Résolution sur le projet de décision d’exécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du maïs génétiquement modifié MON 87427 × MON 89034 × 1507 × MON 88017 × 59122, ou du maïs génétiquement modifié combinant deux, trois ou quatre des événements de transformation MON 87427, MON 89034, 1507, MON 88017 et 59122, consistant en ces maïs ou produits à partir de ceux-ci, et abrogeant la décision 2011/366/UE
Le Parlement européen a adopté, par 403 voix pour, 179 contre et 28 abstentions, une résolution faisant objection au projet de décision dexécution de la Commission autorisant la mise sur le marché de produits contenant du maïs génétiquement modifié MON 87427 × MON 89034 × 1507 × MON 88017 × 59122, ou du maïs génétiquement modifié combinant deux, trois ou quatre des événements de transformation MON 87427, MON 89034, 1507, MON 88017 et 59122, consistant en ces maïs ou produits à partir de ceux-ci, et abrogeant la décision 2011/366/UE.
La demande en vue dobtenir lautorisation de mise sur le marché a été présentée le 26 novembre 2013 par Monsanto Europe S.A./N.V à lautorité nationale compétente belge, conformément au règlement (CE) nº 1829/2003.
Deux des variétés de maïs concernées expriment des protéines qui leur confèrent une tolérance aux herbicides à base de glyphosate, classé comme étant probablement cancérigène pour lhomme par le Centre international de recherche sur le cancer (lagence de lOrganisation mondiale de la santé spécialisée dans la recherche sur le cancer). Quatre des variétés de maïs produisent des protéines qui confèrent une résistance à certains parasites de lordre des lépidoptères.
Alors que l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a exprimé un avis favorable suite à la demande dautorisation, les États membres ont présenté de nombreux commentaires critiques au cours de la période de consultation de trois mois, soulignant en particulier :
- une piètre conception des essais, labsence dessais, par exemple en ce qui concerne lévaluation nutritionnelle ou labsence détude dalimentation de rongeurs pendant 90 jours;
- labsence ou linsuffisance de données, par exemple en ce qui concerne les effets indésirables associés à la combinaison dévénements, ou les interactions potentielles entre les huit protéines susceptibles dentraîner des effets indésirables;
- le caractère erroné des postulats avancés par le demandeur, par exemple en ce qui concerne la dégradation de lADN ingéré par voie orale lors de son passage dans lappareil digestif;
- une évaluation des incidences sur lenvironnement lacunaire un plan de surveillance des effets sur lenvironnement insuffisant.
Les recherches indépendantes soulèvent également des préoccupations quant aux lacunes considérables présentées par lévaluation comparative, à la grave lacune que constitue labsence dévaluation toxicologique, au caractère non concluant de lévaluation de lallergénicité.
En dépit de toutes ces préoccupations, lEFSA na pas jugé nécessaire une surveillance postérieure à la mise sur le marché des denrées alimentaires et aliments pour animaux dérivés des maïs génétiquement modifiés MON 87427, MON 89034, 1507, MON 88017 et 59122 ou de leurs sous-combinaisons.
Sur la base de ces considérations, le Parlement a estimé que le projet de décision d'exécution de la Commission nétait pas compatible avec le droit de l'Union qui impose d'établir les bases afin d'assurer un haut niveau de protection de la vie et de la santé des personnes, de la santé et du bien-être des animaux, de l'environnement et des intérêts des consommateurs, tout en garantissant le bon fonctionnement du marché intérieur.
Selon les députés, le projet de décision dexécution de la Commission est contraire aux principes de base de la législation alimentaire générale, énoncés dans le règlement (CE) n° 178/2002, concernant lautorisation de variétés pour lesquelles aucune information relative à la sécurité na été fournie, qui nont même pas été testées, voire qui nont même pas encore été créées.
Le Parlement a donc demandé à la Commission de retirer son projet de décision dexécution.
Sur le plan de la procédure, les députés ont rappelé que depuis que lactuelle procédure dautorisation des OGM est entrée en vigueur, chaque décision dautorisation a été prise par la Commission sans le soutien de l'avis du comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale des États membres. Ainsi, le renvoi du dossier à la Commission pour décision finale, qui aurait dû constituer une exception, est devenu la règle dans le processus décisionnel relatif aux autorisations de denrées alimentaires et d'aliments pour animaux génétiquement modifiés.
Le Parlement a invité la Commission à suspendre toute décision dexécution relative aux demandes dautorisation dorganismes génétiquement modifiés jusquà ce que la procédure dautorisation ait été révisée de manière à remédier aux lacunes de la procédure actuelle, qui sest révélée inadéquate.