Résolution sur la détention arbitraire de masse d’Ouïgours et de Kazakhs dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang
Le Parlement européen a adopté une résolution sur la détention arbitraire de masse dOuïgours et de Kazakhs dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang.
La résolution a été déposée par les groupes PPE, S&D, ECR, ALDE, EFDD et Verts/EFA.
Le Parlement a invité le gouvernement chinois à mettre immédiatement fin à la détention arbitraire massive de membres des minorités ouïgoure et kazakhe, de fermer tous les camps et centres de détention et de libérer immédiatement et sans condition les personnes détenues. Il a noté que la situation au Xinjiang, où vivent 11 millions de musulmans Ouïgours et Kazakhs, sest rapidement détériorée, le contrôle absolu du Xinjiang ayant été élevé au rang de priorité absolue, tandis quil a fallu répondre aux autres défis que représentent les attentats terroristes périodiques prétendument perpétrés par des Ouïgours dans le Xinjiang ou en lien avec cette région. Le Comité pour lélimination de la discrimination raciale des Nations unies a estimé que des dizaines de milliers, voire jusquà un million dOuïgours seraient détenus dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang, sans aucun chef daccusation ni procès, sous prétexte de lutter contre le terrorisme et lextrémisme religieux. Les députés ont invité les autorités chinoises à permettre aux journalistes et aux observateurs internationaux daccéder librement et sans entraves à la province du Xinjiang.
Rappelant à la Chine ses obligations en matière de droits de lhomme, le Parlement a enjoint le Service européen pour laction extérieure (SEAE) et les États membres à suivre de près lévolution de la situation des droits de lhomme au Xinjiang, notamment loppression croissante des Ouïgours, Kazakhs et autres minorités ethniques, et à adresser un message clair au plus haut niveau du gouvernement chinois pour mettre un terme à ces violations flagrantes des droits de lhomme. Dans ce contexte, les députés ont rappelé lengagement qua pris lUnion européenne de sexprimer dune voix forte, claire et unifiée dans son approche à légard de la Chine, notamment lors du dialogue annuel sur les droits de lhomme et du prochain sommet Europe-Asie.
De plus, le Parlement sest préoccupé des informations faisant état du harcèlement des Ouïgours à létranger par les autorités chinoises, parfois par la détention de membres de leur famille, qui viserait à les contraindre à espionner dautres Ouïgours, à retourner dans le Xinjiang. Il sest félicité de la décision prise par lAllemagne et la Suède de suspendre le rapatriement de tous les Ouïgours, Kazakhs ou autres musulmans turcs en raison du risque de détention arbitraire, de torture ou dautres mauvais traitements auxquels ils seraient soumis dans ce pays. Tous les États membres ont été invités à accélérer les demandes dasile des musulmans turcs qui risquent un retour forcé en Chine et à enquêter sur lintimidation par le gouvernement chinois des communautés de la diaspora musulmane turque en Europe.
En dernier lieu, le Parlement sest vivement inquiété des mesures appliquées par la Chine pour assurer la «surveillance étroite» de la région grâce au déploiement de la technologie chinoise de surveillance électronique «Skynet» dans les principales zones urbaines, à lutilisation de scanners de reconnaissance faciale à des points de contrôle, et aux campagnes de collecte de sang menées par la police du Xinjiang pour alimenter la base de données génétiques de la Chine. Le contrôle de lÉtat et la collecte massive obligatoire de données sur les citoyens visent et affectent principalement les Ouïgours, les Kazakhs et les autres minorités ethniques, en violation de linterdiction de toute discrimination consacrée par le droit international.