Aide européenne au développement dans le domaine de l'éducation
La commission du développement a adopté un rapport dinitiative de Vincent PEILLON (S&D, FR) sur laide européenne au développement dans le domaine de léducation.
Laide à léducation représentait 8,3 % de laide totale au développement en 2009. Or, cette part est tombée à 6,2 % en 2015. Pour lUnion et ses États membres, cette part est passée de 11 % à 7,6 % sur la même période. Laide à léducation de base de lUnion et de ses États membres a baissé de 33,9 % entre 2009 et 2015, soit plus que laide à léducation en général (15,2 %).
Les députés ont suggéré de mettre léducation au centre des politiques de développement de lUnion européenne et de ses États membres non seulement parce que léducation est un droit fondamental mais aussi parce quelle est essentielle à la réalisation des autres objectifs de développement durable (ODD), au développement économique et à la réduction des inégalités, à légalité des genres, à lautonomisation des filles et des femmes, à linclusion sociale des personnes handicapées, à la santé, à la démocratie et à létat de droit et à la prévention des conflits.
LUnion et ses États membres sont appelés à consacrer 10 % de leur aide publique au développement à léducation dici à 2024, et 15 % en 2030. Les députés demandent à cet égard la création de moyens de financements innovants qui ont un effet de levier et sont alignés sur les mécanismes et les initiatives de financement existants, afin de renforcer les systèmes déducation nationaux.
Répondre aux priorités: rappelant limportance de la maîtrise des apprentissages de base, y compris des compétences numériques et de lémancipation des groupes vulnérables pour endiguer la pauvreté, les députés ont affirmé que laide de lUnion en matière déducation devait dabord répondre à deux priorités: privilégier une éducation de base de qualité et inclusive et apporter un soutien renforcé aux pays les moins avancés (PMA) lesquels devraient bénéficier dau moins 40 % de laide à léducation de lUnion.
Le rapport insiste particulièrement sur la cible 4.1 des ODD, qui vise un cycle denseignement primaire et secondaire dune durée de 12 ans gratuit et de qualité en tant que pilier essentiel du partenariat Afrique-UE. Il demande quune attention particulière soit portée à légalité entre les filles et les garçons, à léducation des enfants réfugiés ou déplacés, au soutien des pays touchés par les situations de fragilité et de conflit et à lenseignement secondaire, technique et professionnel pour lemployabilité des jeunes et le développement durable.
Face au phénomène de «fuite des cerveaux», le rapport invite les États membres à explorer les bonnes pratiques et expériences telles que les échanges universitaires et professionnels. Les députés estiment que des visas à entrées multiples permettraient aux étudiants dactualiser leurs connaissances et favoriseraient la mobilité circulaire. Ils invitent, parallèlement, à mettre en place des incitations ou des mesures encourageant les étudiants à travailler dans le secteur économique ou gouvernemental de leur pays dorigine après leur retour pendant une période minimale.
En vue de relever les défis de lexclusion numérique, les députés préconisent lajout de lalphabétisation numérique dans les programmes scolaires à tous les niveaux denseignement dans les pays en développement. Ils insistent également sur le lien entre éducation et santé demandant la mise en place dune approche globale et intégrée de léducation sexuelle à lintention des filles et des garçons qui aborde les questions de santé telles que le VIH, la planification familiale et la grossesse.
Améliorer la qualité de laide: les députés estiment que lévaluation des systèmes déducation, de la qualité de lenseignement et des résultats de lapprentissage sont un préalable à toute amélioration de lefficacité de laide. Ils invitent la Commission et les États membres à financer la recherche, lagrégation des données et des outils dévaluation fiables, techniques, non discriminatoires et indépendants.
Le rapport insiste sur la nécessité :
- dassurer une meilleure coordination des bailleurs de fonds au sein des groupes locaux pour léducation, afin déviter les doubles emplois;
- dassurer la capacité des responsables, à tous les niveaux, de fournir des services pour tous et de mettre en place des institutions, des stratégies et des plans nationaux déducation équitables, accessibles et non discriminatoires assortis dune réelle appropriation, et élaborés sur la base dune consultation significative et dune participation stratégique des acteurs clés;
- de privilégier lappui budgétaire sectoriel lorsque cest possible, avec des critères stricts, dont la bonne gouvernance, et des contrôles poussés, notamment pour éviter les cas de corruption.
Le rapport souligne que seul un tiers de laide en matière déducation transite par les organismes multilatéraux, contre les deux tiers dans le domaine de la santé. Il invite donc la Commission et les États membres à augmenter leurs financements au Partenariat mondial pour léducation et au fonds Education cannot wait.
Les députés estiment que le Partenariat mondial devrait être mis en mesure, dans son prochain plan stratégique pour laprès 2020, dallonger sa période de programmation de 3 à 6 ans pour permettre un financement plus stable et prévisible, particulièrement nécessaire pour renforcer les systèmes éducatifs nationaux.