Aide européenne au développement dans le domaine de l'éducation
Le Parlement a adopté par 402 voix pour, 25 contre et 7 abstentions, une résolution sur laide européenne au développement dans le domaine de léducation.
Laide à léducation représentait 8,3 % de laide totale au développement en 2009. Or, cette part est tombée à 6,2 % en 2015. Pour lUnion et ses États membres, cette part est passée de 11 % à 7,6 % sur la même période. Laide à léducation de base de lUnion et de ses États membres a baissé de 33,9 % entre 2009 et 2015, soit plus que laide à léducation en général (15,2 %).
Le Parlement a suggéré de mettre léducation au centre des politiques de développement de lUnion européenne et de ses États membres non seulement parce que léducation est un droit fondamental mais aussi parce quelle est essentielle à la réalisation des autres objectifs de développement durable (ODD).
LUnion et ses États membres sont appelés à consacrer 10 % de leur aide publique au développement à léducation dici à 2024, et 15 % en 2030. Les députés ont demandé à cet égard la création de moyens de financements innovants qui ont un effet de levier afin de renforcer les systèmes déducation nationaux.
Répondre aux priorités: rappelant limportance de la maîtrise des apprentissages de base, y compris des compétences numériques et de lémancipation des groupes vulnérables pour endiguer la pauvreté, les députés ont affirmé que laide de lUnion en matière déducation devait dabord répondre à deux priorités: privilégier une éducation de base de qualité et inclusive et apporter un soutien renforcé aux pays les moins avancés (PMA) lesquels devraient bénéficier dau moins 40 % de laide à léducation de lUnion.
La résolution a insisté sur la cible 4.1 des ODD, qui vise un cycle denseignement primaire et secondaire dune durée de 12 ans gratuit et de qualité en tant que pilier essentiel du partenariat Afrique-UE. Elle a demandé quune attention particulière soit portée à:
- légalité entre les filles et les garçons, compte tenu de lobjectif visant à ce que 85 % des nouveaux programmes de lUnion européenne aient légalité des genres comme objectif principal ou significatif dici à 2020;
- léducation des enfants réfugiés ou déplacés et au soutien des pays touchés par les situations de fragilité et de conflit: à la fin de lannée 2017, on comptait plus de 25,4 millions de réfugiés dans le monde, dont 7,4 millions étaient des enfants en âge de fréquenter lécole primaire parmi lesquels 4 millions navaient accès à aucun type denseignement primaire;
- lenseignement secondaire, technique et professionnel pour lemployabilité des jeunes et le développement durable: ces deux derniers, devraient déboucher sur des emplois décents, être orientés vers les exigences de développement du pays et les besoins des entreprises, en coordination avec elles et, autant que possible, financés par elles.
Face au phénomène de «fuite des cerveaux», les États membres ont été invités à explorer les bonnes pratiques et expériences telles que les échanges universitaires et professionnels. Les députés estiment que des visas à entrées multiples permettraient aux étudiants dactualiser leurs connaissances et favoriseraient la mobilité circulaire. Ils ont invité, parallèlement, à mettre en place des incitations encourageant les étudiants à travailler dans le secteur économique ou gouvernemental de leur pays dorigine après leur retour pendant une période minimale.
Le Parlement a insisté sur :
- les efforts à fournir pour la formation initiale et continue des professeurs et la nécessité dun plus grand nombre de programmes déchanges entre enseignants des pays en développement et des États membres de lUnion, par exemple par le truchement du programme Erasmus +;
- les investissements massifs à réaliser dans les infrastructures, les matériels et les équipements scolaires, notamment dans les zones rurales ou sous-peuplées;
- la nécessité de redoubler defforts pour relever les défis de lexclusion numérique au moyen de lenseignement et de la formation en matière de compétences numériques fondamentales;
- la mise en place dune approche globale et intégrée de léducation sexuelle à lintention des filles et des garçons qui aborde les questions de santé telles que le VIH, la planification familiale et la grossesse.
Améliorer la qualité de laide: le Parlement estime que lévaluation des systèmes déducation, de la qualité de lenseignement et des résultats de lapprentissage sont un préalable à toute amélioration de lefficacité de laide. Il a invité la Commission et les États membres à financer la recherche, lagrégation des données et des outils dévaluation fiables, techniques, non discriminatoires et indépendants.
Les députés ont insisté sur la nécessité:
- dassurer une meilleure coordination des bailleurs de fonds au sein des groupes locaux pour léducation, afin déviter les doubles emplois;
- dassurer la capacité des responsables, à tous les niveaux, de fournir des services pour tous et de mettre en place des institutions, des stratégies et des plans nationaux déducation équitables, accessibles et non discriminatoires, et élaborés sur la base dune consultation et dune participation stratégique des acteurs clés;
- de privilégier lappui budgétaire sectoriel lorsque cest possible, avec des critères stricts, dont la bonne gouvernance, et des contrôles poussés, notamment pour éviter les cas de corruption.
La résolution a souligné que seul un tiers de laide en matière déducation transite par les organismes multilatéraux, contre les deux tiers dans le domaine de la santé. Elle a donc invité la Commission et les États membres à augmenter leurs financements au Partenariat mondial pour léducation et au fonds Education cannot wait.
Les députés estiment que le Partenariat mondial devrait être mis en mesure, dans son prochain plan stratégique pour laprès 2020, dallonger sa période de programmation de 3 à 6 ans pour permettre un financement plus stable et prévisible, particulièrement nécessaire pour renforcer les systèmes éducatifs nationaux.