi-2017. L’initiative fournit des financements à des consortiums d’organisations établies ou non dans  l’UE  pour  le  déploiement  et  la  préparation  du  déploiement  (y  compris  des apprentissages) des volontaires de l’aide de l’UE dans des pays tiers. Afin de mettre en œuvre l’initiative, des fonds d’un montant de 147.936.000 EUR ont été affectés  pour la période allant du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2020.

Principales constatations :

Pertinence : bien que l’évaluation ait montré que les cinq objectifs de l’initiative étaient pertinents pour les bénéficiaires de l’initiative, l’intérêt des partenaires humanitaires établis de la convention-cadre de partenariat est demeuré très faible, ce qui est problématique pour une initiative censée servir le secteur de l’aide humanitaire. L’objectif de communiquer les principes de l’Union dans le domaine de l’aide humanitaire n’a été considéré comme pertinent que par un  petit  nombre  de  parties prenantes (essentiellement  des  volontaires).  Cela  signifie qu’il convient d’accorder une attention accrue à cet élément dans les activités de communication de l’initiative.

Efficacité : l’initiative n’est pas parvenue à atteindre ses cinq objectifs et les objectifs définis dans le cadre  financier  pluriannuel  2014-2020 sont encore loin d’être atteints. Le budget des trois premières années n’a pas été entièrement utilisé, bien que les chiffres pour 2017 indiquent un recours  soutenu  aux  financements  prévus  pour  le  renforcement  des  capacités / l’assistance technique. Le nombre de volontaires, bien qu’en hausse, est resté très en-deçà de l’objectif de 4000 volontaires pour 2020, avec actuellement environs 200 volontaires déployés.

Cette situation est essentiellement due aux obstacles à la participation que sont i) la  certification des organisations ou ii) la nécessité de constituer des partenariats avec d’autres organisations pour pouvoir prétendre à des financements de l’UE. La recherche de  partenaires  de  consortium  et  les  procédures  administratives  pour  gérer  un consortium  ont entravé l’efficacité de l’initiative. 

Cohérence : des progrès restent à accomplir en ce qui concerne la cohérence de l’initiative avec les instruments de l’aide humanitaire, du développement et de la protection civile. L’initiative n’a pas été intégrée aux instruments de l’UE existants dans le domaine de l’aide humanitaire, mais a été créée comme un instrument autonome. Les volontaires ne devant pas être déployés dans  des  régions  en  proie  à  des  conflits  armés,  certains  pays  tiers  dans  lesquels  une  part considérable de l’aide humanitaire est fournie ont été exclus du champ d'action de l’initiative. Cependant, s’agissant de la cohérence par rapport à la politique de coopération au développement de l’UE, la définition large de l’aide humanitaire utilisée dans le règlement a permis des synergies.

Efficience : les règles et procédures  européennes  relatives  à  la  gestion  des  volontaires  se sont révélées particulièrement lourdes, de sorte que les organisations  ont trouvé  ce  processus  décourageant car il peut durer jusqu’à 18 mois : de la publication d’un appel à propositions dans le cadre  du  processus  de  sélection  au  déploiement,  en  passant  par  la  publication  des  postes vacants  et  la  formation  des  volontaires. Les  procédures  de  candidature,  de  sélection  et  d'établissement  de rapports  ont semblé particulièrement  lourdes  pour  les  organisations  essentiellement  actives dans  des  projets  européens  d’aide  humanitaire  (intervention  d’urgence).

Valeur ajoutée européenne : l’initiative a créé de la valeur ajoutée européenne en établissant des normes communes de gestion  des  volontaires  provenant  de tous les États membres de l’UE, et en proposant des formations communes et des financements pour le renforcement des capacités et l’assistance technique.  Elle  est  parvenue  à  associer  un  large  éventail  d’organisations  provenant  de différents États membres de l’UE, car elle a permis à  des  organisations  de  différents  horizons  (par  exemple,  l’aide humanitaire,  le  développement,  la  protection  civile  et  le  volontariat)  et  de  différentes tailles de travailler ensemble.

Actions futures : la Commission donnera suite aux résultats et recommandations de l’évaluation dans le cadre d’une approche double :

Actions à mettre en œuvre jusqu’à 2020 : la Commission va :

  • prendre en compte les  résultats de l’évaluation dans la conception du programme et  l’allocation des ressources ;
  • accélérer les processus,  simplifier  les  procédures  administratives,  améliorer  le  soutien  des organisations  intéressées,   promouvoir  davantage  les  possibilités  de  financement  et communiquer les exemples de réussite ;
  • renforcer le déploiement des volontaires de l’aide de l’UE dans les projets menés par la Commission dans les domaines de l’aide humanitaire, de la réduction des risques de catastrophe et de la coopération au développement.

Actions nécessitant plus de changements fondamentaux dans le règlement relatif aux volontaires de l’aide de l’UE : ces actions sont liées aux travaux en cours de la Commission sur l’avenir des programmes de l’Union dans le cadre financier pluriannuel post-2020. A cet égard, la Commission va :

  • s’efforcer  de  simplifier  considérablement  les  procédures  en  supprimant  les éléments  qui  ralentissent  le  déploiement  des  volontaires  et  créent  une  importante  charge administrative  pour  les  organisations  participantes ;
  • rechercher les  synergies  et  la  rationalisation  par rapport  à  d’autres  systèmes  européens  de  volontariat,  notamment  le  corps  européen  de solidarité ;
  • apporter  davantage  de  clarté  aux citoyens européens qui recherchent des possibilités de volontariat au sein de l’UE et en dehors ;
  • mieux aligner les objectifs de l’UE sur le lien entre aide d'urgence, réhabilitation et développement et sur l’aide humanitaire et le développement.