Agence de cybersécurité de l'UE (ENISA) et certification de cybersécurité des TIC ("Cybersecurity Act")
La commission de lindustrie, de la recherche et de lénergie a adopté le rapport dAngelika NIEBLER (PPE, DE) sur la proposition de règlement du Parlement européen et du Conseil relatif à lENISA, Agence de lUnion européenne pour la cybersécurité, et abrogeant le règlement (UE) nº 526/2013, et relatif à la certification des technologies de linformation et des communications en matière de cybersécurité (règlement sur la cybersécurité).
La commission compétente a recommandé que la position du Parlement européen adoptée en première lecture dans le cadre de la procédure législative ordinaire modifie la proposition de la Commission comme suit.
Rôle et le mandat de lAgence: lAgence de lUnion européenne chargée de la sécurité des réseaux et de linformation devrait être renforcée afin i) datteindre un niveau élevé de cybersécurité, ii) déviter les cyberattaques dans lUnion; iii) de réduire la fragmentation du marché intérieur et daméliorer son fonctionnement; et iv) dassurer la cohérence en tenant compte des résultats obtenus par les États membres en matière de coopération dans le cadre de la directive relative à la cybersécurité («directive SRI»).
LAgence devrait respecter les compétences des États membres en ce qui concerne la cybersécurité, en particulier les compétences relatives à la sécurité publique, à la défense et à la sûreté de lÉtat, et les activités de lÉtat dans les domaines du droit pénal.
Les principales missions de Agence consisteraient, entre autres, à:
- soutenir la coopération, la coordination et le partage dinformations au niveau de lUnion entre les États membres, les institutions, organes et organismes de lUnion et les parties prenantes concernées, sur les questions liées à la cybersécurité;
- promouvoir des projets contribuant à un niveau élevé dhygiène informatique et dhabileté numérique des particuliers et des entreprises aux questions liées à la cybersécurité;
- sensibiliser en permanence le public aux risques liés à la cybersécurité, y compris en favorisant léducation, et fournir, à lintention des particuliers, des organisations et des entreprises, des orientations sur les bonnes pratiques à adopter par les utilisateurs;
- aider les États membres et les institutions de lUnion à mettre en place de politiques de divulgation coordonnée des vulnérabilités et des procédures dexamen des divulgations de vulnérabilités par les acteurs gouvernementaux, dont les pratiques et les conclusions devraient être transparentes et soumises à un contrôle indépendant;
- faciliter la mise en place et le lancement dun projet européen à long terme sur la sécurité des technologies de linformation afin de soutenir le développement dune industrie de la sécurité informatique indépendante à léchelle de lUnion;
- soutenir la coopération opérationnelle entre les États membres, les institutions, les agences et organes de lUnion et entre les parties prenantes en évaluant les systèmes nationaux existants, en élaborant et en mettant en uvre un plan et en utilisant les instruments appropriés pour atteindre le niveau le plus élevé de certification en matière de cybersécurité dans lUnion et dans les États membres;
- contribuer à lélaboration dune réaction concertée au niveau de lUE en cas dincidents ou de crises transfrontières de cybersécurité majeurs, principalement en soutenant la gestion technique des incidents ou des crises à laide de son expertise indépendante et de ses propres ressources;
- organiser au moins une fois par an, des exercices de cybersécurité à léchelle de lUnion.
Organisation et capacités: les députés suggèrent que lENISA renforce davantage ses propres capacités et compétences techniques pour être en mesure dapporter un soutien adéquat à la coopération opérationnelle avec les États membres. À cette fin, lAgence devrait renforcer progressivement son personnel afin de pouvoir collecter et analyser de manière autonome les différents types dun large éventail de menaces en matière de cybersécurité, procéder à des analyses scientifiques et aider les États membres à réagir aux incidents de grande ampleur. Elle devrait accroître ses capacités sur la base des ressources existantes dans les États membres, notamment en détachant des experts nationaux auprès de lAgence, en créant des groupes dexperts ou encore des programmes déchanges de personnel.
LAgence devrait disposer dun groupe consultatif de lENISA composé dexperts en sécurité reconnus représentant les parties prenantes concernées, comme les entreprises du secteur des technologies de linformation des communications (y compris les PME), les opérateurs de services essentiels, les fournisseurs de réseaux de communications électroniques ou de services accessibles au public, les organisations de consommateurs, les experts universitaires en matière de cybersécurité, les organisations européennes de normalisation (OEN) et les organes de lUnion.
Le groupe consultatif de lENISA devrait fixer les objectifs de son programme de travail et le rendre public tous les six mois pour en garantir la transparence.
LAgence disposerait également dun groupe des parties prenantes pour la certification pour maintenir un dialogue régulier avec le secteur privé, les organisations de consommateurs, le monde universitaire et les autres parties prenantes.
Système européen de certification de cybersécurité: les députés estiment que ce ne sont pas seulement les produits et services qui devraient être couverts par le règlement, mais lensemble du cycle de vie. Ainsi, les processus devraient également être inclus dans le champ dapplication.
La certification devrait permettre:
- dassurer la confidentialité, lintégrité, la disponibilité et la confidentialité des services, des fonctions et des données;
- de veiller à ce que les services, fonctions et données puissent être consultés et utilisés uniquement par les personnes, systèmes et programmes autorisés;
- dassurer que des processus soient mis en place pour identifier toutes les vulnérabilités connues et traiter les nouvelles;
- de faire en sorte que les produits, processus et services TIC soient sûrs par défaut et dès la conception;
- de réduire au maximum les autres risques liés aux incidents de cybersécurité, tels que les risques pour la vie humaine, la santé, lenvironnement et dautres intérêts juridiques importants.
Les députés ont suggéré une participation plus forte des États membres et de lindustrie au processus de certification.
LAgence devrait tenir à jour un site Web spécifique fournissant des informations sur les systèmes européens de certification de cybersécurité, notamment les certificats retirés et expirés et les certifications nationales couvertes, et leur assurant une publicité.
Enfin, pour promouvoir lacceptation généralisée des certificats et des résultats dévaluation de la conformité délivrés par les organismes dévaluation de la conformité, les députés ont proposé que les autorités nationales de contrôle de la certification fassent régulièrement lobjet dun examen par les pairs rigoureux et transparent.