Programme "Justice" 2014-2020
La Commission a présenté un rapport sur les résultats à mi-parcours du programme «Justice» 2014-2020 ainsi que les aspects qualitatifs et quantitatifs de sa mise en uvre.
Le rapport se fonde sur les conclusions de lévaluation préparée par la Commission européenne et soutenue par une évaluation externe. La période de référence de lévaluation correspond à la première moitié de la mise en uvre du programme, entre 2014 et mi-2017.
Le programme «Justice» 2014-2020 a pour objectif de contribuer à la poursuite de la mise en place dun espace européen de justice basé sur la reconnaissance et la confiance mutuelles, notamment i) en promouvant la coopération judiciaire en matière civile et pénale, ii) en soutenant la formation judiciaire des professionnels du droit dans le but dencourager une culture juridique et judiciaire commune; iii) en facilitant laccès effectif à la justice pour tous et iv) en appuyant les initiatives dans le domaine de la politique en matière de drogue.
Les principales conclusions du rapport sont les suivantes :
Pertinence: le rapport confirme la pertinence du programme pour contribuer au respect des valeurs européennes (telles que létat de droit, lindépendance du pouvoir judiciaire et lefficacité de la justice) et pour aider les États membres à développer des systèmes judiciaires plus efficaces. Depuis sa mise en place, le programme a démontré son potentiel de promotion de lacquisition de connaissances et de compétences juridiques durables au sein des États membres.
Lune des caractéristiques clés du programme a été sa capacité à adapter et à modifier ses priorités en fonction des besoins émergents. Par exemple, après une vague dattentats terroristes en Europe, deux appels à propositions ont été lancés dans le but de lutter contre la radicalisation des détenus. Cette capacité est rendue possible par la structure unique du programme «Justice ».
Lobjectif spécifique concernant les initiatives dans le domaine de la politique en matière de drogue est parfois difficile à concilier avec dautres priorités du programme. Toutefois, de façon générale, les besoins recensés au moment de ladoption du programme sont toujours actuels notamment lobjectif général de poursuivre la mise en place dun espace européen de justice fondé sur la reconnaissance et la confiance mutuelles.
Valeur ajoutée: au cours des années ayant fait lobjet de lévaluation, le programme a démontré sa grande valeur ajoutée européenne à la fois en ce qui concerne son incidence positive sur les participants et groupes cibles et son rôle complémentaire par rapport à dautres instruments de financement et initiatives politiques de lUE.
La valeur ajoutée européenne du programme est particulièrement évidente dans la promotion de projets transnationaux avec une dimension européenne sattaquant à des problématiques transfrontalières ainsi que dans la mise à disposition de ressources financières pour financer des activités dans des domaines clés ne constituant pas nécessairement une priorité pour les États membres (selon les parties intéressées, cela est particulièrement vrai pour lobjectif spécifique de laccès à la justice).
Le programme permet également aux bénéficiaires de travailler avec des partenaires dans dautres États membres, ce qui a renforcé leur connaissance des problématiques couvertes par le programme, élargi leurs compétences et leur a donné accès à des exemples de bonnes pratiques et à des outils développés dans dautres États membres.
En outre, le fait que la formation judiciaire soit davantage présente dans la logique dintervention du programme constitue une avancée importante pour la valeur ajoutée européenne du programme.
Améliorations possibles: dans le cadre de la préparation du futur budget et des futurs programmes de financement de lUE, la Commission se basera sur les conclusions de lévaluation à mi-parcours pour se pencher sur tous les domaines dans lesquels des possibilités damélioration ont été recensées, en particulier concernant :
- lélargissement des bénéficiaires potentiels des actions du programme: ce dernier pourrait inclure des groupes cibles supplémentaires pertinents comprenant le personnel des agences de réglementation, les jeunes professionnels et étudiants en droit et les professionnels du droit dans les pays candidats et dans les pays concernés par la politique européenne de voisinage;
- la révision des indicateurs de suivi: les indicateurs spécifiques au programme sont adéquats au suivi des progrès accomplis vers la réalisation des objectifs du programme, mais ils sont parfois difficiles à mesurer ou nécessitent des améliorations;
- la recherche dun meilleur équilibre géographique entre les bénéficiaires: le programme na pas impliqué tous les États membres de façon homogène. En effet, environ 25 % des bénéficiaires sont originaires soit dItalie, soit de Belgique, et environ la moitié des organisations partenaires proviennent de cinq pays. Les 50 % restant sont des organisations issues des 21 autres États membres;
- et le renforcement des synergies avec dautres programmes et initiatives de financement de lUE pertinents, notamment dans le cas de la politique en matière de drogue, où de la coordination avec le programme «Santé en faveur de la croissance».
Des améliorations sont également nécessaires en ce qui concerne léquité. Lévaluation a en effet montré que la question de légalité hommes-femmes constitue rarement un thème majeur des projets développés. La majorité des personnes interrogées acceptent dintégrer les droits de lenfant dans le cadre du programme. La priorité que constituent les droits des personnes handicapées semble en revanche plus en retrait. Le programme devrait sefforcer à lavenir de répartir ses ressources de façon plus équilibrée entre les différents groupes cibles de bénéficiaires et dÉtats membres.