Résolution sur le Viêt Nam, notamment la situation des prisonniers politiques
Le Parlement européen a adopté une résolution sur le Viêt Nam, notamment la situation des prisonniers politiques. La résolution a été déposée par les groupes PPE, S&D, ALDE, EFDD et Verts/ALE.
Le Parlement a condamné les violations persistantes des droits de lhomme au Viêt Nam, notamment les condamnations, l'intimidation politique, la surveillance, le harcèlement, les agressions et les procès inéquitables subis par des militants politiques, des journalistes, des blogueurs, des membres de lopposition, des dissidents et des défenseurs des droits de lhomme pour avoir exercé leur liberté dexpression, en ligne ou hors ligne. Les députés ont cité les récentes condamnations à des peines de prison allant de 14 à 20 ans infligées à des défenseurs des droits humains et des prisonniers politiques. Ils ont noté quon estime que 160 activistes sont emprisonnés au Viêt Nam et quenviron 16 activistes sont en détention préventive, selon la base de données sur les prisonniers politiques vietnamiens.
Les députés ont pressé le gouvernement vietnamien de garantir que le traitement de tous les prisonniers est conforme aux normes internationales, incluant un droit daccès à des avocats, à des professionnels de la santé et aux membres de la famille. Ils ont invité une nouvelle fois les autorités vietnamiennes à lever toutes les restrictions et à mettre un terme au harcèlement à lencontre de défenseurs des droits de lhomme et à garantir en toutes circonstances que ceux-ci puissent poursuivre leurs activités légitimes en faveur des droits de lhomme sans craindre de représailles et sans restrictions.
Le Parlement a demandé au gouvernement vietnamien et à lUnion de sengager à améliorer la situation en matière de respect des droits de lhomme et des libertés fondamentales dans le pays, car elle constitue une pierre angulaire des relations bilatérales entre le Viêt Nam et lUnion notamment dans l'optique de la ratification de laccord de libre-échange UE-Viêt Nam et de la conclusion de laccord de partenariat et de coopération (APC) UE-Viêt Nam.
Le Parlement a demandé à :
- lever toutes les restrictions qui pèsent sur la liberté de religion et de mettre un terme au harcèlement des communautés religieuses, notant que lÉglise catholique et les religions non reconnues, telles que lÉglise bouddhiste unifiée du Viêt Nam, plusieurs Églises protestantes et dautres, y compris la minorité ethno-religieuse des Montagnards, continuent de subir une grave persécution religieuse ;
- abroger, réviser ou modifier toutes les lois répressives, notamment son code pénal, la loi sur la cybersécurité et la loi sur les croyances et la religion.
Le gouvernement vietnamien a été prié de mettre la législation régissant les rassemblements et les manifestations en conformité avec les droits de réunion et dassociation.
Le Parlement a invité le SEAE et la Commission à soutenir les groupes de la société civile et les citoyens qui défendent activement les droits de lhomme au Viêt Nam et à surveiller les progrès accomplis au titre du dialogue des droits de lhomme en introduisant des critères de référence et en mettant en place des mécanismes de suivi. Il a pressé la délégation de lUnion à Hanoï dapporter tout le soutien nécessaire aux défenseurs des droits de lhomme incarcérés et aux prisonniers dopinion, notamment en organisant des visites en prison, en surveillant les procès et en apportant une assistance juridique.
Les États membres ont été invités à redoubler defforts pour intervenir en faveur daméliorations en matière de droits de lhomme au Viêt Nam, y compris dans le contexte du prochain examen périodique universel qui y sera réalisé par le Conseil des droits de lhomme des Nations unies. De plus, le Parlement a réitéré son appel en faveur dune interdiction, à léchelle de lUnion, de lexportation, de la vente, de la mise à jour et de la maintenance de quelque dispositif de surveillance que ce soit qui puisse être utilisé à des fins de répression, y compris les technologies de surveillance de linternet, au profit de pays affichant un bilan préoccupant en matière de droits de lhomme.
En dernier lieu, les députés ont noté que la peine de mort continue dêtre appliquée au Viêt Nam mais que le nombre dexécutions est inconnu, les autorités vietnamiennes considérant que les statistiques sur la peine capitale constituent un secret dÉtat. Ils ont réitéré leur opposition inconditionnelle à la peine de mort et demandé aux autorités vietnamiennes d'introduire immédiatement un moratoire sur les exécutions capitales en vue d'une abolition totale.