Demande de levée de l'immunité de Steeve Briois
La commission des affaires juridiques a adopté le rapport de Tadeusz ZWIEFKA (PPE, PL) sur la demande de levée de limmunité de Steeve BRIOIS (ENF, FR).
La demande de levée de limmunité parlementaire de Steeve Briois, transmise en date du 21 février 2018 par la ministre de la justice de la République française, porte sur un supposé délit de provocation publique à la discrimination nationale, raciale ou religieuse par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par voie électronique. Linformation judiciaire à lencontre de Steeve Briois a été ouverte à la suite de la plainte avec constitution de partie civile déposée par lassociation «Maison des Potes - Maison de lÉgalité» le 22 mai 2014.
La plainte porte sur des déclarations contenues dans une brochure intitulée «Petit guide pratique de lélu municipal Front national», mise en ligne sur le site internet officiel de la fédération du Front national le 30 novembre 2013, dans laquelle les candidats FN élus conseillers municipaux lors des élections des 23 et 30 mars 2014 étaient incités à recommander, dès la première réunion du nouveau conseil municipal, de privilégier les Français («priorité nationale») dans laccès au logement social.
En droit français, la responsabilité pénale dune publication peut être étendue à dautres quà lauteur lui-même. Les enquêteurs ont été informés au cours de lenquête par le directeur des publications du Front national de lépoque que la brochure en cause avait été établie par les services du secrétariat général. Steeve Briois était à lépoque secrétaire général. Il nétait pas député au Parlement européen lorsque linfraction alléguée a été commise, mais les documents sur lesquels porte la plainte étaient toujours libres daccès.
Le Parlement a relevé les points suivants :
- les accusations portées nétaient pas liées à la fonction de député au Parlement européen de Steeve Briois mais se rapportaient à des activités dune nature nationale ou régionale ;
- les actions en cause ne concernaient pas des opinions ou des votes émis par le député dans lexercice de ses fonctions au sens de larticle 8 du protocole nº 7 sur les privilèges et immunités de lUnion européenne ;
- rien ne porte à soupçonner que lintention sous-jacente des poursuites judiciaires, engagées à la suite de la plainte déposée avant que Steeve Briois ne devienne député au Parlement européen, est dentraver le travail parlementaire du député (fumus persecutionis).
Sur la base de ces considérations, la commission compétente a recommandé que le Parlement européen décide de lever limmunité de Steeve Briois.