Conditions de travail transparentes et prévisibles dans l’Union européenne
La commission de lemploi et des affaires sociales a adopté le rapport dEnrique CALVET CHAMBON (ADLE, ES) sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil relative à des conditions de travail transparentes et prévisibles dans lUnion européenne.
La commission compétente a recommandé que la position du Parlement européen adoptée en première lecture dans le cadre de la procédure législative ordinaire modifie la proposition de la Commission comme suit.
Objectif: la directive établirait des droits minimaux qui sappliquent à tous les travailleurs dans lUnion. Toutes les personnes auxquelles la directive sapplique devraient pouvoir effectivement utiliser ces droits minimaux dans le cadre des pratiques ou de la législation nationales, dont les conventions collectives.
Les objectifs de la directive devraient être conformes à la charte des droits fondamentaux de lUnion européenne et à la charte sociale européenne et devraient contribuer à la mise en uvre de plusieurs des principes énoncés dans le socle européen des droits sociaux, notamment les principes 5 et 7 portant respectivement sur des emplois stables et adaptables et sur les informations concernant les conditions demploi et protection en cas de licenciement.
Les travailleurs indépendants qui ne remplissent pas les critères fixés par la directive seraient exclus du champ dapplication.
Informations sur la relation de travail: les travailleurs auraient le droit dêtre informés par écrit (sur papier ou sous forme électronique) de leurs droits et obligations résultant de la relation de travail, dès leur entrée en fonction et ce, indépendamment du type de leur contrat de travail. Les informations de base devraient leur parvenir par écrit au plus tard le premier jour de la relation de travail. Ce délai devrait pouvoir être prolongé de 7 jours au maximum pour les microentreprises.
Les députés ont précisé que ces informations devraient également porter sur :
- les noms et adresses complets des parties à la relation de travail;
- les mesures en place pour permettre au travailleur de se rendre sur place, lorsque le salarié doit se déplacer entre différents lieux de travail;
- dans le cas des travailleurs intérimaires, le nom de lentreprise utilisatrice;
- tout droit à la formation que lemployeur est tenu doctroyer conformément à la législation de lÉtat membre ou de lUnion ou aux conventions collectives pertinentes;
- les exigences de forme applicables à la communication de la cessation du contrat de travail et les délais pour intenter un recours contre un licenciement;
- tous les éléments de la rémunération, y compris les primes, le paiement des heures supplémentaires, les paiements en nature et les autres avantages;
- la durée de la journée ou semaine de travail normale du travailleur et, le cas échéant, les modalités concernant le travail en dehors de la journée ou semaine de travail normale, y le principe selon lequel le planning de travail est variable, le nombre dheures rémunérées garanties et la rémunération du travail effectué au-delà de ces heures garanties;
- la date limite pour lannulation dune tâche par lemployeur après son acceptation par le travailleur;
- les coordonnées des travailleurs ou de leurs représentants syndicaux;
- la preuve de limmatriculation auprès dun organisme de sécurité sociale lorsque cela relève de la responsabilité de lemployeur.
Les stagiaires devraient avoir accès à toutes les informations nécessaires portant sur leur plan de formation et de travail.
Les travailleurs détachés ou envoyés à létranger devraient également recevoir des informations complémentaires spécifiques à leur situation avant quils ne partent.
Période dessai: cette période nexcèderait pas six mois. Dans le cas des contrats à durée déterminée dune durée inférieure à 12 mois, la période probatoire nexcèderait pas 25 % de la durée attendue du contrat. En cas de reconduction dun contrat, la relation de travail ne devrait pas être soumise à une nouvelle période dessai.
De façon exceptionnelle et après consultation des partenaires sociaux, les États membres pourraient prévoir des périodes de stage plus longues nexcédant pas 9 mois lorsque la nature de lemploi le justifie, par exemple pour des postes de direction. Les travailleurs devraient jouir de leurs droits pendant la période dessai.
Les États membres pourraient aussi permettre la prolongation des périodes dessai, sous réserve dun accord initial entre le travailleur et lemployeur, lorsque le travailleur a été absent du travail de façon continue en raison dune longue maladie ou dun long congé, afin de permettre au travailleur de démontrer que ses compétences correspondent aux tâches qui lui sont demandées. Une période dessai ne devrait en aucun cas être prolongée unilatéralement.
Emploi en parallèle: les employeurs ne devraient pas interdire aux travailleurs dexercer un emploi auprès dautres employeurs, tenter de les en empêcher, les sanctionner ou leur imposer des pénalités pour cette raison.
Prévisibilité: les députés ont proposé dintroduire des mesures visant à assurer une plus grande prévisibilité concernant les contrats et relations de travail. Ainsi, les États membres pourraient interdire toute relation de travail qui ne prévoit pas un volume minimal prédéterminé dheures rémunérées garanties avant le début de la relation de travail.
En vertu du texte amendé, les États membres devraient :
- garantir que le principe dégalité de rémunération et des conditions de travail sapplique à tous les travailleurs, quel que soit leur statut professionnel ;
- mettre en uvre les mesures nécessaires pour protéger tous les travailleurs, indépendamment du type et de la durée de leur relation de travail;
- autoriser les syndicats à intenter des actions représentatives afin de protéger les intérêts collectifs des travailleurs;
- garantir que les travailleurs ont accès à une protection sociale, quel que soit le type de leur relation de travail;
- garantir que tous les travailleurs dont les plannings de travail sont totalement ou majoritairement variables ou dont les heures/jours de référence varient bénéficient dune protection en matière de sécurité et de santé;
- garantir la cessation de lintroduction des contrats «zéro heure» ou des contrats similaires;
- veiller à ce que des inspections efficaces soient effectuées pour contrôler et faire respecter lapplication de la directive par les organismes nationaux et les partenaires sociaux;
- prévoir des mécanismes efficaces permettant aux travailleurs de porter plainte en cas de violation de leurs droits.
Enfin, les États membres devraient associer les partenaires sociaux à la mise en uvre de la directive, dans le respect de leur législation et de leurs pratiques nationales.