Rapport annuel sur les droits de l’homme et la démocratie dans le monde 2017 et la politique de l’Union européenne en la matière
La commission des affaires étrangères a adopté le rapport de Petras AUTREVIČIUS (ADLE, LT) concernant le rapport annuel sur les droits de lhomme et la démocratie dans le monde 2017 et sur la politique de lUnion européenne en la matière.
Les députés expriment leur vive préoccupation devant la tendance mondiale au rejet de la démocratie, des droits de lhomme et de létat de droit en 2017 et prient instamment lUnion européenne :
- duvrer sans réserve à lintégration des normes européennes et internationales relatives aux droits de lhomme, à létat de droit, à la démocratie et aux droits des minorités auxquelles ils sont tenus de se conformer;
- d'assurer davantage de cohérence entre ses politiques internes et externes relatives aux droits de lhomme et une meilleure coordination entre les politiques extérieures des États membres dans des domaines tels que la migration, le développement, la migration, la sécurité, la lutte contre le terrorisme, le droit des femmes et légalité hommes-femmes, lélargissement et le commerce, notamment en mettant en application la conditionnalité en matière de droits de lhomme;
- de poursuivre ses efforts afin de devenir le principal acteur mondial de la promotion et la protection universelles des droits de lhomme, y compris au niveau de la coopération multilatérale, en jouant un rôle actif et constructif dans les divers organes des Nations unies et en respectant la charte des Nations unies, la charte des droits fondamentaux de lUnion européenne et le droit international, ainsi que des obligations en matière de droits de l'homme et des engagements adoptés dans le programme de développement durable à l'horizon 2030 et les objectifs de développement durable.
Défis spécifiques: les députés expriment leur préoccupation face à la diminution progressive de la place de la société civile en 2017 et déplorent le fait que les défenseurs des droits de lhomme, les journalistes et les ONG sont trop souvent la cible de harcèlement, dintimidations et de violences, voire d'assassinats. Ils regrettent que le phénomène de plus en plus répandu de restriction de lespace accordé à la société civile puisse également sobserver dans des démocraties établies ainsi que dans des pays à revenu intermédiaire ou élevé.
LUnion européenne et ses États membres devraient allouer davantage de ressources financières afin de favoriser la participation de la société civile et renforcer leur action en faveur de la protection et du soutien des défenseurs des droits humains en danger.
LUnion est invitée, entre autres, à :
- accorder une attention particulière à lindépendance de la magistrature et à la transparence dun système dadministration de la justice dans le cadre des relations diplomatiques avec les pays tiers;
- adopter un discours positif plus fort sur les droits de lhomme, à rester ferme face aux gouvernements qui soutiennent la désinformation ou qui contestent luniversalité et lindivisibilité des droits de lhomme et à redoubler defforts pour soutenir des médias libres et indépendants dans le monde;
- intensifier son action pour améliorer le respect de la liberté de pensée, de conscience, de religion et de conviction et encourager le dialogue interculturel et interreligieux lorsquelle coopère avec les pays tiers et pour éradiquer torture, les traitements inhumains ou dégradants et la peine de mort;
- encourager l'ensemble des États membres de l'ONU à ratifier et à appliquer le statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI);
- élaborer de manière urgente un cadre juridique contraignant relatif à lutilisation de drones armés et à uvrer en faveur dune interdiction internationale des systèmes darmes échappant à tout contrôle humain sur le recours à la force;
- élaborer des programmes couvrant à la fois les droits de lhomme et la lutte contre la corruption, en particulier des projets visant à améliorer la transparence, à lutter contre limpunité, à renforcer les agences de lutte contre la corruption et à améliorer la transparence et la traçabilité de lutilisation des fonds européens;
- combattre par tous les moyens les violences dirigées contre les femmes, y compris la violence domestique; les États membres qui ne lont pas encore fait sont invités à ratifier la convention dIstanbul dans les plus brefs délais ;
- continuer dinclure le soutien aux femmes dans les opérations relevant de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC), la prévention des conflits et la reconstruction après un conflit;
- coopérer avec les pays tiers pour mettre un terme aux mariages précoces, aux mariages denfants et aux mariages forcés en fixant à 18 ans l'âge minimum légal du mariage et à élaborer un plan daction visant à mettre fin à la rétention denfants en raison de leur statut migratoire;
- améliorer la transparence à légard de lallocation des fonds destinés aux pays tiers pour la coopération sur les questions migratoires;
- renforcer les effets pour lutter contre le terrorisme et la radicalisation et prévenir ces phénomènes, notamment les initiatives et les réseaux déployés à léchelle de toute lEurope, tels que le réseau européen de sensibilisation à la radicalisation;
- intégrer la diplomatie climatique dans les politiques de lUnion en vue de la prévention des conflits.
Les députés rappellent que le plan daction de lUnion européenne en faveur des droits de lhomme et de la démocratie 2015-2019 et son examen à mi-parcours en 2017 doivent servir de guides pour toute action relative aux droits de lhomme.
Le plan daction actuel comprend 34 types dactions, qui correspondent aux objectifs généraux suivants: renforcer lappropriation des acteurs locaux, apporter une réponse aux défis en matière de droits de lhomme, adopter une approche globale des droits de lhomme en contexte de crise ou de conflit, et favoriser la cohérence, la régularité et lefficacité de la politique de promotion de la démocratie et des droits de lhomme.
Les députés soulignent, à cet égard, la nécessité de prévoir les ressources et les compétences suffisantes pour mettre correctement en uvre les priorités clés de lUnion. Ils soulignent limportance du contrôle parlementaire en vue dexercer un contrôle sur les autres institutions, de veiller à la bonne utilisation du budget de lUnion et dassurer lapplication correcte du droit de lUE.